AGRICULTURE ET DEVELOPPEMENT 
en  AMERIQUE LATINE : 

Les andes équatoriennes


Paysage rural  dans la province du Chimborazo                      ( Photo JP. LB 2003)

     L'objectif de ce dossier est de réinvestir les connaissances générales que l'élève a du acquérir en cours et par son travail personnel sur l'agriculture et le développement, soit en classe de seconde dans le cadre de l'étude de la montagne entre traditions et nouveaux usages, soit  en classe terminale en vue de l'épreuve du baccalauréat pour juin 2004 sur le thème de l'agriculture et de développement en Amérique Latine.

     Nous proposons l'étude d'un ensemble documentaire relatif à la situation de l'agriculture dans les Andes équatoriennes. Le travail peut-être conçu comme un entraînement à cette forme d'évaluation dans le cadre d'un module ou en autonomie ; il peut-être donné aussi en évaluation après avoir photocopié les documents en noir et blanc pour les photographies.
     Pour la classe de terminales en 2004, nous gardons le type de questionnement prévu pour l'examen de juin ; en ce qui concerne la classe de seconde, nous proposons un questionnement respectant les consignes du B.O. du 12 février 2004 modifiant les épreuves d'Histoire-Géographie préparant au Baccalauréat à partir de la session de 2005.

Dossier réalisé par J.P. Le Bacon, 06/05/04

Dossier documentaire :

1- Profil schématique des étages bioclimatiques et agricoles en Equateur

2- Les chiffres de l'agriculture équatorienne ( millions de tonnes et de têtes de bovins)

  1998 2000 2002
Indice de
production agricole
121 147 152
Blé 0.020 0.017 0.014
Cacao 0.035 0.100 0.072
Café 0.048 0.133 0.155
Canne à sucre 7 6.1 5.7
Maïs 0.382 0.611 0.386
Oranges 0.122 0.149 0.155
Orge 0.036 0.029 0.026
Pommes de terre 0.534 0.240 0.349
Riz 1.043 1.355 1.283
Bovins 5.076 5.104 5.578

Des exportations en hausse :
     Les principales cultures céréalières résident dans le blé, le maïs, le riz, le soja et l'orge. La production de blé ne parvient plus à satisfaire que 5% de la demande intérieure, en raison d'une faiblesse des rendements qui oblige le pays à avoir recours aux importations ... Avec les légumes, le coton, la canne à sucre et les oléagineux, les productions céréalières sont essentiellement destinées à la consommation nationale. L'Équateur est par ailleurs le premier exportateur mondial de bananes. Outre le cacao, pour lequel il a obtenu de bons résultats en 2002 en raison de l'augmentation des prix internationaux, il exporte également du café, des fleurs fraîches, des fruits tropicaux et des agrumes. Les cultures situées dans le nord du pays ont cependant souffert des dégâts causés par l'éruption volcanique de novembre 2002 ... à une époque de l'année où les exportations représentent 35% de leur revenu annuel.
                                                                                      ( Extrait de Atlaséco 2004)

3- Structures agraires et catégories ethniques en Equateur

Tableau de répartition des exploitations agricoles selon la taille

catégories d'exploitations moins de 
1 ha
de 1 à 5 ha de 5 à 10 de 10 à 50 de 50 à 100 100 ha et +
En % du nombre total des exploitations 29.5 34 12 18 4.2 2.3
En % de la superficie 
agricole totale
1 5.5 6 27 18 42.5

Répartition ethnique des agriculteurs en fonction de la taille des exploitations

  moins de 
1 ha
de 1 à 5 ha de 5 à 10 de 10 à 50 de 50 à 100 100 ha et +
Indiens 35.8 39.6 9.2 11 3 1.4
Métis 27.5 33.3 13.1 19.9 4 2.2
Blancs 25.9 31.1 11.8 21.6 5.7 3.7

Source statistique : le recensement agropastoral de 1997 en Equateur.

4- Paysages agraires et systèmes de culture dans les Andes équatoriennes

arairevuegene.jpg (84762 octets)
Photographies : JP. Le Bacon 
 

Photographie de gauche : cultures vivrières et labour sur un versant des Andes (Province du Canar)

cultureserres.jpg (42661 octets)
Photographie ci-dessus : dans un bassin intra-andin, au nord de Quito : culture de fleurs sous serre et hacienda d'élevage laitier.

Cliquer sur chaque image pour ouvrir en pleine page.

 

 

5- Texte : La société indienne en éruption

     Sur une population équatorienne approchant les 13 millions d'habitants en 2004, la communauté indigène représenterait plus de 30% du total.  A différentes reprises (1990, 1994, 2000), les indiens d'Équateur sont entrés en rébellion contre le projet de réforme agraire lancé par l'Institut agropastoral, au début des années 1990, obligeant le gouvernement à revoir son projet. Celui-ci cherchait à garantir la propriété privée, dans un contexte où les conflits de la terre se multiplient dans le pays, à orienter l'agriculture vers une logique de marché en envisageant la privatisation de l'eau. D'autre part, la nouvelle loi allait autoriser le morcellement des terres communautaires et leur vente, remettant ainsi en cause la base de l'organisation rurale des communautés indiennes.
     Alors que l'Etat équatorien couvrait ses besoins alimentaires au début des années 1960, il doit importer aujourd'hui pour nourrir sa population ; les meilleures terres cultivables sont réservées aux cultures d'exportation (bananes, cacao, fleurs ...). Cette situation explique la mobilisation de la Confédération nationale des indigènes d'Equateur, la CONAIE, en 1994, soutenue par les courants progressistes de l'église catholique et des organisations non gouvernementales, contre la loi agraire. Des barrages paralysèrent les routes du pays et des villes furent investies par les indiens descendus de leurs villages. Membre de la CONAIE, Mme Nina Pacari déclare (1) : "Nous avons obtenu que l'eau  ne tombe pas entre les mains des propriétaires, en particulier des producteurs de fleurs, qui ont besoin de trois plus d'eau que les producteurs d'aliments ... Nous voulons montrer que la voie néolibérale n'est pas la seule ; que nous avons des propositions pour un autre modèle de développement".
     En janvier 2000, une nouvelle rébellion chassera du pouvoir le président Jamil Mahuad, tandis qu'en novembre 2002, le président Lucio Gutierrez bénéficiera du vote des communautés indiennes pour son élection.
 (1) citation rapportée dans l'article de M. Lemoine du Monde diplomatique sur "La révolte très politique des indiens d'Equateur".
                                                                        J.P. Le Bacon, professeur d'Histoire et Géographie, membre de l'équipe web de l'académie de Rennes- Mai 2004.

 

Questions en classe de Seconde :

     Rappel du BO du 12 février 2004

 Étude d'un ensemble documentaire 

L'étude d'un ensemble documentaire doit permettre au candidat de faire preuve de sa capacité à construire une réflexion cohérente en réponse au sujet posé, à partir d'un ensemble de documents et de ses connaissances.  Le sujet fait apparaître une problématique explicite. Il porte,  en histoire comme en géographie, sur un des thèmes  ou ensembles géographiques définis par les programmes  et prend appui sur un ensemble de documents  (cinq au maximum) reproduits en noir et blanc.  En géographie, les documents sont majoritairement des  cartes, des croquis et des schémas -, les sujets peuvent aussi  comporter des informations statistiques, des graphiques, des  photos, des images et des textes. Tous les documents expriment  des données spatiales clairement identifiables.Un même   phénomène peut être représenté à différentes échelles.

  L'exercice se compose de deux parties :
  - 1° le candidat est invité à analyser, y compris de manière  critique, l'ensemble documentaire en répondant à des questions. Ces questions, cinq au maximum, pourront porter sur la recherche, la mise en relation, la contextualisation d'informations, sur l'identification de notions majeures ou de thèmes essentiels des documents et sur 1 intérêt et les limites de l'ensemble documentaire par rapport au sujet ;
  - 2° en se fondant sur ce travail préparatoire, sur les informations extraites des documents et sur ses connaissances personnelles, le candidat rédige une réponse organisée au sujet.

Questions :

Première partie : Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions

1) Expliquez la notion de développement

2) En utilisant le document 1, le texte du document 2 et les photographies, montrez les contraintes du milieu andin pour l'agriculture et les conséquences pour la différenciation des paysages agricoles.

3) Que faut-il entendre par "structures agraires" ? Mettez en relation les deux tableaux de statistiques du document 3 et dites pourquoi ces structures sont un frein au développement.

4) Les résultats de l'agriculture équatorienne vont-ils dans le sens d'un développement ? Justifiez votre réponse en sélectionnant dans le dossier les informations nécessaires et en précisant les documents utilisés.
5) Quelle voie ou solution est recherchée par la communauté indienne ? Dans quels autres pays des stratégies similaires ont été appliquées ?

Deuxième partie :

A l'aide des réponses aux questions de la première partie, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet : "l'agriculture et le développement dans les Andes équatoriennes".

 

Questions en classe terminale:

- Présenter les documents.
- Sélectionner les informations répondant à la problématique du sujet, mettre en relation en vue de dégager des thèmes.
- Concevoir une synthèse en se limitant à environ 300 mots.