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Alors que de
nouveaux dispositifs (TPE, PPCP, travaux croisés, itinéraires
de découverte) situent l’utilisation de sources documentaires
au cœur du développement de l’autonomie des élèves dans
leurs démarches d’apprentissage, des ambiguïtés subsistent
dans les représentations des différents acteurs, personnels de
direction et documentalistes notamment. Or, pour mener une
politique cohérente, il faut d’abord clarifier, élucider la
question du statut actuel de la documentation au sein des établissements.
Il faudra aussi réfléchir à la place du CDI et au rôle des
documentalistes ; trop souvent il y a confusion entre
l’un et l’autre comme s’il existait une relation
d’appartenance réciproque.
Il est aujourd'hui nécessaire de clarifier les enjeux actuels
de la fonction documentaire pour permettre aux chefs d’établissements
et aux documentalistes de mieux situer cette fonction au service
des apprentissages des élèves, dans une perspective de
changement des pratiques pédagogiques.
La fonction documentaire est une fonction partagée qu’il
convient de penser et d’organiser en termes de projet de
service, au service des apprentissages des élèves.
Trois points
seront développés :
- La fonction
documentaire : une fonction partagée,
- Le CDI : au centre d’un réseau de ressources,
- Les documentalistes : des compétences renouvelées.
La
fonction documentaire : une fonction
partagée
Une démarche centrée sur
l’élève :
C’est à l’établissement
que l’on demande aujourd’hui d’opérationnaliser, de la façon
la plus pertinente possible, les orientations nationales, dans
les trois champs qui sont ceux des missions assignées au système
éducatif :
- l’enseignement, la transmission des savoirs et des
savoir-faire,
- l’éducation, l’ouverture culturelle et sociale,
- l’orientation et la préparation de l’insertion.
L’établissement doit être en mesure dans ces trois domaines
de prendre en compte les réalités locales et d’apporter sa
plus-value afin de conduire à la réussite, les élèves qui
lui sont confiés. Cela implique de définir la position de la démarche
documentaire dans les modalités d’apprentissage.
Dans un
environnement complexe, fluctuant, se recentrer sur le sujet est
la seule réponse possible (« l’élève au cœur du système
éducatif »).
Trois conditions au moins sont nécessaires pour faciliter
l'apprentissage de l'élève :
- faire en sorte qu’il puisse exploiter ses possibilités
cognitives,
- mettre en place un certain nombre de dispositifs qui
favoriseront la construction de la personne, l’émergence
d’un individu citoyen, entre individualisation et
socialisation,
- faire que l’élève identifie les clés nécessaires à la
compréhension de son devenir et s’approprie des savoirs pour
étayer ses choix d’orientation.
Au carrefour de ces processus de construction de sens, il faut
prendre en compte le rapport de chacun à la ressource
documentaire et en faire un axe prioritaire du projet d'établissement.
Une démarche de projet
partagé :
Ici comme ailleurs, nous
pourrions identifier quelques « incontournables » de
la démarche de projet :
- prendre appui sur une connaissance des besoins du public,
c’est à dire les élèves bien sûr, mais aussi les
enseignants ou d’autres usagers potentiels tels que les
parents ou des partenaires extérieurs selon la situation de
chaque établissement et son degré d’ouverture ;
- identifier les ressources ;
- faire des propositions à partir d’un travail d’équipe et
de négociations ; les liens avec les conseils
d’enseignement sont nécessaires. Il s’agit de définir la démarche
documentaire, son organisation, son financement dans les choix pédagogiques
de l’établissement ;
- communiquer de manière ciblée (présentation au CA dans le
cadre du projet d’établissement)
- assurer un suivi, une régulation pour évoluer.
Dans cette démarche, si le documentaliste est le chef de
projet, les enseignants en sont des acteurs et le chef d’établissement
a un rôle de médiateur, de régulateur, c’est lui qui crée
les conditions du partenariat et du travail en équipe.
Une démarche qui intègre
les évolutions du système éducatif :
Aujourd’hui trois séries d’évolutions sont à considérer :
- Les nouveaux dispositifs pédagogiques :
Ces nouveaux dispositifs constituent des espaces-temps où
l’on peut espérer voir s’articuler de manière plus
harmonieuse les logiques disciplinaires et les logiques
documentaires. Ils devraient favoriser le passage d’une
logique de programme à une logique de projets ; le rôle
des documentalistes ne saurait se limiter à celui de magasinier
ou de fournisseur d’accès aux documents.
Le protocole d’expérimentation des TPE durant l’année
1999-2000 a précisé le rôle des documentalistes et la
fonction des espaces documentaires de l’établissement.
La circulaire n°2000-009 indique que des thèmes seront sélectionnés
par les professeurs et les documentalistes à partir de la liste
nationale.
Les aides–éducateurs,
qui interviennent déjà dans les établissements en appui aux
documentalistes, pour une aide à la documentation ou à
l’utilisation des TICE permettront par leur présence, d’élargir
l’accès aux salles spécialisées et aux salles de travail
individualisé, élément nécessaire au bon déroulement des
TPE. Ils
constituent une ressource en personnel d’accompagnement pour
permettre le travail autonome des élèves.
Dans le cadre de
l’ECJS, la réalisation du dossier documentaire préparant le
débat argumenté doit être l’occasion d’une étroite
collaboration entre le professeur chargé de l’ECJS et le
professeur documentaliste pour la formation à la recherche
documentaire, mais aussi pour l’élaboration commune
d’outils d’évaluation.
Concernant les
PPCP, il s’agit là aussi de développer les coopérations.
Les référentiels de formation des élèves mentionnent la
capacité à s’informer et à se documenter. Il sera souvent nécessaire
d’enrichir les ressources documentaires du domaine
professionnel, en collaboration avec les chefs de travaux.
En collège, les
travaux croisés s’inscrivent dans le cadre des objectifs de
la classe de 4ème. Ils ont, avec les parcours diversifiés et
les itinéraires de découverte, pour principal objectif de
mettre en place des pratiques interdisciplinaires qui donnent
plus de sens aux apprentissages des élèves.
- Les
technologies de l’information et de la communication :
La psychologie cognitive, les théories de l’apprentissage
nous éclairent aujourd’hui sur les enjeux mais aussi les
limites du tout « multimédia ». Il s’agit de
placer l’outil au service de la pédagogie et non l’inverse.
C’est cependant l’occasion de repenser les questions de fond
de la démarche documentaire : accès au document,
questionnement, accès à l’information, traitement de
l’information, validation, interactivité, confrontation des
sources, travaux individuels ou de groupes etc…
- Les
territoires de mise en œuvre de la politique éducative :
Certaines mutualisations, certains réseaux documentaires
pourraient se structurer au niveau des BAPE afin de mieux servir
la continuité éducative et la continuité du parcours des élèves.
A l’occasion des réflexions inter-cycles école-collège et
collège-lycée, le thème de l’accès des élèves aux
ressources est un thème à partager .
Le
C.D.I au centre d'un réseau de ressources
Le CDI, lieu
spécifique de la vie scolaire
Trop souvent, la fonction du CDI est détournée et sert de
palliatif aux problèmes de la vie scolaire (accueil de groupes
en cas d’absences par exemple). Le projet doit définir sa
place spécifique dans le développement de l’autonomie des élèves
et son articulation avec d’autres lieux pour faciliter et
contrôler les déplacements et l’accès à l’information
(salle de permanence par exemple). De même, l’accès au
multimédia ne devrait pas reposer uniquement sur le CDI. Son
articulation avec la vie de la classe doit être pensée ;
le "temps CDI" apparaît parfois comme un appendice de
la classe sans rien changer au fonctionnement ordinaire de
celle-ci.
Le CDI, centre
nerveux de l’information
Le CDI doit devenir « le centre nerveux de
l’information » et ne plus se cantonner dans un rôle
purement documentaire ou d’espace de « lecture
tranquille ». C’est un lieu en réseau avec d’autres
sites, qui aide les enseignants à devenir des accompagnateurs
de travaux autonomes dans l’exploitation de toute
documentation. C’est aussi un point d’identification de
toutes les ressources de l’établissement, même si celles-ci
sont stockées ailleurs. C’est un centre stratégique
d'apprentissage des méthodes et outils nécessaires à
l’appropriation de l’information. C’est un lieu
d’ouverture, un élément dynamique de l’évolution de l’établissement .
Le CDI, un
service
L’image d’un documentaliste animant seul « son
CDI » doit céder le pas à celle d’un service organisé
et dont les temps sont pensés en termes de priorités éducatives
et de formation. A l’heure actuelle, l’ouverture du CDI
privilégie davantage la logique d’accueil que celle de
travail en commun, de même, la confection des emplois du temps
obéit d’abord à l’approche disciplinaire. Temps et espaces
doivent donc s’articuler autour des différentes fonctions du
CDI : la fonction technique (tâches de la chaîne
documentaire), la fonction d’accueil, la fonction loisirs, la
fonction orientation, la fonction pédagogique.
Les
enseignants documentalistes :
des compétences renouvelées
Etre ressource
en ingénierie pédagogique
L’activité conduite par les documentalistes doit être
centrée sur le savoir : «à la fois professionnel de
l’information, enseignant, éducateur et gestionnaire,
l’enseignant documentaliste est appelé à jouer un rôle
essentiel dans la définition de la politique documentaire de
l’établissement scolaire et à participer aux activités qui
conduiront les élèves à une meilleure maîtrise de
l’information »
L’enseignant
documentaliste doit :
- proposer la politique documentaire de l’établissement, elle
doit être vue comme une ressource au service des
apprentissages,
- connaître les principes, les procédures et les règles de
base de la profession.
Dans son champ de compétences, le documentaliste participe dans
l’établissement aux actions de formation, celles-ci
s’adressent aux élèves ainsi qu’aux enseignants.
Son champ de compétences
porte sur :
- la connaissance des sources
d’information,
- les stratégies de
recherche d’information et l’analyse critique des sources,
- le traitement de
l’information,
- l’auto-évaluation des
productions et des processus (élaboration de critères de réussite
avec les enseignants).
L’enseignant
documentaliste participe de l’ouverture de l’établissement
et il facilite l’émergence de projets interdisciplinaires.
Maîtriser les
TICE
Les données nouvelles demandent des connaissances minimales
en informatique et TICE, elles ne doivent cependant pas conduire
à transformer les documentalistes en informaticiens ou en
gestionnaires de réseaux. En revanche, le documentaliste
devrait être en mesure de préciser à la fois les intérêts
et les leurres de l’introduction du multimédia dans la
recherche documentaire et la démarche d’apprentissage des élèves.
Par exemple : être capable de situer les notions telles que les
interactions, l’interactivité et la multimodalité,
pouvoir définir des configurations en fonction des objectifs pédagogiques (travaux
en petits groupes, exercices individuels, intervention en groupe
classe…). Le documentaliste doit aussi être capable
d’attirer l’attention et d’expliquer les pièges liés :
- à la complexité du système,
- à la déperdition
d’information au-delà de la 3ème page de consultation
- à l’absence de lisibilité
par trop de contenus,
- à l’indexation, qui a
souvent été réalisée à partir du langage des experts et
insuffisamment à partir du langage naturel des consultants.
Organiser un
service
Le documentaliste est chargé d’organiser un service, un
espace, un fonds, des outils. Le dispositif étant conçu en
fonction de son efficacité, il est appelé à gérer un
ensemble de gisements documentaires et à organiser un système
d’information dont le CDI n’est que le noyau dur.
Le documentaliste
doit :
- organiser, maintenir et développer
un système d’information,
- identifier et organiser les
ressources humaines et les compétences d’une équipe au
service du projet,
- appliquer une politique
d’acquisition qui s’appuie sur les besoins des usagers de la
communauté scolaire,
- concevoir un dispositif de
communication dans et hors l’établissement scolaire,
- mettre en œuvre des outils d’analyse et de gestion au
service d’une politique,
- procéder régulièrement
à des bilans d’activités.
Si le
documentaliste est le responsable du service, le chef d’établissement
assume la responsabilité de la politique documentaire de l’établissement.
Les I.A.-IPR Vie
Scolaire
Josiane Ballouard
Michel Ertaud
Roger Fetter
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