Agriculture et développement en Amérique latine

Proposition de séquence
CONSTRUCTION COLLECTIVE D'UNE COMPOSITION

Comment traiter le thème "Agriculture et développement en Amérique latine" en terminale en n'y consacrant que 2 ou 3 heures? La démarche proposée ici est la construction collective d'une composition.

Présentation de la séquence Proposition de plan
Une proposition de croquis sur le même sujet  


Présentation de la séquence
  Pour traiter le chapitre sous cette forme, il faut choisir un sujet ample, recouvrant la plupart des thèmes.
Le sujet retenu ici est:
 

"l'agriculture, un moteur ou un frein pour le développement en Amérique latine?"

  Pour être réalisable en 2 heures, la séquence doit avoir été préparée à la maison :
- par la lecture du manuel et des documents-textes utilisés en classe ;
- L'élève doit être capable de:
    - localiser les principaux pays d'Amérique latine ;
    - connaître les principales notions : 

--  agriculture vivrière
--  croissance / développement
--  front pionnier
-- latifundio / minifundio
--  mal-développement
--  réformes agraires
--  structures agraires

  Déroulement de la séquence
1) Document d'appel et problématique (5 mn). 
Rappel de la notion de développement:
le développement est la capacité d'une société à satisfaire les besoins essentiels de sa population. Il y a développement si la croissance économique permet une amélioration des conditions de vie (alimentation, santé, emploi, etc.).
2) Recherche des principaux arguments répondant à la problématique à partir du chapitre et des documents-textes lus hors-classe (20 à 30 mn) .
Pour gagner du temps, une moitié de la classe peut chercher des arguments sur " l'agriculture, moteur " et l'autre moitié sur " l'agriculture, frein ".
3) Compte-rendu et construction du plan.
L'argumentation est précisée par le professeur qui prend appui sur un corpus documentaire (manuel, transparents...) dont la lecture est faite rapidement (cartes, graphiques, photos sont privilégiés). (1 h 30 à 2h 15)

Proposition de plan

L'AGRICULTURE, UN MOTEUR OU UN FREIN POUR LE DÉVELOPPEMENT EN AMÉRIQUE LATINE ?
 

L'argumentation de chaque partie prend appui sur des documents visuels dont l'étude sera faite très rapidement ou sur documents-textes courts qui auront été donnés préalablement à lire.
Ces documents sont en général extraits de manuels de Terminale ou du présent dossier. 

I - L'AGRICULTURE, MOTEUR DE DÉVELOPPEMENT 
1) Du 17e au 19e s, les activités agricoles ont permis la croissance économique et l'occupation du territoire.
Exemple du Brésil (cartes : Hachette 4 p.259)
    Texte sur le Brésil
2) L'agriculture fournit nourriture et emploi     
    - l' agriculture occupe une part importante de la population (carte : Hachette 1 p.248 ou Bréal 1 p.257).
    - une production croissante ayant permis une alimentation globalement meilleure que dans les autres pays du Sud, malgré l'augmentation de la population (statistique).
 3) Une agriculture exportatrice  
    - une place importante dans la production mondiale (graphique: Galée 1 p.177).
    - des exportations croissantes - exemple du Brésil (graphique)
    -
l' exportation croissante de produits transformés montre l'essor des industries agro-alimentaires.
4) Une agriculture moderne : irrigation, mécanisation (photo: Bertrand-Lacoste 2 p.251), OGM...
5) La conquête de nouveaux espaces
    - les fronts pionniers (carte : Nathan 2 p.257 ; image satellitale : Galée p.147 ou Bréal p.265)
>>> Une croissance agricole réelle; cependant par bien des aspects, l'agriculture ne favorise pas le développement de l'Amérique latine

II - L'AGRICULTURE, FREIN AU DÉVELOPPEMENT
1) L'agriculture ne satisfait pourtant pas la totalité des besoins alimentaires

    - des situations de sous-alimentation ou de mal-nutrition (carte des disponibilités alimentaires).
    - la nécessité d'importations céréalières, voire d'aide alimentaire (graphique et carte).
    - une dépendance alimentaire croissante (graphique Nathan p. 242).
  
  - une situation paradoxale puisque les pays latino-américains sont exportateurs.
2) La coexistence de plusieurs types d'agriculture 
    - une agriculture vivrière faiblement productive et une agriculture moderne (photos : Hachette p.243 et 247 ou Nathan p.254 et 239)
    -
des politiques agricoles qui favorisent les cultures d'exportation aux dépens des cultures vivrières. (graphique de l'évolution des productions brésiliennes) 
    - un double système agricole (schéma : Hachette 5 p.253).
3) L'agriculture n'offre pas des ressources suffisantes 
    - importance de la pauvreté rurale (carte : Galée 4 p.178); exemple du Mexique (graphique : Hachette 2 p. 256).
   
- un grand nombre d'ouvriers agricoles précaires (journaliers) ; de plus, la mécanisation des exploitations modernes supprime des emplois. 
    - la pauvreté alimente l'exode rural, les migrations vers les fronts pionniers ou la culture de la coca (carte et graphique : Nathan 4 p.255).
4) La question agraire
    - latifundio et minifundio (graphique ou Hachette p. 246 ; carte : Nathan p. 247)
    -
des inégalités accrues par l'inégal accès au marché et par les politiques libérales (exemple du Pérou - texte : Galée 1 p.175)
    - la demande d'une réforme agraire (exemple du Brésil - affiches: Nathan p. 248, Hachette p. 251 ou Bréal p. 275)  
5) Les réformes agraires
   
- principes et exemples  (schéma et graphique : Hachette p.250-251 ; carte : Nathan p.249)
   
- échec (création de petites exploitations peu viables) ou abandon (choix politique en faveur du libéralisme et de l'efficacité économique)  - exemple du Mexique (texte : Galée 3/2 p.186)
    - au Brésil, l' absence de réforme maintient des tensions foncières vives (photo : Nathan p. 251 ; carte des assassinats liés à la terre, H.Théry et MF.Fleury http://www.ac-rouen.fr/hist-geo/doc/ddc/brs/10-mourir_pour_la_terre.gif )
6) La conquête de nouvelles terres ne permet pas le développement
    - les latifundios d'élevage extensif l'emportent sur la colonisation agricole. (texte : extrait de Galée 4 p.188)
    - une conquête prédatrice qui ne permet pas un développement durable.
>>>
Les inégalités se sont creusé dans des campagnes marquées par la pauvreté et les tensions agraires, mais aussi par les succès de l'agriculture exportatrice. Ces inégalités se trouvent à toutes les échelles.

III - DE GRANDES INÉGALITÉS SPATIALES (carte de synthèse)
1) entre pays.
La comparaison de la carte des disponibilités alimentaires et celle de la population agricole (Hachette 1 p. 248 ou Bréal 1 p.257) montre de fortes disparités entre les grands pays agricoles et d'autre part les pays andins ou centraméricains.
2) entre l'intérieur et le littoral (carte : Hachette p. 245 et schéma p. 249 , Magnard p. 273).
3) à l'intérieur des pays: exemple du Brésil.   

>>> L'agriculture latino-américaine a connu une modernisation conservatrice : « modernisation dans le sens que les techniques de production et de gestion sont améliorées, mais conservatrice dans le sens que les changements sociaux qui accompagnent cette évolution ne vont pas du tout dans le sens de la justice sociale. La production augmente parce que l'outil productif se transforme, mais cette transformation se réalise aux dépens des couches sociales défavorisées: on est bien devant un phénomène de mutation économique et de crise sociale. » (Bernard Bret). Le mal-développement et les inégalités perdurent. 

                                                           

Le rôle de l'agriculture dans la croissance brésilienne
Les produits agricoles ne représentent plus qu'un peu plus de 12% des exportations brésiliennes, mais 30% si on y ajoute les produits des industries agroalimentaires. C'est là un indice de la constitution d'un vaste complexe agro-industriel, mais au total on ne peut que constater que le Brésil s'écarte du "modèle agro-exportateur" qui était le sien: en 1955, les exportations agricoles représentaient 92% du total et encore 66% en 1974. La part du café qui était de 57% en 1959, était tombée à 6,5% en 1981 et à 3,3% en 1993.
Le monde rural n'occupe plus au Brésil le devant de la scène. La croissance spectaculaire de l'industrie et des services, le gonflement des villes font quelque peu oublier ce qui était naguère la principale base économique du pays et le cadre de vie de la grande majorité de ses habitants. 
C'est du monde rural pourtant qu'est partie la croissance récente. Les capitaux qui ont édifié l'industrie de São Paulo venaient du café, les ouvriers des usines arrivaient tout droit des campagnes nordestines, le pouvoir politique a longtemps été partagé entre les "barons" du sucre, du café ou de l'élevage et les classes montantes des villes. L'agriculture et l'élevage gardent encore une place importante. Générateurs de devises très nécessaires, pourvoyeurs d'aliments bon marché et de main d'oeuvre avide de travailler, ils donnent aux autres secteurs les moyens de maintenir les salaires au plus bas.

d'après H. Théry, le Brésil, A.Colin 2000