Personnaliser
La personnalisation correspond à la prise en compte par l’école des acquis comme des difficultés de chaque élève, afin de lui proposer des itinéraires et des modes de construction des compétences qui lui permettent d’accéder à un parcours de réussite. Ainsi elle favorise l’élaboration d’un projet personnel de formation, gage d’une orientation choisie et active.
Elle s’exerce en priorité au sein de la classe, notamment par la diversification des supports et des modalités d’apprentissage. Les dispositifs destinés à répondre à des besoins spécifiques dans un temps limité ont, quant à eux, vocation à s’articuler étroitement avec le travail effectué dans le cadre ordinaire de la classe.
Du côté des élèves :
Il convient d’articuler, de manière équilibrée, au service des différents apprentissages et de l’accès à une culture vivante et ouverte la dimension individuelle de la formation et tout ce qui a trait à la dimension de la socialisation permettant à l’élève, dès son plus jeune âge, de se construire avec les autres (travail de groupe ou en équipe, accès à une citoyenneté effective).
Les activités qui leur sont proposées visent à permettre aux élèves de comprendre leur rapport au savoir ainsi que leurs modes d’accès aux apprentissages. Elles concourent ainsi à la construction progressive de leur autonomie tout au long de la scolarité.
Du côté des équipes pédagogiques
Le choix d’une approche par compétences, à l’école, au collège et au lycée ainsi que la construction progressive d’un projet personnel fondent les pratiques d’enseignement, sans pour autant que soit imposé un modèle pédagogique. Ces pratiques d’enseignement valorisent notamment :
- l’engagement des élèves dans leurs apprentissages et leur mise en activité ;
- la différenciation pédagogique au sein de la clase et l'apprentissage avec les autres ;
- l’articulation entre les disciplines, afin de donner davantage de sens aux apprentissages disciplinaires ;
- l’utilisation responsable des technologies de l'information et de la communication ;
L’évaluation des élèves, dès lors qu’elle s’inscrit dans une perspective formative, est une composante de l’apprentissage. Parce qu’elle fait en sorte d’identifier un potentiel et des besoins liés à chacun des parcours de réussite, elle prend en compte les différents modes de construction des compétences et conduit, si nécessaire, à mettre en place des démarches plus spécifiques de remédiation dans une logique de programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) ou d'accompagnement personnalisé. La part d’encouragement qu’implique l’évaluation doit être fortement mobilisée.
À l’échelon de l’école ou de l’établissement
La professionnalisation ne pourra progresser que par l'émergence d’une capacité collective de tous les acteurs à interroger les pratiques dans les classes à la fois dans leur sens et dans leur efficacité.
C’est au sein des conseils des maîtres et des circonscriptions pour le premier degré, des conseils d’enseignement et des conseils pédagogiques pour le second degré que peut se développer cette capacité collective et que les acteurs pourront se saisir de l’autonomie affirmée par la loi d’avril 2005 dans ses articles relatifs à la liberté pédagogique et au droit à l’expérimentation.
Cela suppose aussi que l’on privilégie les échelons de proximité et l’initiative locale fondée sur une analyse claire des besoins pour concevoir une politique de formation continue de tous les personnels. Il convient, par ailleurs, de développer le recours aux services d’un environnement numérique de travail (ENT) et notamment à des outils de travail collaboratif, de façon à favoriser la mutualisation des pratiques.
Responsabiliser
La responsabilisation vise à faire de l’engagement de chacun (élève comme membre de la communauté éducative) un principe d’action au service des apprentissages, tant au sein du parcours scolaire proprement dit que de tout ce qui a trait à la vie de la classe et de l’école ou de l’établissement.
C’est dans les compétences 6 et 7 du socle commun que s’est concrétisée la volonté du législateur de faire de l’école un lieu de vie où s’apprennent les règles fondamentales du dialogue, de l’écoute, de l’acceptation de soi dans le respect des différences.
Ces compétences constituent des points d’appui essentiels pour la scolarité obligatoire et appellent des prolongements au delà de cette étape du parcours.
Il convient d’affirmer que l’école est prioritairement au service de l’épanouissement global de l’enfant ou de l’adolescent et de l’appropriation des valeurs qui fondent sa qualité de citoyen en devenir. Des liens sont à construire, à ce titre, avec les familles, de façon à assurer la continuité et la cohérence entre les deux principaux milieux de vie des jeunes, mais aussi pour contribuer à la lutte contre les inégalités sociales.
Du côté des élèves
Il importe de développer et de valoriser les compétences requises dans la prise de décision, la conduite d’un projet, le travail en équipe ou en groupe, la participation volontaire à des actions au sein de la communauté.
Le travail en classe mais aussi dans l'établissement doit trouver là des formes renouvelées de réalisation, valorisant dynamique collective, démarche de projet, partage des connaissances et des compétences. Toutes les disciplines concourent à cette démarche : il s’agit prioritairement de mobiliser des énergies et de maintenir la motivation pour les apprentissages.
Du côté des équipes pédagogiques
Ce choix éducatif engage la responsabilité des équipes qui ont à tenir compte des caractéristiques autres que scolaires de chaque élève.
Il se traduit par :
- des innovations en matière de médiation, d’accompagnement, de suivi, d’écoute de l’enfant comme de l’adolescent qui devront trouver leur place dans les dispositifs mis en place à chaque niveau d’enseignement
- une articulation réfléchie et adaptée au contexte avec les deux autres moyens mis au service des parcours (la personnalisation et l’ouverture), articulation aidant à donner du sens à l’action éducative et à favoriser la transversalité des acquisitions et des intervenants
- une adaptation pertinente des démarches, des outils, des situations, des contenus, de façon à tenir compte du développement de l’enfant, de l’évolution de ses rapports sociaux, du changement de ses pôles d’intérêt. Ainsi, il importe d’avoir une déclinaison de ce principe d’action différente à l’école, au collège et au lycée
- un aménagement des protocoles permettant d’évaluer les transformations liées aux activités scolaires et périscolaires des élèves, à la fois dans un cadre disciplinaire mais aussi dans des contextes interdisciplinaires voire hors des disciplines d’enseignement (engagement dans la vie associative, dans la représentation aux différentes instances scolaires et/ou éducatives, dans le milieu extra scolaire, …)
- une réflexion sur la meilleure façon de répartir les responsabilités et les fonctions des différents acteurs, de façon à garantir un parcours équilibré aux élèves, en s’appuyant sur l’acquisition des connaissances, le développement des capacités et la transformation des attitudes.
Ouvrir
L’ouverture prend en compte l’inscription de l’école ou de l’établissement dans un contexte plus large (environnement social, économique et culturel), à différentes échelles, et utilise toutes les ressources offertes par ce contexte en
les mettant au service de la réussite du parcours de chacun. Elle doit ainsi permettre à l’élève de construire des compétences favorisant son intégration et son épanouissement dans l’environnementau sein duquel il agira.
Compte tenu des évolutions socio-économiques, cela suppose en particulier, que la pratique des langues vivantes (spécifiquement dans le domaine de l’oral) soit développée et que soient confortées les dynamiques initiées, au sein de l’académie, par le plan langues. Il importe aussi d’intégrer les préoccupations liées à la langue et à la culture régionales.
Par ailleurs, l’ouverture renvoie à l’environnement immédiat de l’école ou de l’établissement, à l’abandon de tous les cloisonnements que met en place l’univers scolaire : enfermement dans l’espace clos de la classe, séparations entre les disciplines, entre l’école ou l’établissement et son environnement immédiat, entre les niveaux d’enseignement. Elle invite à revisiter les liens traditionnels avec les familles, en apportant à celles-ci une plus grande lisibilité sur les logiques qui organisent le fonctionnement de l’école et en les associant plus systématiquement à la vie des établissements.
De même, elle doit prendre appui sur une pluralité de partenaires proches ou lointains, institutionnels ou non.
Du côté des élèves :
Il s’agit d’amener les élèves à élargir l’horizon de leurs possibles, grâce aux actions proposées tant dans le cadre habituel de la classe que dans celui d’opérations visant à améliorer la mobilité des jeunes, à échanger avec des élèves d’autres pays.
De la même façon, la découverte des réalités de la vie culturelle, sociale, économique et du fonctionnement des entreprises publiques et privées permettra à chaque élève de se constituer un répertoire de situations l’aidant à s’intégrer harmonieusement dans un monde en constante évolution. Ce sera l’occasion de s’interroger sur la place réelle d’un diplôme dans la construction d’une vie réussie
Du côté des équipes éducatives :
La préoccupation de l’ouverture de l’école sur son territoire ou à l’échelle européenne fait partie de la professionnalité enseignante et s’inscrit dans l’action quotidienne des équipes éducatives au sein de l’école ou de l’établissement.
Elle se traduit par des actions en direction des familles, des autres établissements scolaires, y compris ceux relevant de degrés d’enseignement différents susceptibles d’accueillir le parcours de réussite d’un élève. Elle renvoie aussi à l’ouverture vers le monde économique et social, l’ouverture à l’international ou aux partenaires culturels locaux.
Les équipes du premier et du second degré ont à proposer aux élèves un enseignement qui leur permette d’expérimenter réellement le sens du mot ouverture, dans un lien naturel
avec le socle commun de connaissances et de compétences (les compétences 2 et 5 étant plus directement concernées). Les différents champs de la culture (pratiques artistiques, mais aussi culture scientifique) gagneront à être croisés et inscrits dans les activités quotidiennes.
À l’échelon de l’école ou de l’établissement :
Les projets croisant les disciplines et répondant à des centres d’intérêt des jeunes - développement durable et droits de l’homme, en particulier - ont vocation à s’intégrer aux projets d’école ou d’établissement. Il en va de même pour les projets européens, ainsi que ceux qui permettent une familiarité progressive des élèves avec les pratiques artistiques et culturelles.
Ces préoccupations, qui articulent travail au sein de l’école ou de l’établissement et prise en compte de l’environnement proche ou plus lointain, engagent naturellement la recherche
de partenariats.