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Les
fondements du modèle
Les premiers immigrants
et la fondation
des colonies d'Amérique
La révolution des
colonies contre leur métropole
La déclaration d'indépendance
et la crise internationale
les premiers immigrants
et la fondation
des colonies d'Amérique
A
la fin du 15è et au cours du 16è siècle, l'Angleterre
développa le
mercantilisme en créant en Amérique des colonies qu'elle placait sous le
contrôle de la "Couronne" ou qu'elle attribuait à des
compagnies royales à monopole.
Ainsi en a-t-il été des "company
colonies" exploitées à des fins commerciales : la Virginie avec
le comptoir de Jamestown fut fondée en 1607 ; la Virginia company of
London y faisait prospérer les plantations de tabac. Quant aux
"propriétés de la Couronne", elles étaient gouvernées par
les favoris du roi : Lord Baltimore par exemple fondit la colonie du
Maryland en 1634 ; l'année précédente avait été fondée la colonie
du New-Hampshire ; d'autres grands propriétaires s'installèrent dans
les deux Caroline en 1663. Tous ces grands planteurs contribuèrent à
la naissance d'une aristocratie terrienne..
Rares étaient les colonies qui disposaient de leur
propre gouvernement défini par une charte écrite : le Connecticut et
la colonie de Rhode Island bénéficièrent cependant de ce statut. Au Nord du
Rhode Island avait été fondée depuis 1620 la colonie de Plymouth qui
devint le Massachusetts, et dont l'histoire reste attachée à l'aventure des "Pilgrim
Fathers".
C'est de Plymouth, sur la côte sud de
l'Angleterre que les "Pères Pélerins", puritains
anglais, embarquèrent en 1620 à destination du Nouveau Monde,
pour fuir les persécutions dont ils étaient victimes. En quête d'une
terre de tolérance pour appliquer des règles de vie plus stricte que
celle instaurée par l'église anglicane, ils mirent le cap en direction
de la Virginie en embarquant sur le "Mayflower" chargé de
ses 102 passagers.
Après des mois de navigation difficile, ils touchèrent terre, mais
plus au
nord, sur les côtes du cap Cod, vers lesquelles les vents les
avaient détournés. Ils débarquèrent dans la baie baptisée "Pymouth"
où ils fondirent la colonie de la baie qui deviendra ultérieurement le Massachusetts.
La première année de leur installation, les conditions de vie
difficiles entraînèrent une mortalité élevée ; la rencontre
pacifique avec les indiens leur permirent de domestiquer les lieux et
d'obtenir une première récolte abondante à l'automne suivant, ce qui
fut fêté mémorablement : le "Thanksgiving" est cette fête
traditionnelle de reconnaissance devenue très populaire aux Etats-Unis ...
La colonie était ainsi ouverte aux autres puritains britanniques qui
débarquèrent en grand nombre en 1630 et cherchèrent un site favorable
pour établir le siège de la compagnie de la baie du Massachusetts ; un
site fut retenu au nord de Plymouth et prit le nom de Boston emprunté
au nom de la ville anglaise dont de nombreux puritains étaient originaires.
Les colons puritains se montrèrent aussi intransigeants dans leur vie
chrétienne ; pour former les jeunes hommes destinés aux plus hautes
fonctions de la colonie et de son église, ils fondirent un
collège face à Boston en 1636 ; le pasteur John Harvard y laissa son
nom. Malgré leur dogmatisme religieux, le colons montrèrent leur
faculté d'adaptation aux conditions de vie du Nouveau Monde, trait de
la nation américaine.
A l'initiative de William Penn, des Quakers s'installèrent en
Pennsylvanie en 1682 ; ils contribuèrent à forger certains traits
de l'âme américaine : l'absence de formalisme dans les moeurs, une vie
centrée sur la famille, un esprit d'indépendance. Philadephie, siège
du gouvernement de la colonie, devint une des plus grandes villes
américaines.
Ainsi se constituèrent
les13 colonies anglaises d'Amérique, étirées le long de la façade
atlantique et peuplées d'environ un million et demi habitants au
milieu du 18è siècle.
La carte des 13 colonies
avant la guerre d'indépendance

la révolution des
colonies contre leur métropole
Les 13 colonies d'Amérique restaient soumises à la
métropole anglaise par des liens politiques, administratifs, économiques
et fiscaux ;
si elles n'avaient aucun droit de représentation au Parlement de Londres,
par contre elles devaient payer des taxes et droits de douane qui les accablaient de plus en
plus lourdement. Des lois impopulaires et vexatoires alimentèrent la
révolte des colons :
- "Navigation acts" instaurant le système de
"l'exclusif" qui permettait à l'Angleterre de contrôler la
navigation commerciale avec les colonies.
- "Currency act" de 1764 interdisant l'émission de la
monnaie-papier.
-"Stamp act" de 1765 établissant un timbre fiscal sur les
journaux et les documents juridiques. Suite à cette taxe, les colons
assiégèrent la maison du gouverneur anglais à Boston et y mirent le
feu.
-"Townshead Duties" de 1767 taxant le verre, le papier et le
thé.
L'adoption de ces nouveaux droits de douane réglementés
par les "Townshead duties" déclencha de nouvelles émeutes à
Boston où les anglais dépêchèrent des troupes pour faire appliquer la
loi. Une série de troubles éclatèrent entre les colons de Boston et les
troupes anglaises dont en 1770 le massacre de
Boston.
Après la répression sanglante de l'émeute populaire de
Boston, des droits de douane furent suspendus sauf sur le thé. Le "Tea
act" de 1773 attribuait le monopole de la vente du thé en Amérique
à la Compagnie des Indes orientales. Le refus anglais de mettre fin à
cette mesure aggravèrent une nouvelle fois les relations avec les
habitants de Boston et leurs représentants qui s'opposaient à
l'entrée des navires dans le port. Déguisés en Indiens, un groupe de
colons aborda de nuit trois navires anglais ancrés dans la rade dont ils
jetèrent les cargaisons de thé à la mer.
Cette "Tea party " de décembre 1773 qui jetait un défit à
Londres fut suivie de mesures
punitives prises par les anglais ; la rébellion armée devenait dès lors
inévitable entre les troupes de la Couronne britannique et les colons qui
commençaient à s'organiser en milices.
L'année suivante, en septembre 1774, les colonies qui se
sentent menacées réunissent leur premier Congrès Continental à
Philadelphie choisie pour sa position centrale ; les représentants des
colonies font cause commune avec le Massachusetts qui subit les
représailles britanniques en raison des troubles de Boston.L'année 1775,
la révolte populaire se transforme en guerre civile ; des "comités
de correspondance" se forment et les appels à la révolte se
multiplient : "la liberté ou la mort" proclame un délégué de
Virginie. Ds combats éclatent à Lexington et à Concord entre milices populaires
et troupes britanniques ( "red coats" ) ; Boston est assiégé
et de durs combats sont menés au cours de la bataille de Bunker
Hill.
Au départ, les rivalités entre colonies étaient aussi puissantes sinon
supérieures aux oppositions à la métropole ; c'est la guerre qui a fait
naître le nationalisme, fait important pour la compréhension de la
civilisation américaine. Au second Congrès continental, les colonies
franchissent de nouvelles étapes vers la voie de l'indépendance :un gouvernement "national" est fondé
et George Washington est
nommé général, à la tête de l'armée continentale. Le roi
d'Angleterre, George III, rompit avec ses sujets rebelles et étendit la
guerre à toutes les colonies.
La carte des lieux
historiques de la révolution américaine.
La déclaration d'indépendance
et la crise internationale
L'idée d'indépendance gagne la majorité des 13 colonies
lorsque le Congrès se réunit avec ses 56 membres à Philadelphie. Au
début du mois de juin, le délégué de la colonie de Virginie a formulé
une proposition allant dans ce sens et engage un long débat. Un comité
de cinq membres est constitué pour rédiger la Déclaration
d'Indépendance ; ont été élus : Thomas Jefferson de Virginie,
John Adams du Massachusetts, Benjamin Franklin de Pennsylvanie, Roger
Sherman du Connecticut et Robert Livingstone de New York
Le travail de rédaction fut confié à Thomas
Jefferson en reconnaissance de son rôle éminent au sein de
l'assemblée de Virginie.
Le 4 juillet 1776 , la Déclaration d'Indépendance est adoptée par le
Congrès assemblé à Philadelphie dans la salle de réunion de l'ancienne
"State House", appelée depuis "Independence
Hall".
L'évènement a été immortalisé par le fameux tableau de
John
Trumbull dont la reproduction pare le hall de nombreux édifices
publics américains et porte l'intitulé :
"La
Déclaration d'Indépendance"
Ce 4 juillet, le président du Congrès, John Hancock
ouvrit la séance et conformément à l'ordre du jour, on termina l'examen
de la Déclaration ; puis on écouta la lecture du texte définitif : extraits
du texte de la Déclaration
On retarda la signature de la Déclaration jusqu'à ce qu'elle
soit copiée sur parchemin, puis
distribuée aux assemblées locales et aux troupes.
Le 8 juillet à Philadelphie, la Déclaration d'indépendance fut lue en
présence d'une foule nombreuse et la cloche de la State House sonna à
toute volée l'évènement ; on l'appela ensuite la "Cloche
de la liberté" .
L'indépendance proclamée, les "Insurgents"
américains luttent difficilement contre les anglais mieux encadrés et
organisés. L'alliance de la France, de l'Espagne et des Provinces-Unies,
rivales traditionnelles de l'Angleterre, permet aux américains de
triompher des anglais à Yorktown
en 1781.
Le 3 septembre 1783, le traité de Paris reconnaît l'indépendance des
Etats-Unis. En Europe, on rêve d'imiter les américains.

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