Pourquoi une dynamique de l'intercommunalité ?

La France entière dispose d'un maillage de base particulièrement dense avec 36680 communes ; elle en rassemble autant que le reste de l'Union européenne ; c'est dire que la taille de nombreuses communes est réduite et pose la question de la pertinence de cette échelle pour l'aménagement du cadre de vie : plus de 21 000  communes françaises ont moins de 500 habitants et 32 000 en recensent moins de 2500.
La région Bretagne dénombre 1268 communes dont la moitié est peuplée de moins de 1000 habitants. Le maillage communal breton, héritage des paroisses de l'Ancien Régime, est aujourd'hui bousculé par l'extension des agglomérations urbaines et le processus de périurbanisation. Il n'est plus possible de concevoir à l'échelle d'une seule commune des infrastructures lourdes pour aménager, utiliser et protéger le territoire, telles  les stations de traitement des ordures ménagères, le réseau du transport collectif, les équipements préventifs de l'environnement.
L'espace vécu des bretons ne se limite d'ailleurs pas au territoire de leur commune, mais s'étend au bassin d'emploi ; une étude portant sur les migrations quotidiennes des actifs en Bretagne montrait en 1990 que les résidents des 2/3 des communes allaient travailler dans une circonscription  limitrophe ou dans le pôle urbain du bassin d'emploi.

Le regroupement de communes est d'autre part justifié si l'on recherche une plus grande justice spatiale : certaines communes vivent des situations d'inégalité par rapport à leur potentiel fiscal ; les plus favorisées financièrement peuvent modérer la pression des impôts sur les ménages et notamment la taxe professionnelle sur les entreprises, ce qui ne peut qu'inciter de nouvelles installations ... Des conflits d'intérêt surgissent ainsi entre la ville-centre et les communes périphériques d'une agglomération ou des communes périurbaines.
Cette situation a été prise en compte par les acteurs politiques qui, par la "Loi Chevènement" du 12 juillet 1999, ont relancé la dynamique de l'intercommunalité déjà initiée en février 1992 par la "Loi d'orientation relative à l'administration de la République" qui créait de de nouvelles structures de coopération intercommunales (communauté de communes et communauté de villes) se surajoutant à celles préexistantes : le Syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) et le Syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) : coopération des communes pour le réseau d'adduction de l'eau, pour les services de sécurité contre les incendies ...
C'est donc dans une perspective de meilleure lisibilité et d'efficacité que s'inscrit la "loi Chevènement" : elle limite désormais les formes de coopération intercommunale à trois catégories : Communauté de communes, Communauté d'agglomération et Communauté urbaine ; toutes sont des EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale). L'intercommunalité apparaît comme un succès quand on prend en compte la progression du nombre de communautés sur le territoire français et en Bretagne ; elles apparaissent comme un outil pour mettre en commun des équipements collectifs coûteux en bénéficiant de l'aide financière de l'Etat, mais les EPCI n'ont pas le statut de collectivités territoriales

Evolution du nombre de communautés par catégorie.

Année Communauté de communes Communauté d'agglomération Communauté urbaine
  FRANCE BRETAGNE FRANCE BRETAGNE FRANCE BRETAGNE
1999 1241 97 0   12 1
2001 1414   90 7 14 1

Au 1er mai 2000, on recensait 113 regroupements de communes en Bretagne dont 1O1 communautés de communes, 6 districts et 1 communauté urbaine, soit 85 % des communes bretonnes regroupant 90 % de la population. Dans le Morbihan, le mouvement d'intercommunalité s'accélère car, dans ce département, seulement 65 % des communes adhéraient à un regroupement  ; sont venus s'ajouter des communautés en Centre-Bretagne comme la communauté des 21 communes du "Roi Morvan". 

Tableau de répartition départementale des groupements de communes en Bretagne
( Situation au 1er Mai 2000 )

Catégories Côtes d'Armor Finistère Ille et Vilaine Morbihan
Communauté urbaine 0 1 0 0
Communautés d'agglomération 1 2 1 1
Communauté de communes 34 23 27 17
District 3 0 1 2

Total

38 26 29 20


Au 1er janvier 2001, la Bretagne comptait 7 communautés d'agglomération : Quimper, Morlaix, Rennes, Lorient et Saint-Brieuc auxquelles se sont ajoutées par transformation de district, les 10 communes de la communauté de St Malo et les 20 communes de celle de Vannes. 
Brest est l'une des 14 communautés urbaines françaises formée de 8 communes qui regroupent 221 600 habitants au recensement de la population de 1999.