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I/ LA MAISON NATALE: 3, RUE CHATEAUBRIAND |
![]() Hôtel de La Gicquelais, cliché de Michel Dupuis, service communication, ville de Saint-Malo. |
![]() Hôtel de White, cliché de Michel Dupuis, service communication, ville de Saint-Malo. |
II/ L'HÔTEL WHITE : 2, PLACE CHATEAUBRIAND
Les Chateaubriand s' installent en 1771 au premier étage de cet hôtel. François-René y retrouve sa famille âgé de trois ans, à son retour de nourrice. Ils y demeurèrent jusqu'en février 1776, délogés par un incendie survenu dans la nuit du 16 au 17 du dit mois. Au deuxième étage vivait Géril (ou Gesril) du Papeu. Les souvenirs d'enfance de François-René sont intimement liés à cet enfant dont il subissait fortement l'influence. Précisément, lorsque François-René commettait quelque faute, son père l'enfermait dans une pièce du quatrième étage, dont la lucarne lui offrait une vue sur la mer qu'il aimait tant. Satisfaction qui compensait largement la punition infligée. |
| III/ GRÈVE DE L 'EVENTAIL Ce fut un des lieux privilégiés de François-René et de ses amis pour s'adonner à leurs jeux préférés: " Un autre jeu inventé par Géril était encore plus dangereux. Lorsque la mer était haute et qu'il y avait une tempête, les flots en se brisant au pied du château du côté de la grande grève jaillissaient jusqu'aux embrasures des tours à trente pieds d'élévation. Au-dessus de la base d'une de ces tours régnait un parapet étroit, glissant et incliné par lequel on pouvait communiquer à l'ouvrage extérieur qui défendait le fossé du château. Il s'agissait de saisir l'instant entre deux vagues, et de passer rapidement dans l'endroit périlleux avant que le flot se brisât et couvrît la tour; voici venir une montagne d'eau qui s'avançait en mugissant, et qui, si vous tardiez d'une minute, pouvait vous entraîner ou vous écraser contre le mur. Pas un de nous ne se refusait à l'aventure mais j'ai souvent vu des enfants pâlir avant de la tenter".(Mémoires de ma vie, Livre 1, p.76) |
![]() L'éventail, cliché de Michel Dupuis, service communication, ville de Saint-Malo. |
| IV/ LES LIEUX DE PRIÈRE On peut citer les principaux : Chapelle et vestiges du cloître de la Victoire, rue de la Victoire; Chapelle St-Aaron, place St-Aaron; Cathédrale St-Vincent, place Jean de Chatillon. La Cathédrale, lieu hautement symbolique, retiendra toute notre attention, car elle fut pour François-René et le lieu de son baptême et celui de son mariage. |
![]() Cathédrale St Vincent, cliché de Joseph Schweisthal, dessin de Raymond Cornon, ville de Saint-Malo. |
![]() Hôtel de la rue des Grands-degrés, cliché Michel Dupuis, service communication, ville de Saint-Malo. |
V/ HÔTEL LE FER DU PIN : 17, RUE DES GRANDS-DEGRES
C'est le lieu des séjours de la jeunesse et de l'adolescence. C'est aussi celui du mariage clandestin. Ainsi, la mère du futur écrivain exigea que le mariage religieux fût célébré par un prêtre non assermenté. Il se fit donc dans l'hôtel de la rue des Grands-Degrés le 21 février 1792. Cependant, un oncle de Céleste, qui s'était fortement opposé à cette union, dénonce l'illégalité de la procédure et soumet l'affaire devant le tribunal. Céleste, lors du jugement, fut enfermée dans la chapelle du couvent Notre-Dame-de-La-Victoire. Finalement, le consentement de la jeune femme ne fut pas remis en cause. La bénédiction du mariage eut lieu le 19 mars 1792 par un prêtre constitutionnel cette fois, en présence de la seule famille de la mariée. |
![]() Céleste Buisson de La Vigne, cliché de Jean-Claude Philippot, ville de Saint-Malo. |
| VI/ LE GRAND-BE Chateaubriand se félicite dans ses Mémoires de son choix : " (...) j 'avais bien choisi sans le savoir : be, en breton signifie tombe".(Mémoires d'outre-tombe). Après avoir obtenu l'autorisation d'édifier un monument auprès de la municipalité malouine et du Ministère de la guerre, non sans mal, une souscription au tombeau fut ouverte en 1835. L'écrivain fera alors part de ses voeux dans une lettre : " (...) aucun travail de l'art, aucune inscription, aucun nom". Il ajoutera: "aucune date sur la pierre, qui doit porter une petite croix de fer, seule marque de mon naufrage ou de mon passage en ce monde".(Mémoires d'outre tombe) Il meurt dans son appartement parisien de la rue du Bac le 4 juillet 1848, mais le corps ne put quitter la capitale que le 16, à cause de la marée. Dans la matinée du 18 fut réceptionné à Saint-Malo le cercueil. Il fut alors installé dans une chapelle ardente en la cathédrale. Le lendemain eut lieu le transport du cercueil au tombeau par un char traîné par six chevaux noirs. Depuis, on a seulement ajouté sur une plaque ces mots de Vercel: Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n'y entendre que la mer et le vent. Passant respecte sa dernière volonté. |
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ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE
CHATEAUBRIAND, Mémoires de ma vie, Paris, Le Livre de Poche, 1993.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, Paris, Le Livre de Poche, 1973.
Chateaubriand: un regard sur Saint-Malo, catalogue de l'exposition du cent-cinquantenaire, Musée de Saint-Malo, Ville de Saint-Malo, Imprimerie Porcher, 1998.
HEUDRE, Bernard, Le Grand-Bé, Chateaubriand, la mer et le vent, Editions Jean-Pierre Bihr, 1995.
Anne Lecompte, agent de valorisation du patrimoine culturel au Musée dhistoire de la ville de Saint-Malo.
Contact : Pierre Gardenat
pierre.gardenat@ac-rennes.fr
Oeuvre reproduite : Le Scribe accroupi, Musée du Louvre, Paris.