Des extraits de messages échangés sur la liste H-Français des professeurs d'Histoire-Géographie.

Ces messages sont échangés sur une liste modérée par F. Jarraud (académie de Paris) ou par D. Letouzey (académie de Caen, APHG) ou par J.P. Meyniac (académie de Grenoble). Il y transite plus d'une dizaine de messages, en moyenne, quotidiennement, et cette liste compte actuellement environ 1000 abonnés, parmi lesquels des universitaires (cf. ci-dessous), des membres de différentes instances et associations.

Message du 26 octobre 1999 à 19h14

From: MONTENAY <iceg@cybercable.fr>

A l'occasion d'une réunion de travail, j'ai utilise le texte ci dessous dont je fais profiter la liste. Il est extrait du site cite, déjà signale par d'autres internautes

La Société américaine -  Revue électronique de l'Agence d'information des États-Unis, volume 4, numéro 2, juin 1999

L'évolution démographique des États-Unis : une population en transition

Dossier  Opinions  Rubriques  http://www.usia.gov/journals/itsv/0699/ijsf/frtoc.htm
(EXTRAITS)

Un nouveau régime d'immigration

L'année 1965 bouleversa la physionomie de l'immigration. Les États-Unis commencèrent en effet à octroyer des visas d'immigration en traitant les demandes au fur et à mesure de leur réception ; les contingents nationaux furent remplacés par des quotas régionaux. La préférence fut accordée aux proches de citoyens des États-Unis et aux immigrants possédant des capacités professionnelles qui ne couraient pas les rues aux États-Unis. En 1978, le Congrès abandonna les quotas régionaux au profit de l'établissement d'un plafond mondial, sans distinction d'origine, ce qui ouvrit plus grandes encore les portes de l'immigration. En 1990, par exemple, les dix pays les plus représentés parmi les immigrants étaient les suivants : Mexique (57 000), Philippines (55 000), Viêt-Nam (49 000), République dominicaine (32 000), Corée (30 000), Chine (29 000), Inde (28 000), Union soviétique (25 000), Jamaïque (19 000) et Iran (18 000).

Aujourd'hui encore, les États-Unis continuent d'accueillir plus d'immigrants que n'importe quel autre pays ; en 1990, leur population regroupait près de vingt millions de personnes nées à l'étranger. Une nouvelle loi de 1990 plafonne le nombre d'immigrants à 675 000 par an, encore que certaines catégories d'individus soient exemptées de cette limite. Elle facilite en effet l'immigration de travailleurs qualifiés et hautement instruits et cherche à attirer des immigrants en provenance de pays relativement peu représentés ces dernières années. À cette fin, cette loi prévoit une catégorie de visas dits de "diversité". En 1990, environ 9 000 personnes sont entrées aux États-Unis avec ce visa en mains, en provenance notamment du Bangladesh, du Pakistan, du Pérou, d'Egypte et de Trinité-et-Tobago.

L'immigration clandestine

Le Service d'immigration et de naturalisation des États-Unis estime à quelque cinq millions le nombre de personnes qui vivent aux États-Unis en situation irrégulière, et environ 275 000 personnes viennent grossir leurs rangs tous les ans. Les natifs des États-Unis et les immigrés en règle s'inquiètent de l'immigration clandestine. Nombre d'entre eux pensent que les clandestins prennent des emplois aux ressortissants américains, en particulier aux jeunes et aux membres de groupes minoritaires. En outre, les clandestins peuvent grever lourdement les services sociaux qui sont financés par les contribuables.
En 1986, le Congrès révisa la loi sur l'immigration de façon à régler la question des personnes en situation irrégulière. Nombre de celles qui étaient dans le pays depuis 1982 furent autorisées à faire une demande d'établissement dans le but, à terme, de s'installer définitivement aux États-Unis. En 1990, près de 900 000 personnes saisirent l'occasion qui leur était donnée de régulariser leur situation. Par ailleurs, cette loi prévoit aussi des mesures draconiennes destinées à combattre l'immigration clandestine et elle sanctionne les entreprises qui embauchent sciemment du personnel en situation irrégulière

Document communiqué par Yves Montenay, Docteur en démographie politique, directeur de l'IDP (Institut de démographie politique, PARIS IV), directeur d'études et chargé de cours à l'ESCP (islam et pays arabes)


Message du 23 janvier 1999 à 19h13
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L'Association des Clionautes    http://www.clionautes.org-
H-Francais,la liste des Clionautes http://h-net.msu.edu/~francais
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From: YvBoquet@aol.com

En réponse (partielle) aux questions de claudia Renau sur l'immigration aux USA

Les quotas ont disparu en 1965. Rappelons-en le principe. La loi de 1921, se basant sur le recensement US de 1910, établissait un plafond total du nombre d'immigrants et des quotas par pays d'origine, au prorata de leur représentation dans la population de 1910. La loi de 1924 a modifie celle de 1921 dans un sens plus restrictif aux nouvelles vagues d'immigrants en repoussant la date de référence à 1890, c'est-à-dire avant l'arrivée massive d'immigrants italiens ou d'Europe orientale. Le résultat était une politique d'immigration anti-italienne et anti-juive (sans le proclamer ouvertement), favorisant les populations d'origine anglo-saxonne, dont le rythme d'arrivée se ralentissait d'ailleurs. Les lois des quotas ne s'appliquaient qu'à l'Ancien Monde ("Hémisphère Oriental"), ce qui permettait la venue libre de Canadiens, Antillais et Latino-Américains, mais ces courants d'immigration étaient tout à fait secondaires à l'époque. Avec le verrouillage de l'émigration italienne par Mussolini au même moment, puis avec la crise de 29, le nombre d'immigrants aux États-Unis chuta alors fortement, s'effondrant au milieu des années 30 pour ne connaître qu'une petite poussée de Juifs allemands suite aux pogroms nazis (Einstein, par ex.).

Après la deuxième guerre mondiale, les courants d'émigration se développèrent à nouveau, d'abord en provenance d'Europe (réfugies des bouleversements frontaliers germano-polonais et russo-polonais, rescapes juifs de l'Holocauste), mais aussi des pays latino-américains, non-soumis au contrôle par quotas.

La loi de 1965 abolit les quotas et les remplace par un nouveau plafond d'immigration, double d'un nombre maximal de visas d'immigrants de 20.000 par pays, s'appliquant désormais à tous les pays du monde. Résultat, des pays sous-représentés, comme la Corée, pouvaient être une nouvelle source d'immigration puisque les Coréens n'étaient plus limités en nombre par les quotas très restrictifs qui leur étaient imposes auparavant. Aux 20.000 visas délivrés théoriquement par les services consulaires américains dans les pays étrangers s'ajoutaient des visas supplémentaires basés   sur le rapprochement familial (enfants, parents, frères et sœurs  la combinaison permettait de faire venir rapidement, à partir d'un immigrant "pionnier", toute une famille, cousins, neveux, etc... le phénomène a été étudié entre autres pour les Coréens, population immigrante presque "vierge" en 1965). Il y avait aussi des catégories spéciales pour les réfugiés politiques (Cuba, etc..)

Pour la naturalisation, il faut solliciter la nationalité américaine (beaucoup de paperasse procédurière), et passer des tests de citoyenneté (qui etait le premier président ? quelle est la capitale du pays ? combien y a-t-il de sénateurs par état ? ...) ainsi qu'un entretien avec un officier des services d'immigration  (questions parfois bizarres comme celles demandées sur l'adhésion au régime nazi pour des immigrants nés en 1975...). Un sponsor familial n'accélère pas beaucoup la démarche, un avocat spécialisé peut-être plus, un interprète aussi pour les immigrants au faible bagage anglophone.

Enfin le moment culminant est la cérémonie de naturalisation, où plusieurs centaines de personnes sont officiellement intronisées citoyen(ne)s et reçoivent un passeport et un drapeau américain après avoir juré de repousser la tyrannie des souverains étrangers (très XVIIIe s.) et prêté serment de fidélité à la nation, symbolisée par son drapeau ("pledge of allegiance") .
Dès lors on n'est plus considéré comme citoyen d'un autre pays du monde, aux yeux des autorités américaines ( peu de cas de double nationalité : les Français sont parmi les rares, avec les Israéliens, a pouvoir en bénéficier). Le tout est bien entendu béni par un pasteur, ou mieux encore, par un groupe œcuménique pasteur-prêtre-rabbin. Un discours de personnalités locales (députés,...) est de mise, ainsi que le témoignage d'un naturalisé récent ( de préférence ayant réussi en affaires), et la présentation des drapeaux (état et nation) par des militaires.

Pour les enfants, le droit du sol prévaut, ce qui conduit de nombreuses femmes mexicaines, voire .. haïtiennes (boat people), à entrer clandestinement aux États-Unis pour accoucher. L'enfant, né sur sol américain , donc de nationalité américaine, pourra, adulte, demander la naturalisation des membres de sa famille.

(...)


Yves Boquet, maître de conférences en géographie - Université de Picardie-Jules verne - Amiens après avoir été, jusqu'en 1998, professeur agrégé d'histoire-géographie au lycée Rochambeau (Wanshington, USA)


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François Jarraud                     EMail: fjarraud@geonet.fdn.fr
H-Francais,la liste des Clionautes http://h-net.msu.edu/~francais
L'Association des Clionautes : http://www.clionautes.org
Nlles Technologies en Histoire-Geo    http://www.fdn.fr/~fjarraud

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Dernière mise à jour : 23/01/00