Évaluation sommative :

Travaux d'élèves

Écriture d'invention : incipit d'un roman.

Registre tragique : texte d'Antoine L.

Pourquoi faut-il, à chaque époque de sa vie, ouvrir une porte sur un monde plein de bonheur mais en même temps, frapper à celle du malheur, de la malchance, du désespoir ? Heureusement, pour moi, les anges et le diable ne viennent qu'à tour de rôle ! Voilà mon histoire, une histoire qui n'a rien de renversant dès lors qu'on ne voit pas son côté le plus sombre. Celui qu'on vit seul à l'âge de six ans : le regard malsain des autres qui nous démonte, mais ne nous remonte jamais. Elle se déroule dans l'école Jean Rostand qui se situe dans la rue Albert Bouzat. Ma classe se trouve au fond d'un long couloir plein de porte-manteaux deux fois trop remplis. Celle-ci, décorée des beaux dessins des années précédentes, est très éclairée grâce à la partie de la pièce, faite d'une douzaine de vitres donnant sur la cour. Le tableau ne me paraît pas grand mais quand il sera rempli, je ne dirai pas pareil... Les tables blanches et grises servent à reposer mon corps fatigué et ma chaise, mal adaptée à ma stature, me fait prendre la position du jeune qui n'est là que pour dormir. Voilà comment commence mon premier jour du CP : pendant que notre sympathique maîtresse nommée Pascale nous expliquait ce qu'on allait faire cette année-là, j'avais déjà les yeux rivés sur la cour. Elle semblait plutôt vieille malgré les nouveaux bancs qui l'encerclaient et le terrain de football sans but, tracé à la peinture blanche, qui n'attendait que moi pour s'animer. Je ne savais pas que cette alléchante cour allait se transformer en un ring où j'aurais à disputer les plus tristes et violents combats de l'histoire du sport.

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Oeuvre reproduite : Le Scribe accroupi, Musée du Louvre, Paris.