François-René de CHATEAUBRIAND
(Saint-Malo 1768 - Paris 1848)

 

Atala, 1801
René, 1802
Génie du christianisme, 1802
Les Martyrs, 1809
Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1811
Les Natchez, 1826
Vie de Rancé, 1844
Mémoires d'outre-tombe, 1848-1850
récit
récit
essai
roman
récit de voyage
roman
biographie
mémoires
chateau1.jpg (18166 octets)Portrait de Chateaubriand par Anne-Louis Girodet, cliché de Michel Dupuis, ville de Saint-Malo.


"Dans chacune de mes trois carrières..."

François-René de Chateaubriand n'est pas un écrivain en chambre.

La mer et la campagne bretonne furent le terrain des jeux de son enfance et des exaltations de son adolescence. Il s'embarque pour l'Amérique à l'âge de vingt-trois ans. Les Indiens du nouveau monde et la découverte d'une nature à la dimension de ses rêves lui procurent au cours de ce voyage des impressions ineffaçables. A son retour il s'engage dans l'armée des princes (1792). Blessé, réfugié à Londres, il partage alors pendant quelques années l'infortune des émigrés.

La fin de cet exil coïncide avec ses débuts dans la littérature. Parus coup sur coup ses deux premiers ouvrages, Atala (1801) et Génie du christianisme (1802), lui valent une célébrité soudaine et l'amitié de Bonaparte qui le fait secrétaire d'ambassade. L'exécution du duc d'Enghien le pousse cependant à rompre avec le futur empereur (1804).

Il entreprend alors un voyage autour de la Méditerranée (1806-1807) qu'il retrace dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811). Elu académicien cette même année il n'est pas autorisé à siéger, car son hostilité envers le régime ne se dément pas. Mais la Restauration vient relancer pour un temps sa carrière politique. Pair de France, ambassadeur, ministre, mais jamais courtisan, il s'engage résolument du côté des légitimistes et s'aliène de ce fait Louis-Philippe qui l'écarte définitivement en 1830.

Il se consacre dès lors uniquement à l'écriture et emploie toute son énergie à composer ses Mémoires d'outre-tombe. Ebauché dès 1809, repris dix ans plus tard ce monument est pour son auteur   l'occasion de confronter sa vie à l'Histoire en se retournant sur ses trois carrières de voyageur, d'écrivain et d'homme politique.

Chateaubriand fit en sorte d'être inhumé sur le Grand Bé, un ilôt situé face aux remparts de Saint-Malo, au bord de la mer qu'il avait tant aimée.

"Moi, bonheur ou fortune, après avoir campé sous la hutte de l'Iroquois et sous la tente de l'Arabe, après avoir revêtu la casaque du sauvage et le cafetan du Mamelouck, je me suis assis à la table des rois pour retomber dans l'indigence."

 

"L'enchanteur"

Dès son vivant, l'influence de Chateaubriand fut considérable. Succédant aux déchirements de la révolution, l'époque du Consulat était assoiffée de religiosité. Le Génie du christianisme vint combler son attente. Non seulement l'ouvrage ébranlait "l'empire voltairien", mais surtout il faisait entendre des accents inouïs. Il défendait la religion en prenant appui sur sa beauté et sur sa poésie. Publiés à part, le récit des amours d'Atala et les confidences de René étaient l'incarnation de cette sensibilité nouvelle. Dans l'analyse du "vague des passions", dans l'exotisme flamboyant et la magie des descriptions c'est déjà le romantisme qui se faisait entendre.

La voix de Chateaubriand reste pourtant inimitable car l'instrument dont il joue n'appartient qu'à lui. Sa prose lyrique sait en effet moduler le temps de telle sorte que son lecteur est pris par le charme de ses inflexions. C'est de cette force de suggestion qu'elle tient l'essentiel de son pouvoir. Dans sa maturité l'écrivain en usa naturellement avec plus de retenue. Mais les Mémoires d'outre-tombe ne sont pas concevables sans ce style qui apaise la fuite des jours et qui permet au Moi de se construire dans la durée.

L'homme n'a pas besoin de voyager pour s'agrandir; il porte en lui l'immensité. Tel accent échappé de votre sein ne se mesure pas et trouve un écho dans des milliers d'âmes : qui n'a point en soi cette mélodie la demandera en vain à l'univers.

 

Petite bibliographie pratique

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Joël BRULE
Lycée B. d'Argentré
VITRE
joel.brule@lemel.fr