Tropes : un outil au service de l'analyse de textes historiques
Fonctionnalités : quelques éléments d'aide
D'après l'aide fournie par le logiciel - extraits
Voir aussi, sur le site en ligne de l'éditeur du logiciel (Acetic), la présentation :
- du fonctionnement du moteur d'analyse : www.acetic.fr/fonction.htm
- d'un exemple d'analyse de discours : celui prononcé par L. Jospin en date du 23 avril 1995 lors du premier tour des élections présidentielles : www.acetic.fr/fr/guide/tropes/v50/tropes.htm
Catégories de mots utilisées
Le logiciel vous propose de visualiser deux types de catégories de mots : Les "catégories fréquentes" (les plus significatives du texte analysé) ou "Toutes les catégories de mots" (même si elles sont peu fréquentes ou non significatives). Une catégorie de mots est considérée comme significative lorsque sa fréquence d'apparition est nettement supérieure à la moyenne. Ces résultats sont construits en comparant les statistiques (de répartition des catégories) du discours analysé avec des normes de production langagière qui sont stockées dans des tables internes au logiciel. Si vous sélectionnez une catégorie, la fenêtre principale fait apparaître les propositions concernées.
Explication des catégories de mots
Les verbes :
- factifs expriment des actions,
- statifs expriment des états ou des notions de possession,
- déclaratifs expriment une déclaration sur un état, un être, un objet, ...
- performatifs expriment un acte par et dans le langage.
Les joncteurs (conjonctions de coordination et de subordination) relient des parties de discours par des notions de : condition, cause, but, disjonction, opposition, comparaison, temps, lieu ou de manière.
Les modalisations (adverbes ou locutions adverbiales) permettent à celui qui parle de s'impliquer dans ce qu'il dit, ou de situer ce qu'il dit dans le temps et dans l'espace, par des notions de : temps, lieu, manière, affirmation, doute, négation ou d'intensité.
Les adjectifs qualificatifs :
- objectifs indiquent l'existence ou l'absence d'une propriété,
- subjectifs indiquent une appréciation sur quelque chose ou quelqu'un.
Les pronoms personnels affichés en genre (Je, Tu, Il, ...) et en nombre (Ils, Elles, ...).
D'un point vue général, on peut dire que :
- les joncteurs et modalisations de temps et de lieu permettent de situer l'action,
- les modalisations d'intensité et de négation permettent de dramatiser le discours,
- les joncteurs de cause et de condition permettent de construire un raisonnement,
- les joncteurs d'addition permettent d'énumérer des faits ou des caractéristiques,
- plus particulièrement, les joncteurs d'opposition permettent à la fois d'argumenter, de relativiser et de présenter des points de vue opposés.
Actants et actés
Ces options permettent de distinguer les classes d'équivalents placées en position : - d'actant, c'est-à-dire généralement avant le verbe, - d'acté, c'est-à-dire généralement après le verbe. Quand vous sélectionnez une seule de ces cases, la liste des équivalents indique le nombre (pourcentage) de fois ou la classe correspondante s'est trouvée placée en position d'actant ou d'acté, pour le texte considéré. (...)
Style général du texte.
Le logiciel effectue un diagnostic du style général du texte et de sa mise en scène, en fonction des indicateurs statistiques récupérés au cours de son analyse. Les styles possibles sont les suivants :
- Argumentatif le sujet s'engage, argumente, explique ou critique pour essayer de persuader l'interlocuteur
- Narratif un narrateur expose une succession d'événements, qui se déroulent à un moment donné, en un certain lieu
- Enonciatif le locuteur et l'interlocuteur établissent un rapport d'influence, révèlent leurs points de vue
- Descriptif un narrateur décrit, identifie ou classifie quelque chose ou quelqu'un
Les mises en scène verbales possibles sont les suivantes :
- Dynamique, action des verbes d'action Ancrée dans le réel des verbes d'état (être, avoir, ...) Prise en charge par le narrateur des verbes qui permettent de réaliser une déclaration sur un état, une action, ... Prise en charge à l'aide du "Je" de nombreux pronoms à la première personne du singulier ("je", "moi", "me", ...) Vous verrez aussi immédiatement si des notions (adverbes) de doute ont été détectées. Ce dialogue affiche aussi des résultats concernant les propositions remarquables, et les épisodes.
Univers de référence
Cette fonction affiche, par fréquences décroissantes, les univers de référence des mots du texte. Chaque ligne comporte un univers, précédé d'un compteur indiquant le nombre de mots qu'il contient. Seuls les univers significatifs sont affichés. Les univers de référence représentent le contexte. Ils regroupent, dans des classes d'équivalents, les notions développées dans le texte que vous analysez. Le logiciel détecte les univers de référence en utilisant deux niveaux de représentation du contexte (univers de référence 1 et 2). (...)
Références utilisées
Cette fonction affiche, par fréquences décroissantes, les classes d'équivalents des mots employés dans le texte. Chaque ligne comporte une classe, précédée d'un compteur indiquant le nombre de mots qu'elle contient. Seules les classes d'équivalents significatives sont affichées. Les références utilisées regroupent dans des classes d'équivalents de bas niveau tous les substantifs fréquents ayant un sens voisin (par exemple : " père " et " mère " sont regroupés dans la classe " famille "). Pour voir le contenu d'une référence utilisée, cliquez sur celle qui vous intéresse, la fenêtre principale affichera les mots qu'elle contient (ceux-ci seront colorés en rouge sur l'écran). Pour revenir à un affichage normal, utilisez le menu [Afficher][Affiche tout le texte].
Graphes des classes et des relations
Vous pouvez affecter l'affichage du graphe sur les modes [étoilé], [aires] ou [répartition] en utilisant le menu contextuel qui apparaît lorsque vous pressez le bouton droit de la souris sur un objet du graphe. (...) Les deux premiers graphes indiquent les relations entre les classes d'équivalents. Ils sont orientés : les classes affichées à gauche de la classe centrale (en rouge) sont ses prédécesseurs, celles qui sont affichées à sa droite sont ses successeurs.
Par défaut, le graphe affiche les classes sous forme d'aires : chaque classe d'équivalents est représentée sous la forme d'une sphère dont la surface est proportionnelle au nombre de mots qu'elle contient. La distance entre la classe centrale et les autres classes est proportionnelle au nombre de relations qui les lient : autrement dit, lorsque deux classes sont proches elles possèdent beaucoup de relations en commun, et lorsque qu'elles sont éloignées elles n'ont que peu de relations en commun. Pour reprendre la métaphore de système planétaire utilisée pour ce graphe, disons qu'autour d'une planète centrale (classe d'équivalent) gravitent d'autre planètes (classes d'équivalent qui ont des relations avec la classe centrale) qui sont plus ou moins proche du centre (fréquemment utilisées ensemble) et sont plus ou moins grosses (en fonction du nombre d'occurrences de mots qu'elles contiennent). (...) Attention : le recouvrement de deux sphères n'a pas de signification particulière.
Le graphe étoilé affiche les relations entre classes d'équivalents, ou entre une catégorie de mots et des classes d'équivalents sur un ou deux niveaux de hiérarchie. Les nombres qui apparaissent sur le graphe indiquent le nombre des relations (fréquence de cooccurrence) existant entre les classes d'équivalents. Vous pouvez suivre les relations sur le graphe en cliquant directement sur les classes qui vous intéressent.
(...) Le graphe de répartition permet d'afficher un histogramme de répartition d'une classe d'équivalents ou d'une mise en relation (i.e. d'une paire de classes d'équivalents) ou d'une catégorie de mots
Création de scénarios sémantiques
Un scénario est constitué d'un certain nombre de groupes sémantiques, c'est-à-dire de plusieurs regroupements de substantifs et/ou de classes d'équivalents. La plupart des regroupements peuvent être réalisés à la souris en interaction avec la fenêtre principale de Tropes. (...) Pour rechercher un mot (ou un sens), utiliser le menu [Edition][Chercher].
Classes d'équivalents et relations entre équivalents
Les classes d'équivalents regroupent les mots (noms communs ou noms propres) qui apparaissent fréquemment dans le texte et qui possèdent une signification voisine. Par exemple : " père " et " mère " seront regroupés dans la classe " famille " par le logiciel. (...) Les relations indiquent quelles classes d'équivalents sont fréquemment reliées (rencontrées côte à côte à l'intérieur d'une même proposition), dans le texte analysé. Pour visualiser les relations utilisez le menu mises en relation. Les univers de référence regroupent les mots contenus dans les classes d'équivalents afin de permettre au logiciel d'élaborer une représentation du contexte.(...) Seules les classes d'équivalents significatives sont affichées. Les références utilisées regroupent dans des classes d'équivalents de bas niveau tous les substantifs fréquents ayant un sens voisin (par exemple : " père " et " mère " sont regroupés dans la classe " famille ").
Episodes et rafales.
Cette fonction permet d'étudier la chronologie d'un discours. Elle se fonde sur deux notions, les rafales et les épisodes : une rafale regroupe des occurrences de mots (contenus dans une classe d'équivalents ou une (méta)catégorie de mots) ayant tendance à arriver avec une concentration remarquable dans une partie limitée du texte (quelque part au début, au milieu ou à la fin du texte, mais jamais de façon uniforme sur l'intégralité de celui-ci). Un épisode correspond à une partie du texte où un certain nombre de rafales se sont formées et terminées. Ce sont de grands blocs d'argumentation, représentatifs de la structure du discours observé. Dans la fenêtre Résultat, les épisodes sont affichés les uns à la suite des autres, et numérotés en fonction de leur ordre d'arrivée dans le texte. Dans chaque épisode, les rafales sont triées en fonction de leur adresse (moyenne de la position des mots) et préfixées par la fréquence d'occurrence des mots qui la composent.(...) Cette analyse met en relief la construction du discours par le narrateur (...) Important : des rafales portant sur une même référence peuvent apparaître à plusieurs endroits du texte. (...) Nous vous conseillons d'utiliser un graphe de répartition pour visualiser les épisodes et les rafales. Vous pouvez paramétrer le niveau de construction des rafales (sur des univers, références, scénarios ) en modifiant la base de construction des relations (Cf. Options d'analyse).
Analyses statistiques, probabilistes et cognitives
Tropes effectue plusieurs types d'analyse du texte :
- des statistiques sur la fréquence globale d'apparition des grandes catégories de mots, et de leurs sous-catégories,
- des statistiques sur la cooccurrence et le taux de liaison des classes d'équivalents et des catégories de mots,
- une analyse probabiliste des mots arrivant en rafales et une analyse géométrique des rafales délimitant les épisodes,
- une analyse cognitivo-discursive (A.C.D.) permettant de détecter les propositions remarquables Les statistiques sont utilisées, entre autres, pour construire les graphes et pour mettre en forme les résultats. Les catégories de mots fréquentes et le style général du texte sont obtenus en comparant la répartition des fréquences d'apparition des catégories de mots observées dans le texte avec des normes de production langagière. Ces normes ont été élaborées en étudiant un grand nombre de textes différents et sont stockées dans des tables internes au logiciel.