Peuplement et maîtrise du territoire en Russie
L'héritage soviétique
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La Russie est un Etat issu de l'éclatement de l'URSS. L'héritage soviétique y reste très présent.
L'organisation
administrative interne du pays, tout comme ses frontières externes,
résulte des découpages de l'époque soviétique. L'URSS possédait une
structure fédérale complexe, se voulant le reflet de la diversité culturelle
du pays et de l'importance numérique de chaque nationalité: aux 15 principales
ethnies, une république soviétique ; aux autres, selon leur nombre, une
république autonome ou un territoire autonome. La nouvelle Russie a maintenu
cette structure: parmi les 89 "sujets" de la fédération, 32 sont
découpés sur une base ethnique, les républiques et les territoires autonomes.
Parmi les premières, la république de Sakha (Iakoutie) se distingue par la
taille, mais les républiques plus peuplées sont le Tatarstan et le
Bachkortostan (4 millions chacune) situées sur la moyenne Volga. Les
territoires autonomes se trouvent dans le nord du pays et sont peu peuplés: les
territoires des Evenks ou des Koriaks ne comptent qu'une trentaine de milliers
d'habitants. Les seuls territoires autonomes peuplés sont ceux de la plaine de
l'Ob, mais la part des peuples autochtones y recule face aux Russes qui
représentent les 2/3 de la population.

Les Russes, qui formaient plus de 81% de la
population de la Russie en 1989, sont présents sur tout le territoire. Ils sont
majoritaires dans les 57 régions administratives qui n'ont pas été
découpées selon le critère ethnique, mais peuvent l'être aussi dans
certaines républiques ou territoires autonomes. Parmi les 21 républiques, 11
comptaient en 1989 plus de Russes que de nationaux; c'était notamment le cas de
la Carélie et des républiques situées à la frontière mongole. Seuls 2
territoires nationaux avaient à la même date un peuplement national
majoritaire, alors que les Evenks ne constituaient que 14% de la population de
leur territoire et les Tchouktches 7% du leur. Depuis le recensement de 1989, la
proportion de nationaux et de Russes a pu localement changer ; les départs des
Russes des territoires du Grand Nord ou des républiques caucasiennes ont
modifié le peuplement de ces régions.
Ce découpage complexe, mi-administratif mi-ethnique, n'avait pas grande
conséquence dans une Union soviétique centralisée, mais a trouvé une
importance nouvelle durant les années 90 face à un pouvoir central affaibli,
faisant notamment des républiques de nouveaux acteurs.
Les structures économiques,
ébranlées durant la perestroika, ont
été bouleversées depuis 10 ans, donnant naissance à un nouveau
système économique. L'héritage soviétique apparaît néanmoins dans le
poids de l'industrie lourde, dans l'insuffisance du réseau de transports
ou dans l'organisation de l'agriculture.
Même si dès 1990, la loi autorise la propriété et
l'exploitation privées de la terre, les grandes exploitations collectives
jouent toujours un rôle important. En 1997, 62% des terres agricoles
russes avaient déjà été privatisées. A cette
date, 81% des kolkhozes ou sovkhozes dépendant du ministère de l'agriculture
avaient privatisé les terres, tout en choisissant pour la plupart de conserver
une exploitation collective sous forme d'une coopérative ou d'une société par
action. Les sovkhozes alimentant les employés des industries et dépendant de
ministères industriels, avaient conservé leur organisation. Au total en 1997,
10% seulement des exploitations collectives de l'époque soviétique avaient
été dissoutes.
275 000 exploitations
privées existaient pourtant en Russie en 1998 (contre 4500 en 1991), mais elles
ne produisaient que 2% de la production agricole du pays, contre 50% pour les
exploitations collectives. Le manque d'équipement et de capacité
d'investissement des fermes privées d'une part, l'absence d'esprit d'entreprise
et l'hostilité de la
société rurale à l'enrichissement individuel de l'autre freinent l'essor de
ces fermes privées. En fait, l'agriculture privée reste d'abord, comme à
l'époque soviétique, les lopins individuels dont la part dans la production
agricole est extraordinairement élevée (48% en 1997) eu égard à leur
superficie, qui fournissent légumes, viande et lait, mais dont l'existence est
étroitement liée à l'exploitation collective proche qui leur procure les
semences, machines et moyens de transport nécessaires. (1)
L'héritage soviétique est important en ce qui concerne la mise en valeur
et l'organisation du territoire.
- La centralisation du pouvoir a renforcé le poids de Moscou aux dépens des
autres villes du pays. La Russie manque d'un réseau urbain hiérarchisé avec
de vraies capitales régionales.
- La plupart des régions industrielles, notamment de la Volga et de Sibérie,
ou la mise en culture de nouvelles terres aux confins kazakhs ou caucasiens
datent de la période soviétique, mais l'abondance des ressources a favorisé leur
gaspillage.
- L'exploitation du territoire s'est faite sans
souci de l'environnement, localement très dégradé.
Cartes des problèmes
d'environnement sur le territoire russe:
www.lib.utexas.edu/maps/commonwealth/russian_env96.jpg
www.monde-diplomatique.fr/cartes/europeestenv2000
et particulièrement dans la région arctique
: www.monde-diplomatique.fr/cartes/russiearctique2000
www.arcticphoto.co.uk/gallery2/arctic/modern/pollution/pollution.htm
sources:
(1) J. Radvanyi, la nouvelle Russie, A. Colin 2000
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