Expérimentation
Principe
de l'expérience :
Quelques brins de végétaux chlorophylliens aquatiques sont
placés dans une enceinte en présence d'une sonde à oxygène.
La sonde mesure en temps réel la concentration d'oxygène dans le
milieu et donc, de façon indirecte, l'intensité de la
photosynthèse. La plante est exposée à des radiations
lumineuses de même intensité mais de longueurs d'ondes
différentes. Les mesures sont transmises à un ordinateur à
travers une interface et un logiciel affiche à l'écran sous
forme de graphique l'évolution
de la photosynthèse et éventuellement de la respiration de la
plante. |
Protocole
expérimental :
ll est
possible d'utiliser pour cette expérience un bioréacteur, mais
nous lui préférerons le montage ci-contre. Il consiste à placer
un tube transparent sur la sonde, à le remplir d'eau et à
déposer à l'intérieur (au contact de la membrane de téflon)
une dizaine de fragments de feuilles d'élodée.
Pour éviter que les
fragments remontent à la surface pendant la mesure, on les
stabilisera avec un petit rameau d'élodée placé la tête en bas
dans le tube comme indiqué sur le dessin.
On réalisera ensuite le montage
tel qu'il est indiqué sur la photographie ci-dessous, l'obscurité sera faite autour du végétal en
recouvrant l'ensemble des capteurs d'une boîte munie d'une
fenêtre que l'on pourra obturer à volonté.
On lancera ensuite le logiciel
Réacell de JEULIN option "concentration
d'oxygène" et on fera en continue
cinq mesures de deux minutes chacune avec des filtres différents
séparées par une minute d'obscurité. On commencera par
une période d'obscurité de deux minutes.
On veillera à ce que la quantité de lumière reçue
par la plante à travers chaque filtre soit rigoureusement la même. |
 |
|
|
|
Le
choix de la source lumineuse
Les lampes à incandescence sont
trop pauvres en radiations bleues pour pouvoir être utilisées dans
ce type d'expériences. Il est préférable d'utiliser une lampe
halogène. |
|
|
Réalisation
du montage
|
 |
|
Nous avons réalisé ce montage avec
le matériel ESAO de Jeulin et un
capteur lumière modifié
car le capteur Jeulin ne mesure que dans l'infrarouge proche et
n'est donc pas adapté à ce type de mesures. |
|
| Calcul de
l'éclairement
|
| L'énergie
lumineuse est transportée sous la forme de photons. Un
photon transporte un quantum d'énergie qui
peut être calculé de la façon suivante : |
|
w
= h (constante de Planck) x c (vitesse de la
lumière en cm/sec) / l (longueur d'onde en cm) |
| sa
valeur s'exprime en joules. On appelle un einstein
la valeur de N (nombre d'Avogadro) quanta. La valeur d'un
einstein pour une longueur d'onde donnée peut facilement
être calculée en appliquant la formule suivante : |
|
un
einstein = 119617 / longueur
d'onde (en nm) |
| Ainsi
pour déclencher une réaction photosynthétique exigeant
une quantité de photons correspondant à un einstein il
faut apporter : |
|
278
joules sous forme de lumière bleu profond (Kodak
47B) |
| ou |
244
joules sous
forme de lumière bleu vert (Kodak 75) |
| ou |
226
joules sous
forme de lumière verte (Kodak 74) |
| ou |
210
joules sous
forme de lumière jaune (Kodak 73) |
| ou |
181
joules sous
forme de lumière rouge (Kodak 29) |
| ou |
171
joules sous
forme de lumière rouge foncée (Kodak 70) |
|
|
Pour comparer l'activité
photosynthétique dans différentes longueurs d'onde il est impératif
de fournir au végétal la même quantité de photons par seconde pour
chaque mesure. Or bien qu'un photon "bleu" transporte plus
d'énergie qu'un photon "rouge" ils ont le même rendement
quantique. D'autre part le capteur BPW21 placé derrière le filtre n'a
pas la même sensibilité pour chaque longueur d'onde. La valeur de
l'éclairement qu'affichera le logiciel devra donc tenir compte de ces
différents paramètres. On trouvera dans le tableau ci-dessous un
exemple des corrections à apporter pour quelques filtres :
|
Référence
des filtres KODAK |
longueurs
d'onde |
valeur
de
1 einstein
(en
joules) |
valeur
de
5,7 einsteins
(en
joules) |
valeurs
affichée par la
BPW21 lorsqu'elle reçoit
1000 Unités Arbitraires
(calculées
à partir de la courbe de réponse) |
valeurs
à afficher
sur le logiciel
après correction
(pour 5,7
einsteins reçus) |
| 47B
- bleu profond |
430 |
278 |
1586 |
535 |
848 |
| 75
- bleu vert |
490 |
244 |
1391 |
800 |
1113 |
| 74
- vert |
530 |
226 |
1286 |
935 |
1203 |
| 73
- jaune |
570 |
210 |
1196 |
1000 |
1196 |
| 29
- rouge |
660 |
181 |
1033 |
700 |
723 |
| 70
- rouge foncé |
700 |
171 |
974 |
450 |
438 |
|
|
Dans
le tableau ci-dessus, en absence d'un étalonnage précis de
l'adaptateur Jeulin lors de la réalisation du capteur BPW21,
les valeurs d'éclairement affichées
par le logiciel sont à considérer comme des unités
arbitraires et non pas comme des Watts/m2. Cela ne change rien
à la valeur de l'intensité photosynthétique mesurée.
Le nombre de 5,7 einsteins à été choisi uniquement pour que
l'affichage sur l'écran ne dépasse pas 1213, valeur maximale
affichée par le logiciel. |
|
|
Exemple de
résultats
|
|
|
|
On remarquera que les valeurs affichées pour
l'éclairement ne sont pas identiques pour chaque filtre. Ceci est dû,
comme on l'a dit précédemment, au fait que la
réponse du capteur n'est pas la même pour chaque longueur d'onde et que l'énergie à fournir pour apporter
la même quantité de quanta dépend aussi de la longueur d'onde.
|
Exploitation des
résultats
Si, à partir du tableau de
résultats, on calcule l'intensité photosynthétique nette obtenue
avec chaque filtre on obtient un graphique appelé spectre
d'action photosynthétique.
Les valeurs obtenues ici (carrés rouges) sont cohérentes avec la
courbe théorique obtenue en laboratoire de recherche à partir
d'algues vertes.
Cette courbe théorique montre nettement que les
radiations bleues et les radiations rouges ont plus d'influence sur la
photosynthèse que les autres radiations du spectre.
|
 |
|
|
    
|