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UNE PRINCESSE BIEN MERITANTE

 

ll y a bien longtemps, dans un petit village, à l’orée d’une forêt, vivaient des fermiers qui étaient très pauvres. Ils avaient deux enfants, Mary et Anita. Anita était très malade, depuis quelques temps. Le guérisseur avait dit que ce qui pourrait la guérir, c’était une bonne compote de mûres qui poussent dans la forêt. Mary était chargée d’aller chaque jour chercher des mûres à la fois pour manger et pour guérir Anita.

Or, un jour qu’elle avait ramassé des mûres, elle se perdit en plein coeur de la forêt et se trouva devant un grand et vieux château. Elle frappa à la porte. Un grand homme maigre et mal habillé vint lui ouvrir.
" - Qui es-tu ? Que fais-tu ? dit-il méchamment.
- Je suis Mary, une fille de pauvres fermiers et je me suis perdue dans la forêt.
- Entre !"
La jeune fille qui ne savait pas quoi dire fut obligée d’entrer sans faire d’histoires. Le méchant homme lui donna un poste de servante. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle travaillait pour cet homme, qui la maltraitait lorsqu’elle s’aperçut qu’il était sorcier : elle se fit toute petite. Elle l’avait vu, lorsqu’elle lui avait apporté son dîner, faire une potion pour redevenir jeune.
Alors un jour qu’elle devait aller chercher des herbes dans la forêt pour que le méchant homme fasse une potion, elle ramassa des mûres à la place des herbes, parce qu’elle savait que le sorcier était allergique aux mûres. Et quand elle arriva au château, elle renversa le panier de mûres sur la tête du sorcier qui se transforma en crapaud.

Elle se remit en chemin avec pour seul accessoire un bâton et une fiole en or, qu’elle avait pris chez le sorcier. Dans la forêt, elle rencontra un petit lapin blanc aux yeux rouges. Elle le prit dans ses bras et il lui dit :
" - Bonjour ! Je m’appelle Bouboule et je suis un petit lapin magicien. Un méchant lutin a enlevé mes parents, et je les recherche déjà depuis une semaine."
Mary eut pitié de Bouboule et c’est pourquoi elle lui dit :
" - Je m’appelle Mary, et je me suis perdue dans la forêt en allant chercher des mûres pour ma soeur qui est malade. Je t’aiderai, si tu m’aides à retrouver mon chemin.
- Je suis d’accord. Je vais me transformer en gros lièvre, et tu monteras sur mon dos."
En un mouvement d’oreille, le petit lapin se transforma en un gros lièvre et la jeune fille monta sur son dos. La grosse boule de poils se dirigea vers une petite cabane en fougères, dans laquelle vivait le kidnappeur qui dit en les voyant arriver :
" - Halte-là ! Qui va là ?
- Je suis le bébé des deux lapins que tu as enlevés.
- Ca m’étonnerait, tu ne leur ressembles pas du tout. Tu es gros, et les deux autres lapins sont tout petits et maigres, alors que toi, tu es bien dodu et bon à manger."
Mary descendit du lièvre et toucha, avec le bâton, les jambes de Pipo qui se transformèrent en pattes de canard. Puis elle dit :
" - Si tu ne me dis pas où sont cachés les parents de Bouboule, tes bras seront transformés en branches d’arbre.
- Je préfère souffrir plutôt que de vous dire où ils sont cachés.
- Comme tu voudras !"
Mary mit sa menace à exécution.
" - Maintenant, dis-nous où ils sont et j’arrêterai de te métamorphoser.
- D’a ... d’accord, j ... je vais v ... v ... vous dire où ils sont...
- Dépêche-toi un peu !
- Ils sont dans ma cabane, dans la cage qui est sous la table."
Bouboule se retransforma en petit lapin blanc, avant de rentrer dans la cabane en compagnie de Mary. Dans la cabane, il y avait au moins dix cages dans lesquelles se trouvaient des lapins, des oiseaux et des crapauds. Elle ouvrit les cages des lapins et des oiseaux, mais pas celles des crapauds de peur de voir resurgir le sorcier. Bouboule et Mary sortirent de ce lieu ; pour montrer leur gratitude à Pipo, ils lui donnèrent un livre pour qu’il puisse devenir gentil. Mais, comme ses bras n’étaient que des branches, il ne pouvait l’ouvrir.
La jeune fille raccompagna les parents de Bouboule jusqu’à leur terrier, en oubliant le pari fait avec Bouboule lors de leur rencontre.

Elle se remit en chemin avec la fiole. Elle rencontra un vieil homme qui conduisait un carrosse, dans lequel était assis un charmant jeune homme souffrant, dont elle tomba amoureuse. Elle demanda au cocher :
"- Qui est le jeune homme que vous conduisez et où le conduisez-vous ?
- C’est le fils du roi et je recherche un médecin pour soigner la blessure qu’il a à la jambe.
- Je peux peut-être vous aider, mais je ne sais pas si ça peut être efficace..."
A peine eut-elle fini sa phrase qu’elle aperçut un oiseau blessé à l’aile. Elle s’approcha de lui et lui versa, dans le bec, une goutte de potion, qui venait de sa fiole. Puis l’oiseau se leva et s’envola.
Le jeune homme qui avait suivi la scène de très près, commenta :
"- Essaie ta potion sur moi, et si ça ne marche pas, je ne t’en voudrai pas."
La jeune fille essaya, et comme par miracle, le jeune homme put de nouveau marcher.
"- Je te remercie, entre dans mon carrosse, je te ramène chez toi."

Quelques heures après, le carrosse arrivait devant la ferme. Mary en descendit joyeusement et elle serra ses parents dans ses bras, qui lui demandèrent où elle était passée. Elle raconta son aventure. Puis , elle présenta le prince à ses parents. Celui-ci demanda la main de leur fille. Ils acceptèrent et le mariage eut lieu au château du roi. Anita, la soeur de Mary, fut soignée par le médecin. Depuis ce jour, toute la famille demeure dans le château.

I

Alexandra et Laura. (1999)

Pour retrouver ce conte dans sa présentation originale,  le télécharger au format pdf : princesse.pdf (47,8Ko)

 

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Oeuvre reproduite : Le Scribe accroupi, Musée du Louvre, Paris.