Les réformes agraires en Amérique latine: des réponses aux problèmes de développement ?
(sujet du baccalauréat, session juin 2001, Antilles et Guyane)        

Consignes :
1. Présenter les documents.
2. Sélectionner, classer et confronter les informations tirées de l’ensemble des documents et les regrouper par thèmes.
3. Rédiger une réponse argumentée à la problématique en faisant appel à l’ensemble des informations tirées des documents (300 mots environ).

Documents :   

1 - Qu’est-ce qu’une réforme agraire ?
Une réforme agraire, [c’] est la transformation de la propriété de la terre. [...] Les réformes agraires s’inscrivent en fait dans des stratégies globales de développement. [...] Dans tous les cas, certes, il y a l’idée que la transformation de la propriété foncière permettra d’augmenter la production agricole en supprimant d’une part le gaspillage du sol caractéristique du latifundio et d’autre part le sous-emploi de la main-d’oeuvre caractéristique du microfundio. [...] Il y a donc  -  c’est essentiel pour comprendre la logique des réformes agraires et distinguer cette étape de celle qui a suivi  -  le constat que l’extrême inégalité foncière est contre­productive et qu’il faut augmenter la production en réduisant les inégalités : la réforme agraire poursuit un objectif social et économique ou [...] vise la croissance économique par le progrès social.

                                                                                                        
B. Bret, Agricultures et campagnes dans le monde, Paris, SEDES, 1996.

2 - Les structures agraires
taille des exploitations en ha en 1996 < 5 5 à 20 21 à 50 51 à 100 101 à 1000 > 1000  

 

 

 

source:
Censo agropecuario (Brésil),
Statistical Abstract of Latin America (UCLA)

Colombie
% du nombre
% de la superficie

60
4

24
9

7,7
10

4
10

4
37

0,3
30
Pérou
% du nombre
% de la superficie

77
7

17
9

4
4

1
4

0,9
14

0,1
62
Brésil (1990)
% du nombre
% de la superficie

39,8
1,2

27,3
4,5

15,6
7,5

7,5
8

8,9
35

0,9
43,8
Mexique
% du nombre
% de la superficie

55,9
0,6

19,4
1,5

8,9
2

5,3
2,6

8,1
17,2

2,4
76,1

3 - Les réformes agraires en Amérique latine


4 - Agriculture et développement en Amérique latine
  production alimentaire en 1998 (base 100 = 1989-91) part de l'agriculture en 1998 en % du PIB apport calorique journalier par habitant en 1998 part des ruraux dans la population en 1998 en % IDH  2000  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sources diverses:
 PNUD 2000,
l'Etat du Monde
2001.

Argentine 134 5,7 3093 11,1 0,837
Bolivie 136 15,4 2174 36,8 0,643
Brésil 128 8,4 2974 19,8 0,747
Chili 132 7,4 2796 15,7 0,826
Colombie 111 13,5 2597 25,9 0,764
Costa Rica 129 15,2 2649 49,2 0,797
Cuba 61 - 2480 22,9 0,783
El Salvador 119 12,1 2562 54,1 0,696
Equateur 134 12,9 2679 38,9 0,722
Guatemala 128 23,3 2339 61,3 0,619
Haiti 95 30,4 1869 66,4 0,440
Mexique 126 4,9 3097 26 0,784
Nicaragua 125 34,1 2186 36,3 0,631
Panama 96 7,9 2430 43,1 0,776
Paraguay 124 24,9 2566 45,4 0,736
Pérou 144 7,1 2302 28 0,737
Rép. Dominicaine 104 11,6 2288 36,1 0,729
Uruguay 132 8,5 2816 9,1 0,825
Vénézuéla 115 5 2321 13,2 0,770


5
- La modernisation conservatrice

S’il y a eu réactualisation locale de la réforme agraire avec l’installation du régime sandiniste au Nicaragua en 1979, la tendance dominante est inverse à l’échelle du sous-continent où souffle dans les années 1980 et 1990 un vent de libéralisme. [...]
La tendance actuelle a été qualifiée de modernisation conservatrice dans l’acception suivante: c’est une modernisation dans le sens que les techniques de production et de gestion sont améliorées, mais elle est conservatrice dans le sens que les changements sociaux qui accompagnent cette évolution ne vont pas du tout dans le sens de la justice sociale. La production augmente parce que l’outil productif se transforme, mais cette transformation se réalise aux dépens des couches sociales défavorisées. [...] Les transformations actuelles de l’agriculture latino-américaine dépendent finalement beaucoup du processus de mondialisation. [...] Ces mutations ont un lourd coût social. Elles produisent les paysans sans terre et les sous-prolétaires déracinés qui grossissent les bidonvilles urbains.

                                                                                      B.  Bret, Agricultures et campagnes dans le monde, SEDES, 1996