MémoBac

 

 

 Les moyennes académiques 
 Les textes réglementaires (épreuves, programmes, entente et harmonisation...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Moyennes académiques
des notes de philosophie au baccalauréat
(épreuves écrites)  

Session 2005

série L   : 9,84

effectif : 2862

STT : 8,70

effectif : 5068

série ES : 9,04

effectif : 5185

Hot. : 9,75

effectif : 81

série S   : 9,10

effectif : 8119

SMS : 9,13

effectif : 1332
   

STI : 8,18

effectif : 2386
   

STL : 8,58

effectif : 331

Total

9,21 (16166)

8,63 (9198)

 

 

Session 2004

série L : 10,14

STT : 8,52

série ES : 9,02

Hot. : 7,80

série S : 9,19

SMS : 8,91

 

STI : 7,86

 

STL : 8,52

 

 

  Session 2003

 L   : 10,08   STT : 8,63
ES : 8,82  Hôtellerie : 9,03
  : 9,11   SMS  : 8,85
 STL : 8,28
 STI  : 8,48

 

 

  Session 2002

L : 9,51 STT : 8,26
S : 8,92 STT Hôtellerie : 8,13
ES : 9,28 STL : 8,43
STI : 8,26
SMS : 8,78

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les textes réglementaires

Le Baccalauréat :
  • sur les épreuves écrite et orale :
    .séries générales : Note de service du 30-7-2001  
    .séries technologiques : Notes de service du 17-09-1990 et du 19-07-1994
    .
    séries technologiques, à compter de la session 2007: Note de service du 19-05-06
  • sur le troisième sujet de l'épreuve écrite : Note de service N°2001-092 du 30-5-2001(BO n°23 du 7/06/2001)
  • sur la méthode de l'explication de texte : Note du 11 août 1987.
  • sur les listes non conformes à la réglementation pour l'épreuve orale de contrôle : Note du 11 août 1987.
  • sur le choix des sujets de l'épreuve écrite : Circulaire du 23 novembre 1972, modifiée par la circulaire du 30 octobre 1974, et les notes de service des 29 décembre 1980, 27 juin 1983, 11 août 1987, 19 août 1991, 14 juin 1994,  19 juillet1994, et 30 juillet 2001.
  • sur les commissions d'entente et d'harmonisation : Note de service du 9 mai 1995. (B.O. du 18 mai 1995).
  • sur la dispense de surveillance pour les professeurs de philosophie : Notes de service du 8 janvier 1996 et du 17décembre 1998. (B.O. du 18/1/ 1996 et du 24/12/98 - voir aussi B.O. n°42 du 14/11/2002.

Les programmes des classes terminales :

Les horaires et les coefficients selon les séries :

  • en série économique et sociale et dans les séries technologiques : Arrêté du 15 septembre 1993 (B.O. spécial n°4 du 23 septembre 1993)

  • en série littéraire : Arrêté du 24 juillet 2002 paru au B.O. n°33 du 12 septembre 2002 (rétablissement de la 8ème heure)

  • en série scientifique : Circulaire de rentrée n° 2003-50 (encart du B.O. n° 14 du 3 avril 2003). Le texte laisse aux établissements une certaine latitude. Modalités possibles :
    - soit 2 heures en classe entière et 1 heure en demi-classe (3h/élèves, 4h/professeur) ou 3 heures en classe entière 
    - soit 4 heures en classe entière.

Instructions sur le travail des élèves :
-Circulaire du 4 Novembre 1977. (B.O. du 17 Novembre 1977).

L'enseignement philosophique : Instructions de 1925

 

 

 

 

 

 

 

Commissions d'entente et d'harmonisation

Note de service n° 95-113 du 9-5-1995
B.O. n°20 du 18 mai 1995
_____________________

 

Harmonisation de la notation aux épreuves écrites du baccalauréat
Lors des dernières sessions du baccalauréat, divers incidents concernant la notation des épreuves ont entaché le bon déroulement de l'examen.
Ils sont souvent liés au fait que, dans certaines disciplines, les notes attribuées peuvent varier sensiblement d'un correcteur à l'autre quand par sondage une double correction est effectuée. Or, au regard des programmes et des définitions d'épreuves écrites, il est nécessaire de concilier l'homogénéité de correction avec la liberté pédagogique des professeurs et la souveraineté des jurys d'examens.
C'est pourquoi je suis conduit à vous rappeler ou à vous informer des dispositions applicables à la notation des épreuves notamment en ce qui concerne les procédures d'harmonisation qui ont fait la preuve de leur efficacité.
Il appartient à chaque correcteur, dans l'ensemble des disciplines, de participer obligatoirement aux réunions d'entente et d'harmonisation déjà prévues par la réglementation antérieure. Ces réunions font partie du processus de correction. Leur importance justifie que chacun se fasse un devoir de contribuer à leur efficacité.

La commission d'entente
Il s'agit pour la réunion d'entente de rappeler et de confirmer les exigences communément admises pour l'évaluation des copies, compte tenu de la spécificité de chaque discipline, dont l'explicitation est utile aux nouveaux correcteurs, aux candidats et à l'opinion en général, et surtout d'en ébaucher l'application par un exercice réel de notation en commun, avec la volonté pour chacun de confronter son jugement à celui des autres enseignants dans la recherche d'un point de vue qui ne soit pas celui (ou plus) celui d'un seul. Cet effort d'évaluation objective sera vain s'il n'est complété par l'adoption ou le rappel de quelques principes communs de notation, traduits également en termes concrets dans l'échelle des notes utilisée qui ne doit pas être comprise comme un barème, avec le souci de distinguer les copies, de valoriser les meilleures.
Il ne suffit pas que l'accord s'établisse entre correcteurs sur la hiérarchie qualitative des copies, il faut encore qu'ils utilisent les mêmes repères de notation.
C'est lors de cette réunion que les correcteurs peuvent être invités à être explicites dans leurs annotations en tête et en marge des copies pour faciliter tout à la fois les délibérations des jurys (après lesquelles sont arrêtées les notes définitives), et répondre aux interrogations des candidats autorisés à demander la consultation de leurs copies. Un travail important doit être accompli au cours de cette réunion, qu'il faut reprendre et renouveler chaque année (avec de nouveaux sujets). Le recteur veillera donc à la constitution des commissions d'entente et à la diffusion de leurs recommandations à l'ensemble des correcteurs concernés. Ces commissions d'entente pourront avoir une dimension départementale ou académique selon les nécessités et les contraintes d'organisation. Ces commissions seront présidées par l'inspecteur pédagogique régional de la spécialité ou, en cas d'impossibilité, par un enseignant désigné par lui.
Cette faculté d'appréciation laissée à la commission d'entente ne doit toutefois pas la conduire à substituer aux recommandations barémées un autre système de notation.
En cas de difficultés particulières il appartiendra aux académies utilisatrices de se rapprocher de l'académie pilote pour arrêter une position commune.
Par ailleurs, là où elle n'existe pas, une permanence téléphonique d'information sera mise à la disposition des correcteurs dans l'hypothèse où ces derniers connaîtraient des difficultés particulières pendant toute la durée des corrections. Elle répond individuellement aux questions des correcteurs, donne avis et conseils. Elle peut alerter, sous couvert du recteur, l'académie pilote responsable du choix du sujet, en cas de difficultés inattendues survenues en cours de correction.
Cette permanence sera assurée, dans toute la mesure du possible par un inspecteur pédagogique régional, ou à défaut, par un enseignant désigné par lui.  

Harmonisation de la notation
La réunion d'harmonisation complète la réunion d'entente. Elle permet la comparaison des résultats (des moyennes et des répartitions des notes entre correcteurs et par sujet...), une nouvelle lecture de telle ou telle copie ou type de copie, la recherche des causes objectives susceptibles d'expliquer les écarts de notes importants, la révision éventuelle de certaines notes après discussion. Elle doit avoir lieu en fin de correction, mais de façon à permettre encore d'ultimes modifications.
A cet effet je demande aux recteurs de veiller personnellement au bon déroulement de ces réunions. Elles doivent se tenir à une date et à une heure qui laissent aux correcteurs le temps d'avoir pris connaissance d'un certain nombre de copies.
En outre à l'issue du premier groupe d'épreuves, les délibérations du jury doivent permettre la comparaison des résultats, à savoir des moyennes et des répartitions de notes entre correcteurs, le cas échéant par sujet. Afin de permettre ces comparaisons, les différents correcteurs sont tenus de remettre leurs grilles de notation (répartition des notes de 0 à 20 et moyenne) aux présidents de jurys. Par ailleurs, les jurys doivent disposer de toutes les informations statistiques nécessaires notamment sur la session en cours et les sessions précédentes. Le président du jury a un rôle de décision en matière de relèvement des notes des candidats ; en cas de trop grande disparité dans la notation de certaines copies, après avoir recueilli l'avis du jury, il demande si nécessaire leur révision. Le chef de centre d'examen peut également porter à la connaissance du président du jury, toutes les informations et les éléments utiles à la délibération, notamment ceux relatifs au déroulement des épreuves, aux contestations de notes.

La note
L'échelle des notes de 0 à 20 doit être utilisée dans toute sa plénitude, au delà des seuils critiques de 8, 10 et 12. I1 va de soi que ces dispositions concernent l'ensemble des disciplines. 11 est en effet anormal que des copies considérées comme bonnes fassent l'objet d'une notation proche de la moyenne privant ainsi les meilleurs candidats de l'avantage légitime qu'ils peuvent escompter. En outre l'usage d'une échelle limitée autour de la moyenne minimise l'influence de la discipline dans le résultat de l'examen.
Par ailleurs chaque note devant être exprimée en points entiers, lorsque plusieurs correcteurs participent à la notation d'une même épreuve, c'est la seule note finale qui peut être, en tant que de besoin, arrondie au point supérieur.
Je rappelle enfin que le résultat de l'examen ne doit pas apparaître au candidat comme une décision dont la motivation lui échapperait: c'est pourquoi les notes doivent impérativement être justifiées par des appréciations claires et précises, autant sur les copies d'écrit que sur les bordereaux d'interrogations orales.
Vous veillerez à systématiser les commissions d'entente pour les disciplines où les examinateurs doivent arrêter d'un commun accord les critères de notation et à généraliser, si possible dès la session 1995, les réunions d'harmonisation.

 

 

 

Instructions concernant le travail des élèves

Circulaire n° 77-417 du 4 novembre 1977
(B.O. n° 41 du 17 novembre 1977)

L 'enseignement philosophique dans les classes Terminales.
(Texte adressé aux recteurs, aux inspecteurs d'académie et aux chefs d'établissement).

Le travail des élèves est la condition des progrès qu'ils sont appelés à faire dans l'acquisition des connaissances et dans la pratique méthodique de la réflexion. L'organisation de ce travail fait donc partie intégrante de l'enseignement; elle requiert de chaque professeur une invention personnelle en accord avec son style propre. Les présentes instructions visent à favoriser l'initiative de chacun sans alourdir ses tâches: elles conseillent de diversifier les exercices écrits et oraux, de solliciter la coopération active de la classe, de prévoir une cadence régulière qui incite les élèves à organiser leur travail personnel.

La liste des travaux et exercices proposés ci-dessous n'est pas limitative :

La dissertation joue un rôle essentiel dans l'enseignement philosophique; elle permet d'apprécier l'exercice du jugement, la conduite d'une réflexion cultivée et l'aptitude à les exprimer par un discours ordonné. Elle ne prend sa vraie signification que si elle est entièrement rédigée. Les élèves doivent être invités à entreprendre ce travail dès le début de l'année. Il est souhaitable, surtout en ce début, que leur recherche personnelle soit préparée par des exercices appropriés (analyses de notions, études de textes, lectures à la fois délimitées et diversifiées en relation avec le sujet proposé, etc.). Chaque sujet donne lieu en classe à un compte rendu d'ensemble en rapport avec les copies corrigées. Il n'est pas recommandé de proposer pour chaque devoir un choix de sujets risquant de disperser l'effort du professeur sans faciliter le travail des élèves.


L'initiation aux œuvres philosophiques se fait sous forme soit d'explications préparées orientées de préférence par des questions, soit de lectures dirigées, soit de comptes rendus de lectures oraux ou écrits. L'étude de ces textes commence au début de l'année; elle est d'autant plus profitable qu'elle est plus étroitement solidaire de l'étude des notions et des problèmes. Il est essentiel de distinguer de façon explicite la fin assignée à l'étude d'un texte : étude suivie d'une œuvre philosophique; dissertation visant à dégager l'intérêt philosophique d'un fragment; étude d'un bref passage intégré à une leçon, à laquelle il peut servir de point de départ, de conclusion, d'exemple, de base, d'analyse et d'argumentation..., ce qui implique que le sujet de la leçon ait été préalablement posé et que son développement soit organisé de façon autonome.


Il convient de prévoir des préparations et des exercices qui sollicitent l'expérience et la culture des élèves: analyse de notions, explication et définition de termes de la langue commune, description méthodique d'exemples et de situations éventuellement empruntés à des œuvres littéraires. Les discussions et les débats, s'ils sont spécifiquement philosophiques et s'ils s'achèvent par une mise au point, une synthèse, un bilan, peuvent servir à faire apparaître, au sein de la philosophie elle-même, les solidarités ou les tensions qui unissent ou opposent les concepts et les problèmes.


La consultation et l'utilisation d'études spécialisées et documents visent à fournir ou à préciser des informations concernant les domaines de la connaissance et des sciences qui importent à la pensée philosophique (histoire des sciences, linguistique, ethnologie, etc.). Il y a intérêt à les distinguer nettement de l'explication proprement dite qui porte sur les grands textes philosophiques.

Les divers travaux et exercices figurent, à côté du titre des leçons, sur le cahier de textes (considéré comme le "journal de bord") de la classe, auquel tout élève doit pouvoir en permanence se référer.

Les élèves doivent être fermement engagés à effectuer ces travaux et ces exercices, selon un rythme régulier. En ce qui concerne les dissertations, la périodicité suivante est recommandée: dans la section A, par trimestre, trois dissertations en temps libre et une épreuve en temps limité; dans les autres sections terminales, par trimestre, deux dissertations en temps libre et une épreuve en temps limité. Cette périodicité concerne le travail des élèves; quand le nombre des copies est élevé, il est recommandé, plutôt que de réduire la fréquence des dissertations, d'alléger le travail de correction.

Quant aux exercices, leur périodicité peut varier selon les cas; toutefois, il convient de prévoir pour la section A au moins trois exercices par mois et, pour les autres sections, au moins deux exercices par mois. Les élèves sont invités à consigner les exercices et les comptes rendus dans un cahier distinct du cahier de cours qui doit toujours laisser apparaître la continuité et l'ordonnance de l'enseignement. Le contrôle des cahiers et des travaux autres que la dissertation s'effectue aisément en classe et n'alourdit pas la tâche du professeur.

Ces travaux et exercices de durée variable revêtent des formes diverses, écrites ou orales, individuelles ou collectives. Leur pratique régulière favorise la vérification du travail accompli et l'approfondissement critique des connaissances déjà acquises; elle permet en outre, en anticipant sur les leçons prochaines, de préparer la collaboration active des élèves à la progression de l'enseignement et d'alléger ainsi les charges du cours.

 

 

Surveillance d'épreuves

 

Rappel :

La note de service n°2002-237 du 6 novembre 2002 (B.O. n°42 du 14/11/2002) - Titre I, paragraphe A, prévoit que les professeurs chargés de la correction de l'épreuve de philosophie sont dispensés de surveillance ; elle précise notamment : "je vous demande de veiller à ce que les enseignants chargés des corrections des épreuves de philosophie soient dispensés de toute surveillance d'autres épreuves écrites".

 

 

 

Épreuves écrite et orale de contrôle de philosophie du baccalauréat général

NOR : MENE0101719N
RLR : 544-0a
NOTE DE SERVICE N°2001-154 DU 30-7-2001
modifiée et complétée par la note de service  n°2001-230 du 7/11/2001


Réf. : N.S. n° 87-242 du 11-8-1987 ; N.S. n° 91-227 du 19-8-1991 ; N.S. n° 94-179 du 14-6-1994



 La présente note de service actualise, en référence au programme de philosophie applicable à la rentrée de l'année scolaire 2001-2002, la rédaction de la définition des épreuves écrite et orale de contrôle de philosophie du baccalauréat des séries littéraire (L), économique et sociale (ES) et scientifiques (S), prévue par les notes de services citées en référence qu'elle annule et remplace.

I - Épreuve écrite
Durée : 4 heures
Coefficients : série L : 7 ; série ES : 4 ; série S : 3
A - Choix des sujets (L, ES, S)
Trois sujets seront proposés aux choix des candidats. Les sujets pourront porter sur toutes les parties du programme de chacune des séries.
B - Énoncé des sujets (L, ES et S)
1 - Éviter, d'une part, les rédactions qui, empruntant littéralement les formules du programme, paraissent inviter les candidats à reproduire un cours, d'autre part, les rédactions trop générales qui semblent n'avoir aucun rapport déterminé avec une ou plusieurs notions du programme.
2 - Éviter, dans le libellé du sujet, l'emploi de termes techniques ou de termes exigeant la connaissance d'une doctrine philosophique déterminée.
3 - Éviter les sujets exigeant des connaissances trop spécialisées.
4 - D'une façon générale, on préférera à tout autre le libellé du sujet en forme directe et ouverte.
C - L'un des trois sujets de chaque série est constitué par un texte philosophique
Dans toutes les séries, ce texte est emprunté à un auteur qui figure dans la liste du programme.
La nature de l'épreuve incite à éviter les textes les plus fréquemment expliqués en classe.
Il est souhaitable que le texte ait une longueur de dix à vingt lignes ; un texte trop court revient à une citation ; un texte trop long décourage les candidats.
Le texte choisi concerne un problème essentiel en rapport avec la partie des programmes de philosophie des classes terminales relatives aux notions. Les candidats doivent être explicitement invités à l'expliquer, c'est-à-dire à montrer, par sa compréhension précise, ce dont il est question dans le texte. Le candidat n'est pas tenu de se référer à la doctrine de l'auteur ni à l'histoire de la philosophie. Le texte doit être choisi de telle sorte qu'il permette de poser, éventuellement de résoudre, un problème philosophique qu'il s'agit de saisir en lui-même. Pour le faire, et pourvu qu'il le fasse, le candidat n'est soumis à aucune méthode imposée ; il suffit que l'étude du texte n'en soit pas la paraphrase et qu'elle soit ordonnée, c'est-à-dire qu'elle soit l'exercice philosophique de la réflexion méthodique et critique.
D - Choix des sujets dans les différentes séries
Des sujets spécifiques seront proposés respectivement à la série L, à la série ES et à la série S.
Pour le choix des sujets, il convient de se référer aux programmes de philosophie actuellement en vigueur.
Les sujets peuvent porter sur toutes les parties du programme.

II - Épreuve orale de contrôle
Le candidat présentera à l'examinateur la liste des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire. Cette obligation s'impose à tous les candidats, qu'ils soient élèves d'un établissement ou candidats libres. La liste présentée par les élèves d'un établissement d'enseignement sera signée par le professeur, visée par le chef d'établissement et annexée au livret scolaire.
Les œuvres philosophiques seront rigoureusement choisies dans les conditions fixées par le programme en vigueur. Lorsqu'une des œuvres aura été étudiée seulement dans certaines de ses parties, la délimitation précise de celles-ci sera explicitement indiquée. Le candidat sera porteur d'un exemplaire de chacun des ouvrages figurant sur la liste.
Il est rappelé que le programme fixe pour chaque série, le nombre des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire, ainsi que les modalités du choix des auteurs.
L'épreuve orale portera obligatoirement sur l'une des œuvres présentées, dont un bref fragment devra être expliqué. Au cours de l'entretien, toute notion du programme pourra éventuellement faire l'objet d'une interrogation distincte ou, si possible, en liaison avec l'étude du texte.
Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste, ou présente une liste qui, n'étant pas conforme au programme, ne lie pas l'examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois œuvres, le candidat choisit l'une d'entre elles, dont il lui est demandé d'expliquer un bref fragment.
Compte tenu des obligations fixées par le programme et des présentes instructions, l'interrogation devra essentiellement permettre au candidat de tirer parti de sa culture, de ses qualités de réflexion, des lectures qu'il a pu faire au cours de l'année.
Dans toutes les séries, l'interrogation durera vingt minutes afin de permettre au candidat de montrer ses possibilités ; il disposera de vingt minutes environ pour la préparer (cf. modification ci-dessous).

NOR : MENE0102386N
RLR : 544-0a
NOTE DE SERVICE N°2001-230 DU 7-11-2001
(B.O. n°42 du 15/11/2001)

La note de service n° 2001-154 du 30 juillet 2001 (B.O. n° 31 du 30 août 2001) relative à l'actualisation de la définition des épreuves de philosophie du baccalauréat général est complétée comme suit :
- Pour la session 2002 du baccalauréat, aucun sujet de l'examen ne pourra porter sur la partie du programme "question d'approfondissement", cette partie du programme étant facultative pour l'année scolaire 2001-2002. (cf. note de service n° 2001-127 du 5 juillet 2001, B.O. n° 28 du 12 juillet 2001).
- La durée de l'épreuve orale de contrôle est de "20 minutes environ" et non pas de 20 minutes comme indiqué dans la note de service n° 2001-154.

***

Modification du libellé du troisième sujet de philosophie au baccalauréat général - session 2002

(extrait du BO n°23 du 7/06/2001)

   Le troisième sujet de l'épreuve de philosophie des séries générales ES, L et S, est constitué par un texte accompagné de la consigne : "Dégager l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée."
   De façon à rendre plus explicite le sens de l'épreuve pour les candidats, cette consigne sera formulée, à partir de la session de 2002, de la façon suivante :
" Expliquer le texte suivant :[Texte, auteur et titre]
   La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question."
   Il convient de veiller à ce que les élèves soient informés par leur professeur de cette nouvelle formulation, en leur expliquant bien qu'il ne s'agit pas d'un changement de la nature du troisième sujet, mais d'un éclaircissement sur la façon dont ils doivent comprendre ce troisième sujet.
L'information devra être faite le plus tôt possible dans l'année pour que les élèves aient le temps de s'habituer à cette consigne.

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Séries technologiques

Note de service n° 90-253 du 17/09/1990 (B.O. du 27/09/1990)
annexe 1
: définition de l'épreuve orale de contrôle de philosophie, commune à toutes les séries de baccalauréats technologiques

Le candidat présentera à l'examinateur la liste des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire. Cette obligation s'impose à tous les candidats, qu'ils soient élèves d'un établissement ou candidats libres. La liste présentée par les élèves d'un établissement d'enseignement sera signée par le professeur, visée par le chef d'établissement et annexée au livret scolaire.
Les œuvres philosophiques seront rigoureusement choisies dans les conditions fixées par le programme en vigueur. Lorsqu'une des œuvres aura été étudiée seulement dans certaines de ses parties, la délimitation précise de celles-ci sera explicitement indiquée. Le candidat sera porteur d'un exemplaire de chacun des ouvrages figurant sur la liste.
Il est rappelé que le programme fixe pour chaque série, le nombre des œuvres philosophiques dont l'étude est obligatoire, ainsi que les modalités du choix des auteurs.
L'épreuve orale portera obligatoirement sur l'une des œuvres présentées, dont un bref fragment devra être expliqué. Au cours de l'entretien, toute notion du programme pourra éventuellement faire l'objet d'une interrogation distincte ou, si possible, en liaison avec l'étude du texte.
Au cas où le candidat, en contravention avec les dispositions réglementaires, ne présente aucune liste, ou présente une liste qui, n'étant pas conforme au programme, ne lie pas l'examinateur, il est recommandé à celui-ci de fournir au candidat deux ou trois œuvres, le candidat choisit l'une d'entre elles, dont il lui est demandé d'expliquer un bref fragment.
Compte tenu des obligations fixées par le programme et des présentes instructions, l'interrogation devra essentiellement permettre au candidat de tirer parti de sa culture, de ses qualités de réflexion, des lectures qu'il a pu faire au cours de l'année.
Dans toutes les séries, l'interrogation aura une durée suffisante pour permettre au candidat de montrer ses possibilités ; il disposera de vingt minutes environ pour la préparer 

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Note de service n° 94-209 du 19/07/1994 (B.O. spécial n° 10 du 28/07/1994)

Durée: 20 minutes.
Temps de préparation: 20 minutes.
Coefficient 2 - séries SMS, STI, STL, SIT hôtellerie, musique.  Coefficient 1 - série arts appliqués.

  Le candidat présentera à l'examinateur la liste des textes étudiés, empruntés ou non à une même oeuvre, parmi celles des auteurs inscrits au programme*.  La liste présentée par les élèves d'un établissement d'enseignement sera signée par le professeur, visée par le chef d'établissement et annexée au livret scolaire.  Le candidat sera porteur d'un exemplaire de chacun des textes.

L’épreuve orale portera sur l'un des textes présentés ou, à défaut, sur un bref texte proposé par l'examinateur, en liaison avec les notions du programme. L’interrogation devra permettre au candidat de faire preuve de connaissances élémentaires (vocabulaire, problèmes fondamentaux ... ), de tirer parti de ses qualités de réflexion et d'expression, ainsi que des lectures qu'il a pu faire au cours de l'année.

*La liste des auteurs est celle fixée par l'arrêté du 5 juillet 1983 :

Platon, Aristote, Épicure, Lucrèce, Épictète, Marc-Aurèle, saint-Augustin, saint-Thomas.

Machiavel, Montaigne, Hobbes, Descartes, Pascal, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Montesquieu, Hume, Rousseau, Kant.

Hegel, Comte, Cournot, Kierkegaard, Marx, Nietzsche, Freud, Husserl, *Bergson, Alain, Bachelard, Merleau-Ponty, Sartre, Heidegger.

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NOTE DE SERVICE N°2006-07 DU 19-5-2006 
(B.O. n°23 du
8 juin 2006)
applicable à compter de la session 2007

 Les dispositions de la présente note de service actualisent la définition des épreuves écrite et orale de contrôle du baccalauréat, en référence aux programmes de philosophie applicables à compter de la rentrée scolaire 2006 dans les séries technologiques et remplacent , à compter de la session 2007 de l’examen, les définitions d’épreuves antérieures dans ces séries (N.S. n° 83-252 du 28 juin 1983 et n° 90-253 du 17 septembre 1990 et N.S. n° 94-209 du 19 juillet 1994 pour l’oral de contrôle).
Il est rappelé que pour les séries sciences médico-sociales (SMS), sciences et technologies de la gestion (STG), sciences et technologies de laboratoire (STL), sciences et technologies industrielles (STI) dont la spécialité “arts appliqués” et la série hôtellerie, le programme de référence pour l’épreuve est celui publié par arrêté du 26 juillet 2005 (B.O. hors-série n° 7 du 1er septembre 2005).
Pour la série techniques de la musique et de la danse (TMD), le programme de référence est celui de la série scientifique (S) publié par arrêté du 27 mai 2003 (B.O. n° 25 du 19 juin 2003).

Épreuve écrite du premier groupe
Durée : 4 heures.
Séries SMS, STG, STI (dont “arts appliqués”), STL, hôtellerie : coefficient 2.
Série TMD : coefficient 3.
Pour toutes les séries, trois sujets sont proposés aux candidats ; deux de ces sujets sont des sujets de dissertation ; le troisième est constitué par une explication de texte philosophique.
Pour le troisième sujet, il faut que le texte, emprunté à un auteur qui figure dans la liste du programme, se rapporte à une ou plusieurs notions du programme.
Le texte choisi sera accompagné de questions qui en guideront l’étude.
La consigne suivante figurera à la suite du texte et avant l’énoncé des questions : “Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble”.
Des sujets particuliers sont élaborés pour les candidats de la série TMD. Pour toutes les autres séries et spécialités, les sujets sont communs.
Recommandations pour la formulation des sujets
A) Pour l’énoncé des sujets de dissertation, on évitera :
1. les rédactions trop générales dont le rapport avec une ou plusieurs notions du programme n’apparaît pas clairement ;
2. dans le libellé du sujet, l’emploi de termes techniques ou de termes exigeant la connaissance d’une doctrine philosophique déterminée ;
3. les sujets exigeant des connaissances trop spécialisées ;
4. les sujets constitués par une citation.
D’une façon générale, les sujets de dissertation seront libellés sous la forme d’une question, renvoyant explicitement à un problème directement relatif à une au moins des notions du programme.
B) Pour le
troisième sujet, l’explication d’un texte philosophique :
1. Le texte proposé doit être simple.
2. Les questions n’ont pas pour but principal de vérifier ponctuellement la compréhension du texte par les candidats, mais d’abord d’aider et de guider ceux-ci dans la rédaction de l’explication.
On évitera donc les questions suggérant de reprendre simplement le texte ou de donner le sens de certaines expressions indépendamment de la compréhension d’ensemble du passage, comme on évitera les questions invitant à une dissertation générale sans rapport avec l’idée principale ou la thèse du texte.
On veillera en revanche à proposer des questions susceptibles de guider vraiment l’étude du texte. À cette fin :
a) On invitera d’abord le candidat à dégager (en retenant la formule la plus appropriée à la nature du texte) son objet, son idée principale, puis son organisation.
b) On lui demandera ensuite d’expliquer deux ou trois points particuliers (mots, expressions ou phrases) en l’incitant à préciser leur rapport à l’idée générale et à l’organisation du passage.
c) La dernière question, en proposant la discussion de l’idée centrale du texte, devra permettre au candidat d’en préciser la signification et de faire apparaître le problème dont il est question.
Épreuve orale de contrôle séries SMS, STG, STI, STL, hôtellerie
Durée : 20 min.
Temps de préparation : 20 min.
Coefficient : 2.
Épreuve orale de deuxième groupe et épreuve orale de contrôle série TMD
Durée : 20 min.
Temps de préparation : 20 min.
Coefficient : 3.
Le candidat présente à l’examinateur la liste des textes étudiés, empruntés ou non à une même œuvre, parmi les œuvres des auteurs inscrits au programme. La liste présentée par les élèves d’un établissement public ou privé sous contrat sera signée par le professeur, visée par le chef d’établissement et annexée au livret scolaire. Le candidat se présente à l’épreuve avec un exemplaire des textes de sa liste.
Si certains candidats, notamment individuels, se présentent sans liste, l’absence de celle-ci est consignée au procès verbal de l’épreuve.
L’épreuve orale portera sur l’un des textes présentés ou, à défaut, sur un bref texte proposé par l’examinateur, en liaison avec les notions du programme. L’interrogation devra permettre au candidat de faire preuve de connaissances élémentaires (vocabulaire, problèmes fondamentaux...), de tirer parti de ses qualités de réflexion et d’expression, ainsi que des lectures qu’il a pu faire au cours de l’année.

 

 

 

 

 

Instructions du 2 septembre 1925

Un des traits les plus importants qui caractérisent l'enseignement secondaire français est l'établissement, au terme des études, d'un enseignement philosophique élémentaire, mais ample et distinct, auquel une année est spécialement consacrée. Nous n'avons pas ici à justifier cette institution : elle n'est plus discutée aujourd'hui et n'a jamais été battue en brèche que par des gouvernements hostiles à toute conception libérale. Nous nous contenterons de rappeler le double service qu'on peut en attendre.
D'une part, il permet aux jeunes gens de mieux saisir, par cet effort intellectuel d'un genre nouveau, la portée et la valeur des études mêmes, scientifiques et littéraires, qui les ont occupés jusque là, et d'en opérer en quelque sorte la synthèse.
D'autre part, au moment où il vont quitter le lycée pour entrer dans la vie, et, d'abord, se préparer par des études spéciales à des professions diverses, il est bon qu'ils soient armés d'une méthode de réflexion et de quelques principes généraux de vie intellectuelle et morale qui les soutiennent dans cette existence nouvelle, qui fassent d'eux des hommes de métier capables de voir au-delà du métier, des citoyens capables d'exercer le jugement éclairé et indépendant que requiert notre société démocratique.

L'esprit de l'enseignement philosophique

C'est pourquoi nous voulons que le mot liberté soit inscrit au début même de ces instructions.

La liberté d'opinion est dès longtemps assurée au professeur et il paraîtrait aujourd'hui contradictoire avec la nature même de l'enseignement philosophique qu'il en fût autrement. Cette liberté, sans doute, comporte les réserves qu'imposent au professeur son tact et sa prudence pédagogique, c’est-à-dire en somme le respect qu'il doit à la liberté et à la personnalité naissante de l'élève. Le maître ne peut oublier qu'il a affaire à des esprits jeunes et plastiques, peu capables encore de résister à l'influence de son autorité, disposés à se laisser séduire par des formules ambitieuses et les idées extrêmes. La jeunesse, non encore lestée par la science et l'expérience personnelle, verse volontiers dans les doctrines qui la frappent par leur nouveauté ou leur caractère tranchant. C'est au professeur d'aider les jeunes gens à garder l'équilibre, en l'observant pour son propre compte.

De même, si personne ne lui conteste le droit de faire transparaître, sur toutes les questions litigieuses, ses conclusions personnelles et de les proposer aux élèves, encore faut-il qui ne leur fasse jamais ignorer l'état réel des problèmes, les principales raisons invoquées par les doctrines qu'il rejette, et les options qui s'imposent à tout homme de notre temps.

Le sens même de la liberté doit donc le prémunir contre tout dogmatisme. De leur côtés, c'est dans la classe de philosophique que les élèves font l'apprentissage de la liberté par l'exercice de la réflexion, et l'on pourrait même dire que c'est là l'objet propre et essentiel de cet enseignement. Sans doute, il ne faut pas méconnaître la valeur intrinsèque des connaissance qu'il va leur fournir; cependant et par la nature même de ces études et par les bornes que l'âge des élèves y impose, elle ont surtout une valeur éducative. En un sens elles sont nouvelles pour eux au point de les étonner au début et quelquefois de les dérouter. Pourtant, elles ont des attaches profondes dans leurs acquisitions antérieures, scientifiques ou littéraires, et dans leur propre expérience psychologique ou morale. Pour une bonne part, les jeunes gens sont donc surtout appelés à mieux comprendre, à interpréter avec plus de profondeur ce que, en un sens, il savent déjà, à en prendre une conscience plus lucide et plus large. En tout cas, c'est à ce point de vue que le professeur se placera volontiers dans la période d'initiation. Il ne faudrait pas que l'étonnement fécond qu'un jeune homme éprouve au premier contact avec la philosophie risquât de dégénérer en découragement. Ce doit être surtout, comme Socrate l'avait profondément senti, l'étonnement de reconnaître qu'on ignorait ce qu'on croyait savoir, de découvrir des obscurités et des problèmes là où l'on se croyait en présence d'idée claires et de faits simples.

C'est dire que dans ce domaine plus que dans tout autre, le sens pédagogique du professeur consistera tout d'abord à savoir faire part à deux principes opposés. D'un côté il devra être animé d'une certaine confiance dans l'intelligence des élèves et la leur manifester. Il n'est guère ici de problème ou de conception qui soient obscurs en soi, comme il arrive dans certaines sciences spéciales. Il dépend en grande partie de l'habileté du professeur dans l’expression, la présentation et l'application des idées philosophiques, de les rendre accessibles à la moyenne des esprits, comme aussi il y a une façon rébarbative, abstraite ou compliquée de les exposer, qui les rendra insaisissable ou du moins stérile, même pour les plus intelligents.

Mais inversement le professeur n'oubliera pas le peu de maturité, d'ampleur et d'expérience d'un cerveau de dix-huit ans. Il se défiera en particulier de ce qu'on pourrait appeler la "clarté verbale" des formules. Car, comme un enfant croit comprendre la fable de La Fontaine qu'il sait par coeur, le jeune philosophe s'imagine volontiers qu'il saisit l'idée parce qu'il connaît les termes. Or, si rarement les mots, les linguistes y ont insisté, ont un sens fixe et absolu, si leur vraie portée dépend du contexte qui les enveloppe, combien cette remarque ne vaut-elle pas plus encore pour le langage philosophique, si imprécis quand il vient de la langue commune, si mal fixé quand il devient langage technique.

C'est pourquoi rien n'est plus redoutable, dans l'enseignement philosophique, que l'abus de l’abstraction. Les jeunes gens, nous l'avons indiqué, s'y complaisent volontiers et s'en contentent facilement. Le professeur aura donc un constant souci d'éviter tout scolastique, tout débat sur des questions dont le sens concret, les rapport avec l'expérience et la réalité n'aurait pas été mis en lumière. Il faudra tâcher d'exprimer en termes familiers, ou tout au moins dans le langage de la vie normale commune, du droit, de l'histoire, de la science positive, les formules générales sous lesquelles la tradition philosophique est arrivée à présenter certains problèmes. Et quand l'élève, déjà entraîné à l'emploi de cette phraséologie philosophique et peut-être un peu fier de cette acquisition nouvelle, viendra en user avec complaisance, il faudra s'assurer de ce qu'il met sous ce langage spécial, l'obliger à la traduire en faits, en exemples, en applications. Pas de faits sans idées, voilà sans doute ce qui caractérise une culture philosophique. Mais pas d'idée sans faits, c'est la règle pédagogique qui s'impose si l'on veut que cet enseignement soit vraiment accessible et surtout profitable à des esprits novices.

Par suite, ce sui apparaîtra essentiel au professeur, ce sera, plutôt que la discussion de "thèses" et les débats d'école, la position même des questions. Elles doivent se présenter, non comme le produit artificiel de la tradition particulière au monde des philosophes, non comme résultant du heurt de certaines "catégories" ou de certains partis pris décorés de quelque nom de système, mais comme issues de la réalité elle-même, morale ou physique, et des obscurités qu'elle présente à qui veut la rendre intelligible. Les "doctrines", lorsqu'on croira utile cependant de les faire connaître, apparaîtront alors comme l'expression des divers points de vue possibles sur la question étudiée. Elles aideront à classer les idées tirées des choses même, et prendront ainsi toute leur valeur.

Rien n'est plus propre à fausser la pensée, à détourner de toute réflexion sérieuse, à dégoûter les esprits solides d'une philosophie où ils ne verraient qu'une vaine éristique, que ces interminables "revues" d'opinions diverses et contraires sur les problèmes à peine énoncés. De telles "revues, peu instructives en raison de leur inévitable brièveté et de l'impossibilité où l'on se trouve le plus souvent de les appuyer sur une étude directe des textes originaux, surchargent la mémoire sans éclairer l'esprit.

C'est pourquoi, aussi, le professeur ne négligera pas les occasions que le programme lui offre si nombreuses, de mettre la culture philosophique en relation avec les problèmes réels que pose la vie morale, sociale, économique des milieux où le jeune homme est appelé à vivre. S'il ne doit pas avoir l'impression que la réflexion philosophique se meut dans un monde à part, sans relation avec celui de la science ou celui de la vie, pourquoi craindrait-on d'aborder devant lui les question "d'actualité" ? Ne vaut-il pas mieux les éclairer à la lumière sereine de la pensée désintéressée que d'attendre le moment où elles se résoudraient pour lui dans l'entraînement des passions, sous l'influence de préjugés sociaux, sous la pression des intérêts, toutes causes d'aveuglement auxquelles, dans une grande mesure, notre élève a encore l'heur d'échapper. Ce n'est nullement introduire la politique dans nos classes que d'y parler des conditions économiques de la vie moderne, des oeuvres d'entraide et de prophylaxie sociale, de l'état démographique de notre pays, de la crise de la natalité, etc.. A quel moment plus favorable nos jeunes gens commenceraient-ils à acquérir le sentiment, et un sentiment réfléchi, de leurs tâches prochaines, qu'à cet âge où l'âme est naturellement généreuse, mais a aussi besoin d'être prémunie contre la légèreté et contre l'utopie.

La méthode

Le professeur est libre de sa méthode comme de ses opinions. Les instructions présentes ne font que confirmer les instructions antérieures : une même méthode ne peut convenir également à toutes les questions ni à tous les professeurs. L'ordonnance du cours, les programme le disent expressément, est laissée à la convenance du professeur. Tel peut avoir ses raisons pour rapprocher des questions qu'un autre dissociera, ou pour aborder son cours par un côté ou par un autre. Ce pourra même être une pratique profitable de poursuivre parallèlement deux partie différentes du cours, par exemple psychologie et morale, logique et métaphysique, etc. Les élèves y trouveront plus de variété, et le professeur plus de facilité pour certains rapprochements utiles.

La seule exclusion antérieurement formulée, et nous devons aussi la confirmer, c'est celle du cours dicté. Mais il peut être utile de dicter soit un cours résumé après la leçon, soit plutôt encore un bref sommaire, qui, fourni avant l'exposé oral, permet aux élèves de bien suivre, en se rendant compte du plan et des articulations qu'il comporte. C’est le complément indispensable du cours librement parlé et le plus propre à économiser le temps. Un tel sommaire, réduit à une quinzaine de lignes, pourrait même être donné autographié aux élèves de façon à éviter toute dictée. Pour la leçon elle-même, la méthode socratique pure aurait des avantages pédagogiques très certains. Mais il ne faut pas oublier que c'est de beaucoup la plus difficile à manier. Elle exige de la part du professeur des qualités exceptionnelles de sobriété dans la parole, de fermeté et de netteté dans la pensée, de prestesse d'esprit pour mettre à profit les réponses et parer aux objections ; en fin de compte, elle suppose chez lui une grande autorité et une prise parfaite sur ses élèves. D'autre part, elle ne peut convenir qu'à des classes relativement peu nombreuses et contenant un nombre suffisant d'élèves intelligents et zélés, capables d'entraîner le reste. Enfin, alors même que toutes ces conditions sont réunies, c'est en tout cas une méthode lente, profitable assurément à l'éveil des esprits, mais dont la surcharge croissante des programmes tend à détourner de plus en plus les professeurs. Elle ne saurait donc, malgré sa valeur théorique, être pratiquement conseillée d'une manière générale ni sans réserves.

Toutefois, même alors qu'on en adopte une autre, il est nécessaire de conserver quelque chose des avantages de la méthode socratique. Même si la leçon est faite ex cathedra, le professeur doit associer autant qu'il le peut les élèves au mouvement de sa pensée, à l'effort d'une recherche présente. La mesure et la forme de cette collaboration de la classe avec le maître peuvent varier à l'infini. Elle sera plus ample s'il s’agit de problèmes de psychologie ou de morale, sur lesquels les jeunes gens peuvent avoir ou croire qu'ils ont déjà quelques lumières. Elle sera plus restreinte si l'on aborde des questions plus difficiles ou plus techniques. mais il est toujours possibles et utile, ne serait-ce que pour détendre et renouveler l'attention, que le professeur s'interrompe de temps en temps pour s'assurer qu'il est compris et suivi. Il provoquera certains rapprochements d'idées, fera découvrir des exemples, ou mieux encore, dans la mesure où il sait avoir affaire à des élèves intelligents et sérieux, il suscitera des questions et des objections. Mais jamais sa leçon ne devra revêtir la forme d'une conférence où l'auditoire reste passif. Quelle que soit sa façon de procéder, le professeur ne remplirait pas véritablement sa fonction s'il ne mettait pas les élèves en état de penser réellement ce qu'il est en train d'exposer, et ne s'assurait pas qu'ils réussissent. D'ailleurs, il les repose de l'effort souvent difficile de suivre une pensée qui leur vient du dehors, et l'appel ainsi fait à leur spontanéité intellectuelle leur sera agréable autant qu'utile. En se montrant accueillant aux questions comme aux réponses souvent naïves ou gauches d'esprits novices, en s'efforçant d'en tirer le meilleur parti, en évitant surtout d'écarter ou de décourager par l'indifférence ou surtout par l'ironie une tentative modeste de réflexion personnelle, le professeur, en même temps qu'il donne une marque appréciée de bonté, met de la vie dans sa classe ; il fait communiquer les esprits, il développe à la fois la personnalité et le sens social des élèves, il fait oeuvre d'éducateur. L'usage d'un manuel ne saurait, en lui-même, constituer une méthode acceptable. A s'abriter derrière un livre, le professeur perdrait son autorité en abdiquant sa personnalité. Ce n'est donc qu'accidentellement qu'il pourra recourir à un manuel, soit pour compléter son cours sur les points où lui-même ne revendique aucune originalité, soit pour gagner un peu de temps. Même dans le cas où, sous la forme d'un cours dactylographié, par exemple, c'est son oeuvre même que le professeur remettrait entre les mains de ses élèves, cela n'irait pas sans quelques inconvénients. Il risque d'être lui-même trop enchaîné à son texte et d'être gêné dans l'effort de rénovation que suppose toujours un enseignement vraiment actif. L'élève, de son côté, fort du texte sûr qu'il possède, se désintéressera souvent de ce qui se fera en classe. Une telle pratique n'est donc favorable ni au progrès personnel, ni à l'autorité pédagogique du maître. Rien ne vaudra jamais ici, la transmission directe et vivante de la pensée par la parole, où vraiment les esprits communiquent. Dans la mesure enfin où le professeur est obligé d'exposer sa pensée ex professo, il est inadmissible que les élèves ne prennent aucune note. On se met alors, en effet, dans la nécessité de répéter sous la forme d'une dictée trop étendue, ce qu'on a déjà dit avec plus d'ampleur et de liberté. Il en résulte une perte regrettable de temps, et aussi de profit : car dans ces conditions, l'élève risque fort d'oublier les développement qu'il aura passivement écoutés sans rien dire et sans rien écrire. De la leçon, il ne conservera qu'un insuffisant résumé dont il croira toujours se contenter. Beaucoup de professeurs se montrent injustement sceptiques sur l'aptitude des élèves à prendre utilement des notes. Nous pouvons affirmer, au nom de l'expérience, qu'au contraire tous peuvent y arriver d'une manière convenable. Il suffit que, dès le début, le professeur y dresse ses élèves, et qu'il conserve toujours dans l'improvisation la plus libre cette netteté d'élocution, cet accent de la parole, cette variété de débit, tantôt plus lent, tantôt plus rapide, suivant l'importance du développement, grâce auquel l'auditeur pourra discerner l’essentiel de l'accessoire, et, sans sténographier, suivre la leçon avec une fidélité intelligente. Que ces notes soient révisées et complétées après la classe, au moment même où l'on étudiera la leçon, et l'élève aura ainsi, sans perte de temps, une série de véritables rédactions qui seront son instrument personnel de préparation au baccalauréat. Ce cours, le professeur en devra contrôler d'une façon suivie la bonne tenue. Qui dit contrôle ne dit pas correction, mais simple prélèvement d'échantillons, surveillance constante du travail de l'élève, sans quoi les meilleurs se relâchent. Le contrôle est une des fonctions pédagogiques les plus essentielles, et l'on a regret de constater qu'elle est souvent trop négligée. La lecture est ici, autant et plus peut-être qu'ailleurs, le complément indispensable de l'enseignement. Le professeur se préoccupera de constituer dans sa classe une bibliothèque philosophique alimentée par les cotisations de ses élèves, et encouragera cette manifestation de solidarité entre les générations successives. Il développera le goût de l'étude et de la recherche personnelle. Il guidera méthodiquement le choix des lectures. La curiosité des jeunes gens, bien qu'il faille lui faire quelque crédit, ne va pas toujours à ce qui peut leur être le plus utile et plus assimilable. Par leur contenu, ces lectures doivent à chaque moment être adaptées aux matières étudiées, par leur difficulté être en rapport avec l’intelligence et le degré de préparation de chacun. Il ne semble pas que l'interrogation doive jamais être, dans la classe de philosophie, une simple récitation de la leçon. Le professeur devra sans doute en user d'abord pour s'assurer que le cours a été révisé et étudié après la classe, mais surtout qu'il a été compris et assimilé. Une bonne interrogation est celle qui renouvelle et complète la leçon, qui en dégage les idées et les conclusions essentielles, qui cherche à provoquer chez les élèves des questions, des objections, une réaction personnelle.

On peut faire une certaine place aux exposés d'élèves : une place discrète toutefois, parce que, sur ce point, il faut compter non seulement avec le peu d'expérience même des meilleurs, mais avec le peu de confiance qu'un camarade inspire à ses camarades. Mais enfin ce peut être incidemment un exercice utile, que nous ne voudrions pas plus proscrire que conseiller sans réserves. le professeur reste juge. Il serait à souhaiter que la sollicitation vint des élèves eux-mêmes : tel s'est personnellement intéressé à une question et désire faire part de sa pensée ; tel autre aura senti vivement la valeur d'un ouvrage et aimera à communiquer à ses camarades le profit de sa lecture. On ne voudra pas décourager ce zèle intellectuel. A l'interrogation proprement dite peuvent s'ajouter quelques exercices voisins qui la complètent. Par exemple, on pourra mettre une question sur laquelle tous auront à réfléchir et qui donnera lieu, à une date fixée, à un entretien, à une sorte de dissertation orale où chacun aura son mot à dire, où peut-être surgira une controverse en règle, dans laquelle, sous la direction et l'arbitrage du professeur, deux protagonistes défendront leur thèse. En tout ceci, nous ne voulons que faire sentir la variété des exercices que comporte une classe de philosophie et qui sont propres à y apporter de la vie, à accentuer l'intérêt direct que les élèves peuvent y prendre. Le professeur n'y sera pas seul à parler et n'y imposera pas une pensée toute faire sans collaboration active de ses auditeurs. L'enseignement philosophique perdrait le plus précieux de sa valeur s'il était tenu avec indifférence et passivité, comme une simple matière d'examen.

Les dissertations doivent tendre à un but analogue. Les sujets en seront choisis de manière à permettre une utilisation du cours sous un aspect nouveau, mais à en exclure une reproduction littérale. Si, même au baccalauréat, on tend de plus en plus à éviter la simple "question de cours" trop favorable à la pure mémoire et à poser de préférence un "problème" philosophique nouveau qui exige l'intervention de la réflexion personnelle et en donne la mesure, à plus forte raison doit-il en être ainsi dans la classe. Ici, plus évidemment encore, la dissertation ne saurait se réduire à vérifier les connaissance acquises : elle doit exercer les jeunes gens à élaborer les idées, à les exposer avec ordre, à composer et à rédiger.

La dissertation est la forme la plus personnelle et la plus élaborée du travail de l'élève de philosophie. C'est là que se mesure pleinement son intelligence. Aussi est-il nécessaire qu'elle soit bien adaptée. C'est pourquoi, surtout dans la seconde partie de l'année, il sera bon de multiplier les questions traitées, mais aussi pour graduer et diversifier les difficultés, qui ne sont pas identiques pour tous. Un travail manqué est peu profitable et il est désirable que chacun se trouve en présence d'une tâche qu'il puisse bien faire et pour laquelle il puisse se sentir quelque goût. Pour la même raison, il ne sera pas mauvais de "préparer" les sujets proposés, du moins pour les plus difficiles, pour en dégager le véritable sens et en faire sentir l'intérêt. Cette "préparation" qui est couramment pratiquée pour bien d'autres exercices scolaires, est ici plus utile encore. Il est très difficile de formuler un texte qui pose très exactement la question que le professeur a en vue. A plus forte raison, les novices peuvent-ils souvent se méprendre sur le sujet à traiter, donner tout à fait à côté, reprendre des banalités sans intérêt, perdre leur temps à réfuter des thèses écartées ou hors de cause, faire fond sur des postulats courants, mais arbitraires. Le premier soin du professeur doit donc être d'éviter ces écarts aux élèves, de leur apprendre à analyser le texte d'un problème, à situer et à circonscrire une question. Si, à l'examen, le candidat est abandonné à lui-même, il faut bien commencer par lui fournir la méthode dont il a besoin pour ce moment et lui en montrer les applications. Dans l'exécution, le professeur tiendra en main non seulement, bien entendu, à la correction de la langue, mais à la composition, qui, en philosophie, peut avoir un caractère plus rigoureux que dans les matières purement littéraires. Il exigera que la dissertation repose sur un plan brièvement formulé. Il enseignera les moyens d'introduire la question au lieu de la poser de but en blanc : il habituera l'élève à présenter sous la forme la plus plausible et la plus forte les thèses qu'il prétend combattre, ce qui est à la fois une affaire de loyauté critique et la condition d'une solide discussion. Il lui fera sentir inversement la convenance d'une attitude prudente et d'une expression modeste dans les conclusions. S'il est déplaisant de voir des jeunes gens de dix-sept ans trancher avec hauteur des problèmes devant lesquels des esprits plus mûrs et plus vigoureux peuvent hésiter, ce n'est pourtant pas une raison pour qu'ils renoncent à prendre un parti, à exprimer avec netteté une décision cohérente à leur discussion. La modestie qui sied à leur âge ne revêt pas nécessairement la forme du scepticisme et de l'indifférence. La fréquence des dissertation pourra varier suivant les circonstances, le nombre et la valeur des élèves, les lectures personnelles dont ils se montreront capables. On peut approuver, dans certains cas, l'alternance d'un simple plan et d'une dissertation en forme.

La matière de l'enseignement

La matière de l'enseignement n’appellera que peu d'observation : à ce point de vue, les programmes sont assez explicites. Sur certains points cependant, quelques explications paraissent utiles. On remarquera d'abord que, dans le programme nouveau de la classe de philosophie, une place un peu plus étendue est faite à la métaphysique. La brièveté de l'ancien programme sur ce point semblait inviter le professeur à se contenter d'un minimum, bien qu'assurément il lui restât loisible de s'entendre sur des questions, qui, de leur nature, sont si amples. C'est avec intention, pourtant, qu'on a, cette fois, dans la rédaction même du nouveau plan d'études, visé à mieux faire sentir cette ampleur, en rapprochant des questions précédemment dispersées, ou en leur rendant leur véritable caractère. Il y a sans doute une forme de métaphysique surannée et peut-être verbale qui n'est pas à encourager, surtout auprès de jeunes esprits. Certains professeurs, envisageant sous cet aspect cette partie du cours, peuvent être naturellement tentés de ne lui accorder qu'un intérêt tout historique et rétrospectif. Mais nous ne sommes plus au temps où une antithèse aiguë et radicale était établie entre la métaphysique et la science positive. Elles nous paraissent beaucoup plutôt s'être rapprochées. Le philosophe n'est plus étranger à la science ni défiant à son égard, et les savants, en raison même des progrès récents, ont acquis en général un sentiment plus net et plus vif de leur science, au moment où, sans avoir touché sa borne, elle est obligée de s'arrêter, suscite des questions que ni l'observation ni la démonstration rigoureuse ne peuvent résoudre, et qui pourtant s'imposent à l'esprit. La métaphysique peut donc, et doit par suite être abordée dans un esprit parfaitement harmonique sinon identique, à celui de la science.

Les programmes nouveaux, d'autre part, n'ont pas cru devoir rétablir un cours distinct d'histoire de la philosophie. Les motifs qui en avaient amené la suppression subsistent. Ce n'est pas seulement le manque de temps, plus sensible aujourd’hui que jamais, mais c'est surtout que l'exposition des systèmes, forcément réduite à une excessive brièveté, perdrait par là toute valeur éducative. Sous la double influence déformante de cette inévitable superficialité et de l'inexpérience des jeunes gens, les plus hautes doctrines d'un Platon, d'un Malebranche, d'un Leibniz, risquaient d'apparaître sous un aspect inintelligible ou même caricatural. Quoi de plus fâcheux qu'une telle impression chez des jeunes gens qu'il est bon d'habituer au respect des grandes manifestations de la pensée ? C'est dire en quel sens doit être compris l'article du programme à option ainsi libellé : "Tableau d'ensemble très sommaire indiquant la suite chronologique et les relations des doctrines et des écoles". Ce n'est à aucun degré une exposition des systèmes qui est visée par là. Il s'agit uniquement d'un travail de coordination historique et théorique des doctrines que le cours aura eu l'occasion de faire connaître, mais d'une façon nécessairement tout à fait dispersée. Quant à "l'Exposé historique d'un grand problème..., etc." il visera justement à faire, sur un point limité, ce qu'il serait impossible de faire sur l'ensemble de l'histoire de la pensée, et à initier ainsi, autant que l'enseignement élémentaire le permet, les jeunes gens à ce que peuvent être dans ce domaine la méthode et l'intérêt d'une étude historique. C'est pourquoi aussi, dans le choix de semblables questions, le professeur soucieux de la portée éducative de son enseignement évitera de s'arrêter à des auteurs ou à des problèmes de second ordre. Il s'attachera au contraire à quelqu'un de ces grands noms qui dominent un siècle et tout un mouvement philosophique, ou à telles questions primordiales dont la solution décide de toute l'orientation de la pensée. Dans le choix enfin de toute matière à option, le professeur saura faire leur juste part et aux motifs tirés de l'intérêt intellectuel des élèves et à ceux qui dérivent de sa compétence propre sur un point déterminé. Car il est utile à la classe comme au maître que celui-ci puisse en quelque mesure donner satisfaction à ses préférences, et continuer à une se cultiver dans une certaine direction, en donnant par cela même aux élèves l’exemple d'une pensée personnelle et un peu approfondie. D'ailleurs, il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer que, même dans cette étude particulière de problèmes plus restreints, le professeur ne devra jamais perdre de vue l'oeuvre d'éducation et de culture générale qui lui incombe. Il faudra donc qu'il se défie d'une érudition qui aurait sa fin en elle-même, d'un vain luxe de nom propres, d'indications bibliographiques ou techniques, de discussions méthodologiques, qui ne pourraient que rebuter la grande majorité des élèves, sans grand profit pour le développement véritable de l'esprit.

Conclusion

Telle est la conception que nous nous faisons de l'enseignement philosophique. Développer les facultés de réflexion des jeunes gens, les mettre en état et surtout en disposition de juger plus tard par eux-mêmes, sans indifférence comme sans dogmatisme, leur donner sur l'ensemble des problèmes de la pensée et de l'action des vues qui leur permettent de s'intégrer vraiment à la société de leur temps et à l'humanité, voilà quelle est, au fond, la fonction propre du professeur de philosophie. Il n'en est de plus belle et il ne saurait s'en faire une idée trop élevée ni trop large. Mais, pour la bien remplir, il faut qu'il sache adapter une si haute ambition au sentiment des moyens modestes dont il dispose, se mettre à la portée des esprits neufs qu'il doit mûrir, s'en faire aimer pour les mieux comprendre et les mieux servir, gagner enfin leur confiance par cette sincérité et cette spontanéité qui touchent si facilement la jeunesse.

Anatole de MONZIE