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La
guerre d' ALGERIE
Documents d'introduction
présentés par le conférencier : -
une photographie d'un monument, au coeur d'une zup d'Amiens, en hommage
aux
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"PIEDS NOIRS ET HARKIS FILS DE FRANCE" |
- la photographie d' un monument à la
gloire des enseignants d'Algérie, prise au Mt St Clair, à Sète, avec
pour inscription :
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" SE SOUVENIR TOUJOURS
1830- 1962
A LA MEMOIRE DE TOUS
LES ENSEIGNANTS D'ALGERIE
NOTAMMENT
LES MILLIERS D'INSTITUTEURS ET
INSTRUCTEURS QUI
CONSACRERENT LEUR VIE ET
SOUVENT
LA SACRIFIERENT
AU
SERVICE DE LA FRANCE |
- le monument aux morts de la commune de Primelin, près de la Pointe du Raz en Bretagne,
avec l'inscription : "T O E" (Théâtre des opérations
extérieures).
- des articles du journal Le Monde du 16 et 17 janvier 2002, avec pour
titres :
" Le 19 mars devrait devenir une journée du souvenir de la guerre
d'Algérie"
" La mémoire de la guerre d'Algérie ravive les dissensions à
l'Assemblée".
Sur les Mémoires Les
mémoires de la guerre d'Algérie sont très chaudes, car elles sont
plurielles comme on peut s'en rendre compte à la lecture des articles du
monde précédemment cités. La pluralité des mémoires s'explique du
fait qu'il s'agit d'une guerre civile ; et dans une certaine mesure, on
peut dire que la guerre d'Algérie se prolonge par la "guerre des
mémoires".
DU CÔTE DE LA FRANCE :
Jusqu'au 18 octobre 1999, les évènements
d'Algérie furent qualifiés de "guerre sans nom" ; à partir
d'octobre 1999, la guerre d'Algérie est reconnue officiellement et
remplace l'expresssion du T.O.E. (théâtre des opérations
extérieures).
Pourquoi l'avoir appelée "guerre sans nom" ? il y a la
mauvaise conscience d'avoir fait une sale guerre, mais aussi d'avoir
abandonné l'Algérie. La commémoration du 19 mars 1962 (fin des
opérations militaires) ne fait pas l'unanimité, car entre mars et
août 1962, des exactions ont été commises contre les populations
civiles. Arrêter la guerre au cessez-le-feu de mars 1962 apparaît
insupportable à certains, notamment aux porteurs de la mémoire
des Harkis (peut-être 100 000 exécutés par le FLN), ou aux porteurs
de la mémoire des français tués jusqu'au milieu de l'été 1962.
Sur le sujet, les publications écrites, filmographiques sont abondantes.
Parmi ces publications, les ouvrages de B. Stora font autorité ; il
développe la théorie du sudisme ou la "mémoire de l'extrême-droite"
: la mémoire portée par l'extrême-droite et les rapatriés s'est
renforcée et s'est transformée en "sudisme" à la française
(il fait le rapprochement avec la défaite des blancs américains en
1865) ; le Front National développe l'idée que l'immigration est la
revanche des colonisés et que l'Islam est incompatible avec la
République comme l'a montré, selon lui, l'échec de l'intégration en
Algérie.
Rapprochement est fait entre la mémoire de la
seconde guerre mondiale et la mémoire de la guerre d'Algérie :
l'armée
française s'est-elle comportée comme les nazis ? la torture pratiquée
par l'armée française entre 1954 et 1962 utilisait-elle les mêmes
méthodes que les allemands ? Pervillé rejette cette opinion, car la
situation de l'Algérie était très différente de celle de la France
occupée. Il faudrait aussi tenir compte de l'échec de la France en
Indochine.
On rappellera que la torture a été
systématique, généralisée, demandée et cautionnée par le pouvoir
politique ; et la torture a été utilisée pour soumettre et non pour
avouer. Commencée avant la guerre, elle a été systématisée après
1954. Elle apparaît comme un instrument pour faire perdurer la
colonisation ; ce n'est donc pas une "bavure". Il faudrait
encore percevoir le rôle de la guerre froide : combattre le FLN, c'est
aussi lutter contre le communisme. Sont-ils coupables de crime contre
l'humanité ? Depuis 1962, pour des raisons propres aux gaullistes, on a
amnistié tout ce qui relève de la guerre d'Algérie ; par volonté
d'apaisement, on a établi une mémoire officielle d'occultation.
Sur la question du devoir de mémoire : le
président algérien Bouteflika a demandé le devoir de repentance.
Douze personnalités en novembre 2000 ont demandé à la France de
reconnaître les actes de torture et sa culpabilité, car les valeurs de
la Républque n'ont pas été respectées entre 1954 et 1962. C'est un
fait de la République de 1954 à 1962, mais ce n'est pas la République
actuelle qui doit se repentir.
Pour J. Julliard qui a écrit "le cancer
algérien", la République a demandé à l'armée de faire le sale
boulot. DU CÔTE DE
L'ALGERIE :
La lutte pour l'indépendance a été
hyper-commémorée et les statistiques ont été gonflées : on a
évoqué le chiffre de 1.500.000 morts, et aujourd'hui, la vérité se
situerait vers les 300.000 victimes ; les évènements du 8 mai 1945, à
Sétif et Guelma, auraient fait 10.000 victimes selon les historiens, et
non 45.000 morts si l'on entend les sources officielles. Depuis 1992,
les militaires et les islamistes font rejouer la mémoire de la guerre :
pour les militaires, les islamistes sont les fils de harkis qui prennent
leur revanche. La guerre d'Algérie se prolonge ainsi par l'affrontement
des mémoires. La jeune génération en Algérie porte la
contre-offensive à cette mémoire officielle. LA
RIVALITE ENTRE LES MEMOIRES :
Les mémoires autour des évènements du 17 octobre 1961 : M. Papon,
préfet de police de Paris, ordonne d'appliquer le couvre-feu pour les
"musulmans français" ; cette mesure à caractère
discriminatoire provoque une réplique de la communauté musulmane sous
la forme d'une manifestation à la demande de la Fédération des
musulmans de France : les algériens convergent en masse dans Paris et
subissent les représailles violentes et meurtrières de la police
française ; la presse annonce 3 morts ! En mars 1962, un décret
d'amnistie est prononcé, tandis qu'en février, la gauche française
avait manifesté contre l'O.A.S. ; au cours de cette manifestation, des
heurts violents avec les compagnies républicaines de sécurité
font 9 morts à la station de métro Charonne. Charonne devient un lieu
de mémoire qui fait oublier le 17 octobre 1961 ; les deux mémoires
rivalisent pendant vingt ans, et ce n'est que l'arrivée de la gauche au
pouvoir en 1981 qui permet de réactiver la mémoire d'octobre 1961. En
1985, la première commémoration du 17 octobre 1961 est initiée par
S.O.S. Racisme ; c'est la mémoire produite par les "Beurs".
La République reconnaît qu'il y a eu un nombre importants de victimes,
les estimations allant de 50 à 300 morts. Le 17 octobre 1961 n'a pas
fait l'objet d'une véritable travail de critique historique
pendant longtemps ; le travail de mémoire a été conduit par des écrivains et des
cinéastes.
Sur
les faits de la guerre d'Algérie
1- Les représentations, mythes et réalités coloniales "
... l'Algérie, c'est la France" (extrait
du discours de F. Mitterrand à l'Assemblée Nationale le 12 novembre
1954)
L'Algérie avec ses trois départements est conçue comme un
prolongement de la métropole au-delà de la Méditerranée ; et c'est
un devoir, inspiré par la philosophie des lumières, que la métropole
a de civiliser les peuples dans les ténèbres. Les appelés du
contingent qui arrivent ont leur représentation de l'Algérie, vue de
France ; ils découvrent physiquement une autre civilisation.
L'enseignant montrera les représentations mentales du moment et les
réalités coloniales (partir du discours de F. Mitterrand et d'un
tableau quantitatif sur les réalités socio-économiques.)
Sur l'état d'esprit entre la communauté européenne et algérienne,
après la répression de mai 1945 à Sétif et à Guelma : Extraits
du rapport du général Tubert
2- La violence : une culture de guerre Elle
prend différentes formes : la violence contre la norme, la violence
coloniale ou institutionnelle ou violence d'Etat, la violence symbolique
avec les expressions humiliantes ...
Le FLN pratique un terrorisme démoralisateur ;
les combattants algériens sont des "moudjahidin" qui ont
baigné dans une culture de guerre.( Editorial du premier
numéro de "El Moudjahid" en juin 1956)
Les français mènent une guerre civile avec
violence institutionnelle qui utilise la torture.
3- Les acteurs - Les
faiseurs de la guerre : la plupart des partis politiques acceptent la guerre
sous le poids de la mémoire coloniale et de l'influence du lobby
colonial à l'Assemblée. Le pouvoir est abandonné à l'armée et ,
face à la "djihad", certains officiers s'érigent en
"croisés".
Quant à l'opinion française, en 1956, elle bascule vers la paix.
- les faiseurs de la paix : les intellectuels catholiques ( François
Mauriac, le Journal Témoignage Chrétien), la seconde gauche issue de
la démocratie chrétienne, l'Union des étudiants de France en dialogue
avec l'Union des étudiants algériens, les insoumis au sein de l'armée
, le mouvements de soutien à la cause du FLN ou de défense des
insoumis ("Le manifeste des 121", 1960)

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