DOUALA :

L'étalement spatial, manifestation spectaculaire de la croissance de la ville d'Afrique noire.

 

  La croissance accélérée de la métropole doualaise.

Comme la plupart des agglomérations de l'Afrique noire, Douala connaît actuellement une forte croissance de sa population qui a été multipliée par dix entre 1960, date de l'indépendance du pays et 1995. L'agglomération aurait atteint en l'an 2000 les deux millions d'habitants et gagnerait un million de plus d'ici 2015 selon les projections démographiques. 

Croissance naturelle et mouvements migratoires se sont conjugués pour gonfler les effectifs urbains. L'indice de fécondité moyenne en 1999 était de cinq enfants par femme pour l'ensemble du pays, conforté par une répartition par âge montrant le poids de la jeunesse qui représente pour la catégorie des moins de 15 ans 44 % de la population totale.

Les mouvements migratoires sont importants, surtout en provenance des régions de l'ouest, avec les apports d'une ethnie devenue majoritaire dans la ville, celle des Bamilékés qui supplantent numériquement les Dualas autochtones.

Le gonflement démographique de l'agglomération participe au processus qui contribue à faire de Douala, chef-lieu de la province du littoral et du département du Wouri, une métropole économique pour le pays. Elle  concentre les 3/4 de l'activité industrielle, effectue l'essentiel des transactions commerciales avec l'extérieur et dispose d'une université de plein exercice depuis 1993.

 

  La ville dévoreuse d'espace

Vue d'avion, en direction du nord-ouest, l'agglomération s'étale jusqu'aux rives du Wouri. Le paysage urbain où domine l'habitat de cases à toit de tôle n'est rompu verticalement que par les immeubles des grands services publics comme celui des télécommunications et ceux des sociétés de l'import-export ; horizontalement, seuls quelques axes majeurs comme l'avenue de l'indépendance et des infrastructures à forte emprise au sol comme la nouvelle gare de Bessengué permettent un repérage des grands quartiers de l'agglomération.

Douala est divisée administrativement en cinq arrondissements dont on pourra observer les limites sur le plan de la Communauté urbaine.
La Communauté urbaine s'étend sur 15 kilomètres du nord au sud et sur 30 kilomètres du sud-est vers le nord-ouest, incluant Bonabéri qui au-delà du fleuve et relié par le pont du Wouri aux autres secteurs administratifs forme le 4è arrondissement.

L'espace de l'ancienne ville coloniale inclus dans le 1er arrondissement avec le quartier commercial Akwa et le quartier administratif autour de la place du gouvernement est aujourd'hui excentré. Le cœur de la ville a migré vers l'est en densifiant les quartiers péri-centraux de New Bell et Yabassi.
Les axes routiers et lignes ferroviaires orientent la progression urbaine vers la périphérie de l'agglomération : la route de Yaoundé et l'axe de sortie vers les régions de l'ouest concentrent les nouveaux citadins en de gros villages ; sur la route de Limbé-Buea vers l'ouest, les quartiers en expansion de Bonabéri sont devenus des satellites de la ville initiale.

On repèrera des extensions réglementées en périphérie que l'on perçoit sur le  plan au nord-ouest du 5è arrondissement ; elles sont soulignées par la trame géométrique de la voirie. Au-delà, les marges forestières et les terrains exondés de la mangrove font l'objet d'une urbanisation non contrôlée où prédominent les formes de construction qui relèvent d'une "économie de la débrouille".