Nourrir les hommes
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étude de cas: le Brésil

 

Pourquoi étudier le cas brésilien?
Peuplé de plus de 170 millions d'habitants, le Brésil est le plus grand des pays de l'Amérique latine. Pays de contrastes, il fait partie des principaux exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires, mais une partie de la population y souffre encore de sous-alimentation ou de malnutrition; grandes exploitations modernes et petites exploitations vivrières coexistent. Le Brésil est enfin un pays où les défrichements agricoles se poursuivent.

Cette étude prend appui sur des documents graphiques et cartographiques originaux et sur des extraits de textes publiés sur Internet. Les références données permettent de consulter l'intégralité des textes dont ne sont repris ici que de courts extraits.

Le travail vers la rédaction d'une synthèse est guidé à l'aide de questions intermédiaires.

  Quelle est la situation alimentaire du Brésil?
  Comment le pays a-t-il réussi à augmenter ses productions et ses exportations?
  Pourquoi des difficultés alimentaires et agricoles subsistent-elles?

 

Quelle situation alimentaire?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Documents 1 à 3
  -  Quelle est la situation alimentaire du Brésil?
  -  En quoi cette situation est-elle paradoxale?

1 - La situation alimentaire en Amérique latine (quantité moyenne de calories par habitant et par jour, 1997)

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.

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2 - La croissance de la population brésilienne dans la seconde moitié du 20e siècle 

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3 - Quarante-cinq ans après le livre célèbre de Josué de Castro, « Géographie de la faim», la récente « Action des citoyens contre la misère et pour la vie », plus connue sous le nom de « Campagne contre la faim », a bien fait apparaître que le Brésil d’aujourd’hui est loin d’avoir résolu le grave problème de la sous-alimentation, qui touche aujourd’hui encore plus de 20 % de sa population. (...)
L’enquête nationale sur la santé et la nutrition de 1989 révèle que plus de 1 million d’enfants de moins de cinq ans, soit 7 % de cette classe d’âge, sont victimes de malnutrition modérée ou grave, ce qui place le Brésil entre le Chili (3 %) et la Colombie (10 %). Une telle situation, qui tend à s’aggraver, est d’autant plus révoltante que le Brésil, un des premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles, ne manque pas d’aliments pour nourrir sa population. Sa production de grains, par exemple, a suivi la croissance de la population (et a même légèrement progressé) au cours des dix dernières années.

D. Rodrigues Hees, H. Théry et Ph. Waniez, Cahiers des sciences humaines, 1994     www.bondy.ird.fr/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/41403.pdf

Une production croissante

4 - Evolution de quelques productions brésiliennes, 1974 - 1999
Le café, les agrumes et le soja (destiné à l'alimentation animale), sous forme brute ou transformée par l'industrie agroalimentaire, sont en grande partie exportés. La canne est cultivée pour produire du sucre, mais aussi de l'alcool industriel. 
prodbr7499.gif (4816 octets)   Document 4
  -  Quelles sont les productions qui ont connu la plus forte croissance ?
  -  La croissance de la production vise-t-elle directement à nourrir les hommes?
5 - Evolution des importations et exportations agroalimentaires du Brésil, 1961 - 1997 expimpbr.gif (6132 octets)   Mettez en relation les documents 4 et 5
6 - Une exploitation du Parana
L’agriculteur brésilien que nous avons rencontré est propriétaire de neuf tracteurs, mais possède également cinq moissonneuses - batteuses, trois semoirs destinés au semis de blé et trois pour le semis de soja. Les tracteurs tournent en moyenne 500 heures par an. Il achète 70 % des semences de soja tandis que 30 % sont produites à la ferme. Son exploitation emploie huit salariés avec une superficie de 2 000 ha. La production de soja est évaluée à 1 000 000 sacs par an (un sac pèse 60 kg). Il a investi dans une unité de stockage qui a une capacité de 90 000 sacs.
www.terre-net.fr/dossiers/reportages_machinisme/Valtra.ASP

   localisation
7 - le front pionnier dans l'état du Rondônia.
 
   image satellitale Landsat 1995
www.dpi.inpe.br/dalves/fotos/TM-1995.html
Cliquez sur la flèche bleue ou sur l'adresse ci-dessus.

Les satellites enregistrent les radiations émises par la surface terrestre ; à partir de ces données, sont élaborées des images, dont les couleurs sont choisies arbitrairement. Sur cette image, la forêt est représentée en vert, les zones défrichées et mises en culture en violet. 
La route BR364 qui traverse la région relie la capitale du Rondônia aux grandes métropoles du sud du pays.

L'analyse de cette zone peut être approfondie avec des extraits d'un article publié sur Cybergéo: http://www.cybergeo.presse.fr/geocult/tourneau/article1.htm 

  Document 7
  - A l'aide des coordonnées placées autour de l'image et d'un atlas, localisez l'espace représenté.
  - Décrivez l'espace défriché. Autour de quel axe est-il organisé? Pourquoi?
  - Dans quelle direction s'effectue l'expansion des défrichements?
Vous pouvez vérifier la réponse à cette dernière question à l'aide des images suivantes.


8 - l'avancée du front pionnier dans le Rondônia

  images satellitales Landsat 1975, 1986, 1992. edcwww.cr.usgs.gov/earthshots/slow/Rondonia/Rondonia
Cliquez sur la flèche bleue ou sur l'adresse ci-dessus.
Dans cette série présentée, le rouge  représente la forêt ; le bleu les terres défrichées.
9 - L'espace agricole brésilien
Cliquez sur la vignette pour l'agrandir.

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  Documents 6 à 9
  -  Comment le Brésil a-t-il accru sa production agricole?

Nourrir tous les Brésiliens?

  Recherchez dans les documents précédents des arguments montrant que le Brésil n'a pas surmonté toutes ses difficultés alimentaires et agricoles.
10 - Agriculture commerciale et agriculture vivrière
Il existe de grandes différences entre la petite agriculture à vocation vivrière et la grande culture d’exportation. Tout oppose ces deux milieux : les techniques culturales utilisées, les revenus induits par l’activité et par suite les niveaux de vie des exploitants. L’agriculture brésilienne se modernise, se restructure, s’industrialise mais beaucoup d’acteurs de ce monde rural restent en marge de ces progrès car ils ne disposent pas des moyens financiers nécessaires à de tels investissements.

 d'après M.F Fleury et H. Théry, site de l'académie de Rouen
www.ac-rouen.fr/hist-geo/doc/ddc/brs/brs.htm


11 - "La région-problème, le Nordeste"
(H. Théry)
La région Nordeste, bien connue pour les difficultés qu’elle rencontre en période de sécheresse, détient le triste record de pauvreté. Le revenu moyen régional du Nordeste est le plus faible du pays.   40.9 % de la population totale vit en dessous du niveau officiel de pauvreté.
La pauvreté dans les espaces ruraux du Nordeste a ses racines dans la distribution de la terre. En effet, les exploitations de moins de 10 hectares représentent 70 % de l’ensemble des exploitations, mais 3 % seulement de la superficie utilisée de la région. A l’opposé, les très grandes exploitations de plus de 1 000 hectares occupent 32 % des terres, concentrées entre les mains de 0,4 % seulement des exploitants.  

D. Rodrigues Hees, H. Théry et Ph. Waniez, Cahiers des sciences humaines, 1994 www.bondy.ird.fr/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/41403.pdf

  Document 11
  -  Relevez 3 explications du maintien de problèmes alimentaires dans le Nordeste.

  Documents 1 à 11
  -  Montrez que les problèmes alimentaires et agricoles se posent en termes différents à l'échelle nationale et à l'échelle régionale.


12 - une répartition inégale de la terre
Le Brésil connaît la seconde plus forte concentration foncière au monde, derrière le Paraguay. Environ 1% des propriétaires détiennent 46% des terres tandis que 90% d’entre eux n’en possèdent que 20%. Selon l’Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA), plus de 100 millions d’hectares de terres sont laissés en friche alors qu’ils pourraient être exploités. Ce phénomène explique largement la vague d’exode qui a poussé cinq millions de paysans vers les villes au cours des 20 dernières années. Avec leur famille, ils sont allés grossir les masses de chômeurs qui survivent dans des villes surpeuplées comme São Paulo ou Rio de Janeiro.

Kintto Lucas, Courrier de l'Unesco, janvier 2001
www.unesco.org/courier/2001_01/fr/doss21.htm

  Documents 10 à 12
  -  Quelles sont les différentes conséquences de l'inégale répartition de la terre  ?
répartition des exploitations selon la taille, 1996 explbr96.gif (7310 octets)
13 - Faut-il continuer à mettre en culture des terres en Amazonie?
Les propriétaires terriens et les écologistes brésiliens se souviendront de l’an 2000. Tout au long de l’année, ils n’ont pas cessé de s’affronter à propos de la révision du Code forestier, visant à augmenter la déforestation autorisée dans la forêt amazonienne, alors que 532 000 km2 ont déjà été dévastés entre 1978 et 1997.
En mai dernier, un sondage a révélé que 90% des Brésiliens estimaient qu’une exploitation plus intensive de la forêt n’aiderait en rien à réduire la malnutrition dans le pays. Le journal Gazeta Mercantil rappelait qu’au Brésil, les terres productives ne manquent pas. 
«En Amazonie, le projet a été rejeté. (...) Tout le monde a compris qu’un bien public allait être détruit sans générer la moindre dynamique de développement.» affirme le biologiste Adalberto Verissimo.
Le retournement de l’opinion publique brésilienne, désormais en phase avec ce que réclament depuis des années de nombreuses institutions et organisations internationales, est la conséquence du fiasco économique résultant de l’exploitation sauvage de la forêt. La plus grande partie des zones déboisées a été reconvertie en zone d’élevage, de plantation de soja, de palme, de café et de poivre. Or, ces cultures exogènes, peu adaptées à des sols pauvres et à des pluies abondantes, prospèrent difficilement dans plus des deux tiers de la région.
De plus, la moitié des 20 millions d’hectares de pâturage sont dans un état avancé de dégradation. Et comme les rendements sont faibles, les agriculteurs cherchent de nouvelles terres. Résultat, la déforestation progresse chaque année et toujours sans grand résultat, puisque 78% des sols sont acides et naturellement peu fertiles. 

D. Alves, Courrier de l'Unesco, novembre 2000 www.unesco.org/courier/2000_11/fr/planet.htm

  Document 13
  -  Pour quelles raisons la conquête agricole de l'Amazonie est-elle remise en cause?
  -  Pourquoi peut-on dire que la conquête des terres amazoniennes s'est faite sans souci d'un développement durable (*) ?
  -  Quels sont les Brésiliens favorables à la poursuite de cette mise en culture?

 

 

(*) développement durable: mode de développement répondant aux besoins du présent tout en préservant les besoins des générations futures.

  A partir de l'ensemble des documents, rédigez une synthèse montrant les réussites et les limites de la politique agricole du Brésil.
  Vous êtes chargé d'étudier comment améliorer la situation alimentaire du pays. Présentez deux mesures possibles et montrez leurs conséquences économiques, sociales, environnementales.

D'autres documents:
sélection de sites Internet sur le Brésil.