HISTOIRE DU SERVICE MILITAIRE

 

INTRODUCTION

Nous allons vous retracer l’histoire du service militaire pour voir quand et comment il s’est ancré dans la mémoire collective et comprendre les rôles qu’il a pu jouer à différentes époques. La présentation se décompose en cinq parties :

1789 – 1871 : entre volontaires et conscrits

1872 – 1905 : vers le service pour tous.

1913 – 1940 : réserves ou armée de métier

1940 – 1945 : quid du service militaire

De 1945 à nos jours

 

I) 1789 – 1871 : entre volontaires et conscrits

De la Révolution française à Sedan

En 1789, la conscription est unanimement condamnée par les Cahiers de Doléances. Lorsque la guerre contre les puissances européennes éclate en 1791, l’armée française est dans un état lamentable.

Dans un premier temps les autorités font appel à des volontaires, mais leur nombre est insuffisant. C’est ainsi que le 24 février 1793 une première levée de 300.000 hommes est décrétée par la Convention. Ce sont les autorités installées dans les départements qui doivent procéder au recrutement des contingents prévus ; elles peuvent recourir au procédé de leur choix pourvu qu’elles fournissent le nombre d’hommes demandé. Cela signifie que selon les départements, il a pu y avoir désignation pure et simple, appel à des volontaires, tirage au sort … on est loin des conditions de recrutement de la Ve République

Puis vient la « réquisition permanente » à partir de la levée en masse ordonnée le 23 août 1793.

Officiellement la conscription n’est rétablie que par la loi Jourdan du 19 fructidor an V (5 septembre 1798) : le service militaire est perfectionné : tous les Français sont astreints au service de 5 ans entre 20 et 25 ans. Ils forment 5 classes et, selon les besoins de la guerre – et lors des campagnes napoléoniennes, ils sont importants -, chaque année ils y a une ou plusieurs classes appelée(s) sous les drapeaux. Lorsque la situation militaire de l’Empire se dégrade, il y a rappel des classes libérées et anticipation de l’appel des classes futures (les jeunes de 18 ans ). Dans ces conditions on comprend que la conscription ne soit pas populaire dans le pays.

Lorsqu’elle est abolie par Louis XVIII, les Français applaudissent. Pourtant ,assez rapidement le nombre de volontaires se révèle insuffisant pour former une armée véritable. En 1818 se met en place un système inégalitaire d’appel annuel du contingent par tirage au sort avec autorisation de payer un remplaçant si on avait tiré un « mauvais numéro » ; Ce système inégalitaire dure un peu plus d’un demi siècle avec pour simples variation la durée du service :

6 ans de 1818 à 1824

8 ans de 1824 à 1832

7 ans à partir de 1832

 

1870 – 1872 : parer au plus pressé

Après la défaite de Sedan, c’est le gouvernement de Défense Nationale qui dirige la guerre contre les armées prussiennes. De quelles ressources humaines dispose-t-il ?

Peu à vrai dire :

75.000 hommes aguerris.

La classe 1869 levée en hâte en août 1870 soit 90.000 hommes inexpérimentés

Les 365.000 hommes de la Garde Mobile constituée des non appelés des différentes classes d’âge alors sous les drapeaux.

Dans l’urgence le gouvernement mobilise la classe 1870 en octobre, puis tous les hommes célibataires ou veufs sans enfants en novembre. De plus 30.000 hommes s’engagent volontairement pour la durée de la guerre

 En fait du 4 septembre au 2 février, l’armée française passe de 525.000 à 1.000.000 d’hommes. Ce sont les préfets qui ont été chargés du recrutement, malgré leur manque de compétence dans ce domaine. L’armée ainsi recrutée manque cruellement de cadres.

D’avoir du agir dans l’urgence dans le domaine militaire, et en particulier dans celui du recrutement a clairement posé aux hommes politiques de l’époque le problème de la modernisation de l’armée française. Les questions militaires, en particulier celles du recrutement, de l’organisation et des cadres font alors l’objet d’âpres discussions politiques.

Thiers et les royalistes sont partisans d’une armée de métier.

Les Républicains, eux désirent une armée de citoyens – soldats, défenseurs de la Patrie mais aussi de la République. Ils conçoivent le service militaire obligatoire comme un dogme.

De ces débats sortent trois lois qui donnent les assises de l’armée française jusqu’à la Grande Guerre :

La loi du 27 juillet 1872 sur le recrutement

La loi de 1873 sur l’organisation de l’armée

La loi de 1875 sur les cadres de l’armée

 

Le siècle qui sépare la fin de l’Ancien régime de la IIIe République a donc été caractérisé par un recrutement plus conjoncturel que structurel : on recrutait pour faire face à des besoins du moment pendant les périodes révolutionnaires et de guerres, on maintenait une armée minimale en temps de paix. Les limites de ce système sont apparues cruellement : que pouvaient des jeunes recrues non expérimentées face à une armée prussienne constituée de 750.000 soldats recrutés de façon égalitaire, formés et qui pouvaient de plus compter sur des réserves instruites en cas de prolongation du conflit. La loi de 1872 tire pleinement les leçons de la défaite de Sedan.

 

II) 1872 – 1905 : vers le service pour tous.

la lois du 27 juillet 1872 : un principe et des exceptions

Le rapporteur de la loi, le marquis de Chasseloup – Laubat, présente le service militaire comme « une nécessité  sociale qui s’imposerait à notre pays alors même que la défense de notre sol ne le commanderait pas impérativement »

En disant cela, il avance en fait deux idées :

le service militaire est un lieu de création de lien social

par là même, il contribue à l’unité nationale.

Dans son article 1, la loi stipule que «  tout Français doit le service militaire personnel ». Cela, c’est le principe. Mais il faut tenir compte de deux facteurs :

les possibilités budgétaires

le temps jugé nécessaire pour former un soldat

La durée du service militaire est fixée à 5 ans dans l’armée d’active. Puis les conscrits restaient dans la réserve pendant 4 ans. Enfin, ils appartenaient à la territoriale pendant 11 ans, ce qui en tout faisait 20 ans d’obligations militaires pour tous … en théorie.

En fait, si le système du remplacement était supprimé, la loi maintenait de nombreuses inégalités :

Il y avait un système de dispenses très libéral qui concernait :

Les ecclésiastiques

Les enseignants

Les soutiens de famille

Les élèves des grandes écoles qui s’engageaient à servir dans la fonction publique pendant au moins 10 ans

Par ailleurs, comme il était impossible de financer l’incorporation de la totalité des contingents pendant 5 ans, un système de tirage au sort avait été mis en place : ceux qui tiraient les « bons numéros » ne devaient effectuer que 12 mois, voire 10 ou 6.

Les apprentis pouvaient obtenir un sursis d’un an renouvelable.

Les jeunes gens qui pouvaient s’équiper et être entretenus à leurs propres frais pouvaient souscrire un engagement volontaire d’un an, ce qui leur évitait un service long en cas de tirage d’un « mauvais numéro »

è En fait seulement 40 % d’une classe d’âge effectue un service de 5 ans. On est assez loin du principe du service pour tous, mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque : il s’agit de ne pas braquer une opinion publique qui n’est de loin pas encore entièrement ralliée à la République : on ménage la bourgeoisie, les campagnes ou on a besoin de bras. Mais la situation politique évolue lentement

 

La loi du 17 juillet 1889 et le rôle social du service militaire

Cette loi fait progresser l’application du principe d’universalité. En effet, si la durée du service militaire actif est réduite à 3 ans, il n’y a plus désormais de dérogations totales :

Les « dispensés » doivent désormais un service d’un an ( bacheliers et étudiants ne font que 10 mois).

Les exemptés du service actif sont affectés à un service auxiliaire : construction de voies ferrées, manutention, services d’état major.

Le tirage au sort subsiste et ceux qui on tiré un bon numéro continuent à n’effectue qu’un an de service actif

Cependant, tous ceux qui sont d’une façon ou d’une autre privilégiés par le système, c’est à dire tous ceux qui ne font qu’un an ( dispensés et tirage au sort) et ceux qui servent dans les services auxiliaires doivent payer une taxe militaire qui « compense » en quelque sorte leur régime de faveur.

 Avec ce système, un tiers de chaque classe d’âge ne fait qu’un an. Pourtant le rôle social du service militaire est important à la fin du XIXe siècle, et ce au moins à trois titres :

C’est un moment d’initiation à la modernité pour des millions de jeunes gens issus du monde rural. Pour eux, en effet, le service militaire est tout à la fois :

L’initiation au maniement d’équipements plus sophistiqués que l’équipement agricole qui leur est familier

La découverte de la ville

La découverte d ‘éléments de confort comme l’eau courante

 

C’est la confrontation avec d’autres mœurs et coutumes :

Alimentaires : au service militaire, la jeune recrue mange de la viande tous les jours

Vestimentaire : il faut abandonner pour un temps les sabots et habituer ses pieds aux godillots.

C’est un facteur de cohésion sociale

En effet, comme le rappelle Pierre Jaquez Hélias dans « le Cheval d’orgueil », le service militaire est l’occasion d’un apprentissage ou d’un ré-apprentissage pour ceux qui ont fréquenté l’école de la langue française pour tous ceux qui ne parlent que le patois ou leur langue régionale au quotidien.

Tout ceci s’accentue encore avec la loi de 1905

 

La loi du 21 mars 1905 : «  les curés sac au dos »

C’est elle qui marque l’origine du service national selon les conceptions qui ont été en vigueur jusque sous la Ve République :

Toute dispense est exclue au nom du principe républicain d’Egalité

Seules les raisons de santé permettaient d’être exempté ou affecté aux services auxiliaires

Aucune dispense n’était accordée pour les soutiens de famille mais il y avait la possibilité pour la famille d’obtenir une compensation financière le temps de l’incorporation

Un sursis pouvait être accordé aux soutiens de famille, aux apprentis, aux exploitants agricoles et aux étudiants

Enfin, le service actif était limité à deux ans. Cette dernière mesure devait se combiner avec une instruction plus poussée des réserves, mais le commandement militaire ne croyait pas à l’efficacité de ces dernières.

 

Cette loi de 1905 est l’aboutissement du processus entamé en 1872. La disparition des exemptions et des traitements de faveur est à mettre en parallèle avec l’adhésion de la population française à la République et à ses valeurs.

Cette adhésion est largement due à l’école de la IIIe République

Il y a des liens forts à l’époque entre école, patriotisme, nationalisme et militarisme

 

III) De nouveaux débats ressurgissent : réserves ou armée de métier ?

les débats de 1913

Les lois allemandes de 1912 et 1913 avaient porté les effectifs actifs de l’armée impériale allemande à 850.000 hommes. A la même époque, il n’y avait que 540.000 hommes dans l’armée française. L’état major s’inquiète de cet état de chose. Les généraux veulent rétablir un service militaire de trois ans pour rééquilibrer les forces. S’ouvre alors le débat politique entre quantité et qualité :

La droite est favorable à une quantité maximale d’hommes en service actif, donc elle prend position pour un service de trois ans.

La gauche radicale et socialiste affirme sa confiance dans les réserves, c’est à dire dans la qualité de la formation reçue.

C’est la droite qui l’emporte et le service est rallongé à trois ans

 

Entre les deux guerres mondiales

Dès la fin de 1919, dans un discours à Béthunes, Pétain évoque un service militaire d’un an.

De fait, au nom d’une politique budgétaire rigoureuse, le service militaire est ramené à 18 mois en 1923. L’idée dominante des années vingt est celle d’une armée défensive, tant dans le monde politique qu’à l’état major composé de chefs glorieux mais vieillissants. Pour tous, ce qui a marché à Verdun reste valable en cas de conflit . C’est dans cette perspective qu’en 1928 débute la construction de la ligne Maginot et que le service militaire est raccourci à un an. Seul Foch voudrait conserver une force offensive en cas de réarmement allemand ou de nécessité d’intervention auprès de nos alliés d’Europe centrale

Autre voix discordante, celle du lieutenant colonel Charles De Gaulle dans son ouvrage publié en 1934 « Vers l’armée de métier ». Son idée est de compenser l’infériorité démographique française/ Allemagne – les premières classes creuses de la Première Guerre Mondiale vont arriver à l’âge du service militaire- par la création de 6 divisions blindées de soldats professionnels. La conscription serait toutefois conservée pour appuyer ces éléments professionnels. Ses propos ne sont pas pris en compte par l’état major.

En 1936, alors que le réarmement allemand est déjà bien avancé et qu’outre Rhin un service militaire de deux ans est rétabli, le Front Populaire décide outre une rallonge budgétaire pour l’équipement de refaire passer le service militaire à deux ans et de nationaliser l’armement, ce qui est approuvé par les militaires. Mais il est déjà bien tard.

 

IV) 1940 – 1945 : Quid du service militaire ?

1) Le service militaire et les conditions de l’Armistice

Les termes de l’armistice du 22 juin 1940 stipulent que «  les forces armées françaises doivent être désarmées et démobilisées à l’exception d’un contingent nécessaire au maintien de l’ordre intérieur (100.000 hommes sans recrutement) et d’une partie de la flotte nécessaire à la sauvegarde des intérêts de la France dans ses colonies ».

Cela signifie la suppression du service militaire.

Mais à partir de là et même du 18 juin , le sort des jeunes Français diverge

 

2) Vichy et les Chantiers de Jeunesse

Pour tous les jeunes gens de la Zone Libre, le gouvernement de Vichy crée les Chantiers de jeunesse le 30 juillet 1940.Ces Chantiers de Jeunesse sont sous le commandement d’un ancien général d’artillerie et ancien scout : le général de La Porte du Theil. Ils font office de service militaire à partir de janvier 1941 : à l’âge de 20 ans, tous les jeunes gens sont appelés par classes pour effectuer un stage de 8 à 9 mois sur les chantiers de jeunesse où alternent travaux forestiers ( confection du charbon de bois pour alimenter les villes), exercices physiques et cours sur l’ordre social voulu par le régime.

Dans l’optique de leurs créateurs, ils traduisent une double ambition :

Idéologique d’abord : orienter les jeunes vers les idéaux de la Révolution Nationale.

Politique ensuite : maintenir un recrutement en zone sud en dépit de l’armistice afin de préparer une masse d’hommes disciplinés et encadrés en vue d’une éventuelle reprise des hostilités.

Considérés avec suspicion par les Allemands, ils sont soumis au S.T.O à partir de 1943 puis dissous en 1944.

 

Pour ceux qui choisissent la Résistance

Deux cas de figure sont possibles :

Une instruction militaire de quelques semaines dans les camps d’entraînement anglais pour les FFL

Un apprentissage sur le tas pour les hommes de la Résistance intérieure, avec des anciens de la Grande guerre, de l’armée de 1940 ou des brigades internationales. Dans certains maquis, des équipes Jedburgh ont pu former des hommes au maniement des explosifs des radios …

 

Enfin pour les jeunes Alsaciens – Lorrains

Dans les territoires de l’Alsace et de la Lorraine rattachés administrativement, les jeunes gens ont obligation de faire leur service militaire dans l’armée allemande. Puis, le plus souvent, ils partaient sur le front russe. Ils ont ainsi grossi les rangs des 130.000 « Malgré Nous » incorporés sous le drapeau nazi

 

 

 

 

IV-  LE SERVICE MILITAIRE DE 1945 A NOS JOURS

Comment le service militaire a-t-il évolué au cours de cette deuxième partie du siècle ?

Quel type d’armée face à l’évolution géopolitique : Armée d’appelés ou de professionnels ?

AU LENDEMAIN DE LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE ET PENDANT LA IV REPUBLIQUE

La classe politique reste à cette époque favorable

- Au principe de la Nation en armes

- A l’idéal démocratique

Causes :

- En raison des guerres coloniales et tout particulièrement du problème algérien (Rappel : Guy Mollet engage le contingent en 1956 pour des opérations d’ordre intérieur en Algérie)

- En raison de la guerre froide et de la menace militaire soviétique :  « à une étape du Tour de France », comme on disait à l’époque

- En raison de l’intégration à l’OTAN (dont le siège était d’ailleurs en France)

Conséquences :

- Lors du débat de la loi du 30/11/1950, le service militaire est réduit à 30

mois et le thème d’une armée de métier n’est même pas évoqué.

- NB : ce service militaire sera allongé jusqu’à 28 mois pour les appelés du contingent en Algérie de 1956 à 1962, en raison de l’arrivée des classes creuses de 1936-1942 à l’âge du service militaire

 

C’EST AVEC LE RETRAIT D’ALGERIE QUE LE SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE EST REMIS EN QUESTION ET QUE REBONDIT L’IDEE D’UNE ARMEE DE METIER

Causes :

- L’Armée est repliée sur l’hexagone depuis les accords d’Evian et la fin de la communauté française, les colonies d’Afrique ayant pris leur indépendance.

- En 1966, La France a quitté le commandement intégré de l’OTAN

- La détention de l’Arme nucléaire ( bombe A en 1960 et H en 1968) et le climat de détente relative semblent exclure les combats de proximité et rendre inutile l’armée de masse.

- L’arrivée des classes nombreuses du baby-boom à l’âge du service militaire peut dispenser le pays d’un service militaire obligatoire.

Conséquences :

- La loi du 9/7/1965 instaure le Service National actif de 16 mois en remplacement du service militaire. L’appelé peut effectuer son service dans l’Armée, la coopération (le plus souvent dans les anciennes colonies) ou opter pour l’aide technique dans les DOM-TOM ;

- Au cours de la deuxième moitié des années 60, l’arrivée des classes du baby boom à l’âge du service militaire amène même l’Armée à procéder à de nombreuses exemptions et à réduire le service national en 1970 à 12 mois

- En 1977, le gaulliste Sanguinetti réclame l’Armée de métier, d’autant que les 2 blocs se sont rapprochés suite à la conférence d’Helsinki (reconnaissance des frontières européennes de 1945 et de la souveraineté des états) et aux accords Salt1 (Réduction des missiles ICBM et SLBM et interdiction des ABM)

Avec la reprise de la guerre froide à la fin des années 70, le débat s’estompe.

 

LA CHUTE DU BLOC DE L’EST ET SURTOUT LA GUERRE DU GOLFE RELANCENT LE DEBAT SUR LA PROFESIONNALISATION

 

Pourquoi la Guerre du Golfe relance-t-elle le débat ?

L’opération Daguet a montré la difficulté pour la France pour projeter une armée hors des frontières et les limites du service militaire obligatoire

Aussi le service national est porté à 10 mois le 4 janvier 1992

Mais il est aussi jugé trop inégalitaire en raison des différentes formes de service :

- Les plus défavorisés ont les affectations les plus ingrates et l’opinion publique perçoit les affectations comme le jeu du piston.

- Les plus favorisés peuvent être dispensés en optant pour :

o L’aide technique (16 mois dans les DOM-TOM)

o La coopération (16 mois)

o Travailler en entreprise à l’étranger pour renforcer le personnel qualifié des entreprises françaises à l’étranger ; ou en laboratoire de recherche

o Une ONG

o La Police Nationale, Sapeurs-Pompiers ou Services forestiers

o L’objection de conscience depuis 83 (20 mois)

Le débat sur la professionnalisation et non plus l’armée de métier resurgit :

Nuance subtile, puisque Armée de métier sous-entend carrière militaire longue alors que la professionnalisation repose sur des périodes d’engagement courtes, 3 à 8 ans, afin de garder une armée jeune.

- Arguments des partisans de la professionnalisation

o Absence d’ennemis potentiels aux frontières

o Armée de masse inadaptée au nouveau contexte géostratégique

- Arguments des opposants à la professionnalisation

o Coût d’une armée professionnelle (soldes élevées pour être attractives, recours à une sous-traitance civile onéreuse

o Difficultés de recrutement comme dans l’Armée britannique

Paradoxalement, les aspects pratiques prévalent sur ceux relatifs à l’identité républicaine (citoyen soldat) et à la cohésion nationale

Le 22 février, Le président de la république Chirac annonce à la grande surprise des militaires la suspension du service militaire et non la suppression :

- Professionnalisation des armées et réduction des effectifs de500 000 hommes à 350 000 (dont 140 000 pour l’Armée de Terre) pour réduire les coûts

- Restructuration et fermetures de nombreuses casernes

- Restructuration des industries de défense et alliances avec des sociétés européennes pour harmoniser les besoins en Europe

- Création d’une force de projection européenne musclée et non plus d’une simple force de dissuasion (force européenne de 50 000 hommes) pilier d’une force européenne au sein de l’OTAN

Mais que va-t-on instituer à la place du service militaire ?

- Un service militaire court ? Ce serait trop coûteux et il réduirait les ressources pour la professionnalisation

- Un service civique ? Donc une nouvelle corvée, ce qui serait alors contraire aux dispositions européennes et concurrencerait les emplois sociaux

- Un service volontaire ?

- Un rendez-vous citoyen de 5 jours ? Idée abandonnée suite à l’échec de la droite aux élections législatives de 1997

Solution retenue :

La Gauche opte pour une journée d’appel de préparation à la défense pour les garçons et les filles. (JAPD)

- La JAPD : 1° journée pour les garçons le 3 octobre 1998 et pour les filles le 8 avril 2000

- Finalités :

o Sensibiliser les jeunes à la Défense : Pourquoi se défendre ? contre quoi se défendre ? Comment s’organise la Défense ? Avec qui se défendre ?

o Affirmer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale

o Prolonger et compléter l’enseignement sur la défense dispensé dans les établissements scolaires (loi du 28 octobre 1997)

- Organisation :

o Par les militaires à 90%, dans des sites civils

o Programme de la journée (cf. document joint)

o Remarques : Pas de tests médicaux, ni d’établissement de listes de séropositifs

- Bilan

o 30 000 jeunes convoqués par mois

o Taux de présence : 90%. Sur les 10% restant, 8% se présenteront plus tard car l’attestation de présence est réclamée au bac, aux permis de chasse et de conduire.

 

- Et la professionnalisation ?

o Recrutement

§ Elle a commencé en 1996 et prévoit 60 000 engagés en 2002

§ Recrutement féminin : 1 pour 4 ou 5 candidates entre 96 et 99

§ Recrutement masculin : 1 pour 3 entre 1996 et 1999, mais 1 pour 1,6 en 2000 à cause de la reprise économique

o Carrières et motivations :

§ 400 métiers différents : officiers et sous officiers sur titres et concours ; emplois civils à partir du CAP

§ Durée moyenne de la carrière : 8 ans et reconversion assurée par l’Armée pour rentrer dans la vie civile

Rôle des enseignants

Une convention de partenariat a été signée entre les Ministères de la Défense et de l’Education Nationale : Textes du BO 98- 159 du 30/7/1998 relatifs à la prise en charge par les établissements scolaires de la loi du 28 octobre 1997