Jean Bodel : jongleur et poète de la région d'Arras, auteur de la Chanson des Saxons, vers la fin du XIIe siècle, ainsi que du Jeu de Saint Nicolas et des Congés (mort vers 1210).

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Roman : nom de la langue issue du latin qui, par extension, caractérisa les textes narratifs, d'abord composés en octosyllabes à rimes plates, écrits en cette langue.

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Les Bretons : Marie se réfère aux "jongleurs" armoricains qui, à son époque, popularisent les récits celtiques dans les différentes cours européennes. En fait de "jongleurs", si tel est bien le sens restreint qu'a conservé le moyen-breton "barz" au XVe siècle, ce mot ne doit pas nous cacher qu'il désigne, à l'origine, un membre de la classe sacerdotale, barde, cf. gaulois bardos, irlandais bárd, gallois bardd, cornique barth, breton barzh que l'on retrouve dans le nom du Barzazh-Breizh. CF. Ogham nos 127-151, janvier 70-décembre 73.

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Lai : chanson - cf. v.irl. laid, laed, irlandais laoidh - composition profane instrumentale ou chantée 'que l'on joue en harpe et en rote' et dont 'bonne en est à ouïr la note', pour citer Marie de France (Guigemar) ; le lai dériverait du chant syllabique de la liturgie (sequentia cum prosa) et qui joue sur le parallélisme de phrases musicales et leur variation. A partir du XIIème siècle, le lai désigne le poème narratif à vers courts et rimes plates. Au XIVème siècle se développera une autre forme de lai, le lai lyrique. On trouve des 'lais de Finn' (Fenian lays) dans la tradition écrite de l'Irlande - Book of Leinster, c. 1160 - puis en Ecosse où la tradition orale en a conservé des vestiges jusqu'au XXe siècle dans les îles Hébrides, sans rapport avec l'Ossian de James MacPherson.

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Jean Marx : ce chercheur infatigable de la Matière de Bretagne a publié "La Légende arthurienne et le Graal" (1952, rééd. Slatkine, 1996) et "Nouvelles recherches sur la littérature arturienne" (Klincksieck, 1965).

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Georges Dumézil : cf Mythes et épopée et les Dieux souverains des Indo-européens. Mais le cœur même du substrat indo-européen affleure dans Owein puis Yvain (il s'agit d'Esclados le Roux), puisque aussi bien, "le thème du chevalier gardant la fontaine a un équivalent, lointain sans doute, mais équivalent tout de même dans le thème grec d'Amikos, gardien de l'eau selon Théocrite" (Le Roux & Guyonvarc'h, Civilisation Celtique, p. 108).

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F. Le Roux & Ch. Guyonvarc'h : cf La Civilisation celtique, Editions Ouest-France Université, 1990, etc.

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Récits mythologiques ou heroîques : on classe habituellement les textes en Cycle mythologique, Cycle héroïque (la Branche Rouge), Cycle de Finn, Cycle des Rois. Ce classement commode du corpus n'empêche pas la transversalité des éléments qui les composent et ne correspond pas à la classification usuelle de l'ancienne Irlande qui opérait par genres : les razzias, les sièges, les amours, les courtises, les enlèvements…

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Manuscrits : "Les principaux recueils de manuscrits de la littérature irlandaise médiévale sont au nombre de quatre : le Lebor na hUidre ou "livre de la Vache Brune" par allusion à la couleur de la reliure (XIe siècle), le Book of Leinster (XIIe siècle), le Yellow Book of Lecan (XIV-XVe siècle), et le Book of Ballymote (XVe siècle)." Ch.-J. Guyonvarc'h, Patrimoine littéraire européen, vol. 3, De Boeck Université.

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Séathrùn Céitinn : mieux connu sous la forme anglicisée de son nom, Geoffrey Keating (1580-c.1644) ; ce prêtre érudit est l'auteur de Foras Feasa ar Éirinn, la plus importante Histoire d'Irlande qui, jusque dans la période précédant l'indépendance, ne devait rien aux historiographes anglais.

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Héros : le héros le plus important de l'Irlande ancienne est Cuchulainn, 'fils' du roi d'Ulster Conchobar (Connor) Mac Nessa ; ses exploits sont racontés dans Táin Bó Cúlnge, la Razzia des Vaches de Cooley (trad. Ch-J. Guyonvarc'h, Gallimard, 1994).

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Mabinogi : le nom de ce corpus évoque le 'disciple' et renvoie au long apprentissage oral auquel devaient se livrer les aspirants poètes de l'ancienne société celtqiue. Le Mabinogi, dont la plus ancienne mise à l'écrit remonterait aux environs de 1060, comprend les quatre branches : Pwyll, prince de Dyfed, Branwen, fille de Llyr, Manawyddan, fils de Llyr et Math, fils de Mathonwy. Les deux principaux manuscrits sont le Livre Blanc de Rhydderch, pouvant dater de 1300-1325, et le Livre Rouge de Hergest, datant de 1375-1425. Le manuscrit de Peniarth 6 (XIIIe siècle) propose des versions partielles de la seconde et de la troisième branche. Dans le Livre Blanc et le Livre Rouge figurent également le Songe de Maxen, Lludd et Llevelys, Kulhwch et Olwen, le Songe de Ronabwy, Owein et Lunet, Peredur uab Evrawc, Gereint et Enid.

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Léon Fleuriot : universitaire breton (1923-1987) qui fut le spécialiste des 'origines' de la Bretagne armoricaine et dont les chapitres qu'ils a écrits pour l'Histoire Littéraire et Culturelle de la Bretagne (Balco et Le Gallo, 1987) énumèrent nombre de sources intéressantes en même temps qu'ils éclairent le contexte qui les a produites ; un chapitre de J.Cl. Lozac'hmeur complète cette contribution fondamentale.

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Fin'amor : La fin'amor traduit la soumission de l'amant à sa Dame, souvent aimée en secret et hors du cadre matrimonial, sans nécessairement recherche du plaisir.

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Purgatoire : l'Espurgatoire seint Patrice (traduction par Marie de France du Tractatus de Purgatorio sancti Patricii du cistercien anglais Henri de Saltrey, écrit après 1189) dans la littérature continentale ; Malachie, saint moine irlandais, ami de Bernard, a pu favoriser sur le plan religieux le passage qui s'était fait sur le plan littéraire (la théologie latine ne parle pas de purgatoire avant le Concile de Florence au XVe siècle).

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Guillaume IX : Guillaume de poitiers (1071-1127) est considéré comme le premier troubadour.

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Thibaud de Blois : Thibaud est le propre frère d'Henri. Il est également à noter que leur sœur Aéliz devint, en 1160, la troisième femme de Louis VII ; elle figure parmi les six Dames dont les 'jugements' d'Amour sont consignés par André Le Chapelain.

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Richard Coeur de Lion : roi d'Angleterre de 1189 à 1199 ; épouse Bérengère de Navarre. Richard était en fait le 3ème fils d'Henri et d'Aliénor mais Guillaume mourut à 3 ans et Henri le Jeune, marié Adélaïde, fille de Louis VII, s'éteignit en 1183 à 28 ans. Richard fut un également un poète talentueux.

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Jean Sans Terre : roi d'Angleterre de 1199 à 1216 ; épouse Isabelle d'Angoulême ; son sénéchal d'Aquitaine, Savaric de Mauléon, fut un seigneur 'fastueux et libéral".

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Mathilde : épouse Henri 'Le Lion' de Saxe (1129-1195).

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Geoffroy : Geoffroy, par son mariage avec Constance de Bretagne (fille de Conan IV), hérite de la dignité de Duc, en fait quelque peu accaparée par Henri de 1166 à 1175. Geoffroy et Constance auront deux enfants, baptisés de façon significative Arthur et Aliénor… Arthur deviendra Duc de Bretagne à la mort de son père, soit de 1186 à 1203, date à laquelle il est assassiné sur ordre de Jean sans Terre. Philippe-Auguste (1165-1223, roi en 1180) désignant Alix, demi-sœur d'Arthur, issue d'une union de Constance avec Guy de Thaouars, comme héritière du Duché et la mariant à Pierre de Dreux, arrière-petit-fis du roi de France Louis VI, l'Histoire de Bretagne connaîtra encore un Duc Arthur (1305-1312), puis un autre, de la Maison de Montfort (1457-1458).

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Aliénor : épouse Alphonse VIII de Castille, futur vainqueur de Las Navas de Tolosa (1212), épisode décisif de la Reconquête.

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Jeanne : épouse successivement Guillaume II Le Bon de Sicile, roi très épris de culture, puis, après de la mort de celui-ci, Raymond VI de Toulouse (1196) ; ce dernier sera très directement impliqué dans les expéditions contre les Albigeois.

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Bernard de Ventadour : né vers 1120, d'origine modeste mais devenu l'un des plus grands troubadours, il servit à la cour d'Aliénor, puis de Raymond V avant de mourir à l'abbaye de Dalon en 1194.

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Bertand de Born : Vicomte de Hautefort, ami et allié du roi Richard, mourut vers 1215 lui aussi à l'abbaye de Dalon ; ses sirventes (chants satiriques et provocateurs) lui feront, avec Dante, une réputation de poète de la guerre et des combats.

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Dédicaces : Marie de France dédie ses Lais à Henri II (1154-1189), 'en l'honnur de vus, nobles reis, ki tant estes pruz e curteis…' (prologue) cf. sa dédicace des Fables (d'après Esope) au cunte Willalme, le plus vaillant de cest reialme, sans doute Guillaume de Mandeville, comte d'Essex ( + 1189) Voir aussi les dédicaces de Chrétien.

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Barde : "poète" ayant pour spécialité la poésie parlée (et surtout chantée) exprimant la louange et le blâme. Il a été supplanté en Irlande par le "file" ou voyant, à l'origine un devin qui avait la satire et la magie dans ses attributions" F. Le Roux & Ch.-J. Guyonvarc'h, La Civilisation celtique, p. 201.

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Bernard de Clairvaux : ce moine réformateur de la Règle bénédictine, né en 1091, a obtenu, en 1128, la reconnaissance de l'Ordre du Temple par le Concile de Troyes et écrit sa "Louange à la Milice Nouvelle", De Laude Novae Militiae en 1130. La 1ère Croisade avait eu lieu de 1095 à 1099 et s'était terminée par la prise de Jérusalem). A sa mort, l'Ordre de Cîteaux s'est étendu sur toute l'Europe occidentale ; les liens entre Bernard et les dynasties européennes sont réels, l'influence cistercienne sur les façons de penser de la société féodale est certaine, jusque chez l'auteur anonyme de la Quête du Graal. S'opposant aux "écolâtres" (controverse avec Abélard) mais initiant l'art gothique (controverse avec Cluny), prêchant la Croisade et s'opposant aux violences antisémites, Bernard représente de façon paradoxale mais significative son époque.

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Benoît de Saint-Maure : Benoît, qui dédie le Roman de Troie à Aliénor, composera entre 1173 et 1185, une Estoire des Ducs de Normandie, commandée par le roi d'Angleterre, s'inspirant des chroniques de Guillaume de Jumièges, Guillaume de Poitiers et Dudon de Saint-Quentin. De ce dernier, il adopte et théorise la tripartition de la société féodale, thème qui sera repris pa son proche Etienne de Fougères. Cf. Georges Duby, Les Trois Ordres ou l'Imaginaire du Féodalisme, Gallimard, 1978. Cette tripartition ne peut pas être simplement superposée aux trois fonctions de la société indo-européenne.

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Etienne de Fougères : ce Breton, chapelain du roi d'Angleterre devint évêque de Rennes ; dans son Livre des Manières (soit le livre des genres, des façons de vivre) publication la plus ancienne de la Bretagne romane, il dépeint à des fins homélitiques, la société féodale : "Li Clerc deivent por tot orer,/ li chevalier sans demorer/ deivent defendre et ennorer,/ et li païsant laborer./Terres arer, norir aumaille/sor le vilain est la bataille,/ quar chevalier et clerc sanz faille/ vivent de ce quë il travaille…"

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André le Chapelain : le chapelain de Marie de Champagne, protectrice de Chrétien de Troyes, épouse d'Henri 1er le Libéral.

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Guillaume le Breton : ce Breton léonard né vers 1165, devenu chapelain de Philippe-Auguste, laissa une chronique et un long poème qui témoignent bien de ce qu'étaient la guerre et la bataille au début du XIIIème siècle, il mourut en 1226. Un extrait de son œuvre a été publié, avec de passionnants commentaires par Georges Duby, "Le dimanche de Bouvines", Gallimard 1973.

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Oeuvre reproduite : Le Scribe accroupi, Musée du Louvre, Paris.