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Les
mutations de la flotte maritime mondiale

cargo roulier au port du Havre - Photographie
JP. Le Bacon -2002 -
La croissance de la capacité de
transport
Le commerce maritime
participe au processus de mondialisation comme facteur et aussi comme
conséquence de l'essor des échanges de produits bruts, mais surtout de
produits manufacturés.
Aujourd'hui, 98 % des marchandises transportées dans le monde utilisent
le mode martime ; le développement de la capacité de la flotte
mondiale démontre ce mode privilégié dans le transport mondial.
Remarque sur les unités
de mesure :
Il s'agit ici de donner des informations sur la capacité à transporter
et non sur les flux réellement transportés (à voir dans le
sous-thème suivant).Trois unités de mesure ont cours dans la flotte
marchande :
- mesure en Tonnage de Port en Lourd ou TPL (prise en compte de
la capacité du navire avec son propre poids et celui de
l'avitaillement)
- mesure en Tonneau de Jauge Brute ou Tjb (on mesure la
contenance du navire selon une unité valant 2,83 m3).
- pour la flotte des porte-conteneurs, l'unité de mesure est
l'équivalent vingt pieds ou EVP ( soit la contenance d'une
boîte standardisée de 6 mètres de longueur sur 2,40 de large et
contenant 30 m3 ; on utilise aussi des conteneurs équivalant 40 pieds
d'une capacité de 65 m3).
Tableau de l'évolution
de la capacité de la flotte mondiale (données en M Tjb)
| Années |
1950 |
1960 |
1970 |
1982 |
1990 |
2000 |
2002 |
| Million Tjb |
100 |
126 |
227 |
425 |
436 |
506 |
|
En
un demi-siècle, la capacité de la flotte mondiale a quintuplé en
millions de tonneaux de jauge brute et la flotte de porte-conteneurs a
plus que triplé en quatre ans.
L'évolution de la composition de la flotte mondiale
La compositon de la flotte
peut être appréhendée selon l'âge des navires, la taille et la
spécialisation dans le transport de marchandises.
1- la composition selon
l'âge
L'âge moyen des navires en 2001 était de 13,9 ans ; il varie selon
les catégories de navires : l'âge moyen des cargos classiques est de 16
ans alors que celui des porte-conteneurs est de 10,4 ans, sachant qu'il
s'agit de la catégorie de navires affichant le plus fort dynamisme
dans la construction navale ; plus de 50 % de la catégorie des
porte-conteneurs a moins de 10 ans.
Prenons au contraire la catégorie des pétroliers dont l'âge moyen en
2001 était de 13,2 ans : 34% ont plus de 20 ans et 1/5è a moins de 5
ans.
2- la répartition selon
la taille (données pour 1999)
| catégories en Tpl |
nombre de navires |
en % du total des navires |
en % du tonnage total |
| moins de 50.000 |
34.949 |
90,6 |
43,7 |
| de 50.000 à 100.000 |
2.230 |
5,8 |
21 |
| de 100.000 à 500.000 |
1381 |
3,2 |
35 |
| 500.000 et + |
4 |
0,4 |
0,3 |
|
TOTAL |
38.584 |
100 |
100 |
Au 1er janvier 2003, on
recensait 3.044 navires porte-conteneurs dont 207 dépassaient les
5.000 Evp.
3- composition de la
flotte mondiale selon les principaux types de navires.

Source : graphique établi
par la CNUCED sur la base de données communiquées par la Lloyd's
Register - Fairplay
Les
innovations technologiques depuis 1950
1- la
course au gigantisme
La période entre 1950 et
1975 est marquée par la recherche des économies d'échelle en
maximalisant la capacité des navires transportant sur de longues
distances les énergies et matières premières. Nous sommes dans la
période des "Trente Glorieuses" caractérisées par une
boulimie énergétique ; le pétrole devient la première énergie
consommée dans le monde. Le Moyen-Orient est le grand fournisseur ; à
partir du golfe Persique, les grands flux pétroliers tracent leur route
sur la carte du monde, en direction du Japon et de l'Europe occidentale
qui accusent un taux de dépendance élevé.
Certains évènements internationaux comme la crise de Suez en octobre
1956 et la guerre des six jours de 1967 viendront modifier le tracé des
routes maritimes en les faisant passer au-delà du cap sud de
l'Afrique.
La prise en comte de ces données économiques et géopolitiques
encouragent la construction des super-tankers de plus de 300.000 Tpl :
au Japon comme en Europe, les chantiers navals ont leurs carnets de commande
bien remplis. Aux chantiers navals de Nantes-St Nazaire, la société Shell
réceptionne en 1975 le pétrolier Batillus, de 550.000 Tpl, soit un
navire de 414 mètres de longueur, 63 de largeur avec un tirant
d'eau de 27 mètres.
La crise énergétique des années 1970 et la législation de plus en plus
contraignante sur la sécurité des navires freineront cette course au
gigantisme dans le transport énergétique : des pétroliers géants ont
achevé leur brève carrière au fond des fjords norvégiens ...
Depuis les années 1970, le gigantisme concerne désormais les
navires porte-conteneurs transportant au moindre coût les produits
manufacturés. Innovation de la fin des années 1960, le conteneur est
devenu l'unité de mesure du transport des marchandises. Plus de 3000
navires porte-conteneurs sillonnaient les mers au début de 2003. De 2.000
evp en 1970, la taille des navires est passée à 6.000 en 2000 et
en 2005, des porte-conteneurs de 9.000 à 10.000 evp sont en commande pour
la société française CGM - CMA sur le point de parvenir au 5è rang des
armateurs mondiaux et pour la première mondiale, la société danoise Maersk.
Des études portent sur l'arrivée des "méga navires" de 15.000
evp, capables de faire le tour du monde en 42 jours en longeant les zones
équatoriales : cette course au gigantisme entraînera une spécialisation
des ports autour de quelques "hubs" majeurs,
redistribuant le trafic à partir d'unités plus légères. La course au
gigantisme a donc des répercussions sur l'aménagement des ports et les
enjeux économiques.
2-
les progrès qualitatifs des navires
Les innovations sont aussi
d'ordre qualitatif : cela concerne la recherche de gains de productivité
par la vitesse de rotation des navires, aussi bien sur mer que dans les
ports ; d'autre part, le trafic se spécialisant, des navires de conception
hautement technologique sont mis au point.
Des navires plus rapides permettent de réduire les temps de parcours ;
cela concerne particulièrement les liaisons de cabotage et le transport
de passagers sur des distances réduites entre le continent et les îles
ou la traversée des bras de mer comme la Manche. On citera en exemple la
liaison entr Nice et Ajaccio en 3heures 35 sur le car-ferry
"Liamone", pouvant transporter 1116 passagers et 250 voitures à
la vitesse de 42 noeuds.
Des navires de haute technicité ont été lancés ces dernières années
par les chantiers navals de St Nazaire :
- les navires de croisière de luxe pour des armateurs des Caraïbes (en
1995, le paquebot "Legend of the Seas", en septembre 2003, le "Queen
Mary II" de 345 mètres de long, pouvant accueillir plus de 3000
pasagers.
- les navires transportant des produits à risque comme le gaz naturel :
St Nazaire s'est forgé une renommée dans la conception des méthaniers
géants commandés pour le transport du gaz algérien et indonésien.
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