Pôles et flux de la planète financière

 

     la mondialisation financière est surtout l'affaire des riches

Les pays de la Triade sont les grands émetteurs et récepteurs de flux : en 2003, les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne recevaient plus de 65 % des flux d'IDE entrants dans le monde.
L'Union européenne est la première réceptrice : de 45 à 55 % des IDE ; les flux d'échange intra-zonaux expliquent cette importance. Les Etats-Unis avaient reçu 20 % en 2001, mais seulement 5 % en 2003.
A l'échelle mondiale, les plus gros bénéficiaires sont au "Nord", hormis la Chine classée au second rang derrière le Luxembourg, puis la France, l'Allemagne, les Etats-Unis. Ces derniers sont les premiers investisseurs dans le monde.
La répartition du stock d'investissements directs étrangers traduit cette même distribution hiérarchique avec un renforcement de l'Union européenne dans le temps.

 

     les pays du Sud sont surtout des récepteurs de capitaux et géographiquement concentrés sur un faible nombre de pays.

     Il s'agit surtout de capitaux privés , mais au volume fluctuant dans le temps. En 2003, les IDE entrants dans les pays du Sud représentaient 31 % du total mondial contre 21 % en 1999 et 15 % en 1980. Leur part ainsi s'accroît malgré le recul relatif des investissements dans le monde depuis 2000. Par contre, les pays du Sud sont de faibles émetteurs :7% du total mondial d'IDE sortants ; ce sont donc des flux mineurs.
Un faible nombre d'états attire les flux financiers ; ce sont les
plus dynamiques. En 2002, cinq états recevaient 65 % du total des flux d'IDE entrants au Sud : l'Asie en réceptionne les 3/5, l'Amérique latine reçoit 29 % et l'Afrique moins de 9 % , ce qui correspond pour cette dernière à 2,7 % du total mondial ; le peu de flux d'investissements dirigés vers l'Afrique concerne surtout le secteur pétrolier au Nigéria et en Angola.
La Chine est le premier pays du Sud récepteur de capitaux, mais il convient de nuancer ce constat par le fait que 40 % des flux entrants repartent sous forme de profits aux firmes étrangères. Les autres puissances émergeantes bénéficiaires sont le Brésil et le Mexique.
Les états pauvres sont donc en marge des flux financiers de la planète : états de l'Afrique subsaharienne, Afrique du nord ... Il arrive que le Brésil recoive autant de capitaux que l'ensemble de l'Afrique en un an.
     Les flux de l'Aide Publique au Développement ( APD ) sont d'importance secondaire ; ils atteignaient 69 milliards de dollars en 2003, soit 40 % du montant des IDE pour la même année, mais leur distribution est plus guidée par les urgences conjoncturelles et les projets de développement à long terme.
     La contrepartie est un endettement  croissant en volume total et lourd en proportion de la richesse produite :

Dette extérieure des régions du Sud en % du PIB ( en 2003 )

Régions Ensemble Asie de l'Est Amérique latine Asie du Sud Afrique du nord
et Moyen-Orient
Afrique subsaharienne
dette en % du PIB 42.4 25.9 44.8 23.9 21.3 52.7

     les pays en transition au Nord

Les pays de l'Europe centrale et orientale sont devenus attactifs à partir de 1995, mais ils ne pèsent que 3 % des IDE entrants ; et en valeur absolue, ils recueillent moins de la moitié des investissements reçus par la France (année 2003).

 

Site de la CNUCED  pour actualiser ou consulter les statistiques :  http://www.unctad.org