La distinction entre
l'histoire et la mémoire est un débat entre les historiens ; elle doit
aussi être un débat civique car "celui qui a le contrôle du
passé a le contrôle du présent" (G. Orwell).
Depuis 1944, la Seconde Guerre mondiale est utilisée pour légitimer,
condamner, absoudre par plusieurs constructeurs de la mémoire
collective. Étudier cet usage du passé, c'est aborder l'histoire de la
France depuis la guerre par une autre voie ; c'est aussi poser la
question de la responsabilité sociale de l'historien.
1944-1947 : LA
CONSTRUCTION DES MYTHES
- Les enjeux pour la
mémoire collective à la fin de la guerre
Redonner à la France une identité positive
Légitimer le pouvoir des forces politiques
issues de la Résistance
- La bataille des
mémoires communiste et gaulliste de la Résistance
Une course de vitesse de la mémoire : le
24 et le 25 août 1944 à Paris
La commémoration de 1945 : la mise en scène
des deux mythes
- La triple fonction des
deux mythes dominants : refouler, légitimer, intégrer.
1947- 1968 : LA NAISSANCE
D'UNE CONTRE-MEMOIRE ET L'APOGEE DU " RESISTANCIALISME"
- la réapparition des
droites et la mise en cause de la Résistance
1947 : un mot nouveau, le "résistancialisme",
utilisé par l'extrême-droite
1948 : L'abbé Desgranges
1950 : le colonel Rémy
-Les mémoires, des instruments du combat politique au plus fort de
la "Guerre froide" (1947-1954)
- L'apogée du mythe gaulliste de la Résistance de 1958 à 1968
Le rejeu de la mémoire de la Résistance
pendant la Guerre d'Algérie
La construction de l'identité de la
République gaullienne
1968-1999 : LA MISE EN
CAUSE DES MYTHES
- Le "retour du
refoulé" ou quand une mémoire dévore une autre mémoire
Au début des années 70, le retour de
Vichy
A la fin des années 70, la mémoire de la
Shoah
- L' "ère du soupçon", de 1985 à 1999
Fin des mythes, déclin du gaullisme et du
communisme, et effets de la médiatisation
Des révisions de la mémoire sous et sans
contrôle de l'histoire
Conclusion : l'historien
entre le devoir de mémoire et le devoir d'histoire.
